vendredi 12 décembre 2008

Rain Man




Charlie Babbitt voit lui échapper un héritage de 3 millions de dollars au bénéfice d'un frère qu'il n'a jamais connu, pensionnaire d'un institut psychiatrique.
Il décide de l'enlever pour l'échanger contre la moitié de l'héritage...

Rain Man c'est avant tout Dustin Hoffman et son interprétation exceptionnelle d'un autiste surdoué. Son personnage est inspiré du savant Kim Peek, autiste de naissance, capable entre autres de mémoriser des livres entiers.
En incarnant le personnage de Raymond, Hoffman s'inscrit dans la grande tradition des rôles dits « de performance » : ses postures, ses regards, ses moindres expressions et mouvements sont le fruit d'un travail si précis que tout effort de composition semble disparaître. L'acteur, qui reçoit un oscar pour le rôle, est tellement convaincant qu' à la sortie du film de nombreux spectateurs ont vraiment cru qu'il était autiste.

Pas étonnant que le premier plan du film montre une voiture puisque Rain Man est un road movie.
Le road movie c'est ce voyage forcé que font des personnages que tout oppose mais qui vont au final se rapprocher les uns des autres.

Aux côtés de Hoffman on retrouve un Tom Cruise plutôt charismatique et crédible dans le costume flambant neuf du jeune cadre fonceur et trop sûr de lui.

Au début du film le personnage de Tom Cruise est l'égocentrique parfait.
Il ne pense qu'à lui et à la fortune qu'il peut amasser.
Les sentiments, il ne connait pas.
C'est un solitaire, il ne sait pas communiquer et sa copine (Valéria Golino, minoix mutin et charmant petit accent italien) a de plus en plus de mal à supporter son mutisme et son caractère infect.
Lorsqu'il apprend la mort de son père, c'est à peine s'il fronce un sourcil. Faut dire que son père et lui n'ont jamais été très proches.
En apprenant plus sur le passé de Charlie on comprend pourquoi il est devenu si distant avec les autres.

Ses premiers moments passés avec Raymond sont pires les uns que les autres.
Il croit que Raymond fait exprès d' être comme il est et qu'un tour chez le psy pourra le guérir. Ses manières l'insupportent et il n'est pas loin de craquer lorsqu'il doit traverser les Etats Unis en voiture pour pouvoir rentrer chez lui.
Pour cet homme fier et entreprenant, il est impossible de comprendre que le cerveau de Raymond est différent. Que son problème ne se règle pas en « passant quelques coups de téléphone ».

Mais si Raymond a un problème qui ne peut pas être résolu, lui en a qui peuvent l'être.

La peur de Raymond de prendre l'avion ou de rouler sur l'autoroute va obliger son frère à emprunter les petites routes, le voyage n'en sera que plus long, et se verra forcément initiatique.

Charlie passe son temps à demander aux autres s'ils l'écoutent mais c'est lui qui reste sourd à leurs conseils. Il se moque éperdumment de ce que pense sa petite amie et envoie balader medecins et autres psychologues. Pourtant pour s'adresser à Raymond il va apprendre à faire preuve de plus de patience et d'écoute ce qui lui permettra d'évoluer sur le plan psychologique.

D'après ce petit bout de scénario, le film semble très austère. On s'attend à un drame psychologique qui va nous faire vider la boîte de Kleenex mais il n'en est rien.


Très classique au cours de la première heure, le film prend ensuite des chemins innatendus.
Le Rain Man du titre fait son apparition et bouleverse complètement les relations entre les deux frères. De plus, Raymond a une faculté hors du commun pour compter et mémoriser n'importe quoi.
Ce don pourrait bien être utile à Charlie...

Du côté de la réalisation Barry Levinson soigne autant les cadrages que la lumière.
Le montage saisit parfaitement les émotions de Raymond et les liens qui unissent les deux frères.

Le film baigne dans une ambiance très colorée qui épouse élégamment le rythme de la musique.
Hans Zimmer livre une fois encore une bande son exemplaire où les chants africains se mèlent aux instruments les plus exotiques (la musique rappelle Beyond Rangoon).

Difficile de traiter le film comme une comédie car on ne rit pas souvent mais on ne pleure pas non plus. Le film joue sur la corde raide en évitant de tomber dans la caricature d'un côté et dans la facilité du pathos de l'autre.
Les émotions ressenties sont fortes mais sincères.

Même si Rain Man a des longueurs, l'intelligence du scénario et l'interprétation sans faille des acteurs le tire vers le haut. 4 oscars mérités.
Un beau film.

Note : ***

Les Tontons Flingueurs


Eh ben voilà 100 critiques ! Pour l'instant je tiens le rythme.
J'avais envie de marquer le coup avec un film qui me tient à coeur...

Alors qu'il est sur le point de casser sa pipe, un ancien truand, propriétaire de nombreux établissements, lègue tout ce qu'il possède à un vieux copain retiré des affaires. Mais en échange il lui confie la garde de sa fille...

Georges Lautner c'est le réalisateur de « Ne nous fachons pas », « Les Barbouzes », « Le cave se rebiffe ». Michel Audiard c'est des dialogues inoubliables tels que : « un intelligent assis va moins loin qu'un con qui marche », « Quand on mettra les cons sur orbite, t'as pas fini de tourner ».

Dans les Tontons Flingueurs c'est « Les cons ça ose tout c'est même à ça qu'on les reconnait ».

Et dans Les Tontons Flingueurs des cons y en a et c'est pour ça qu'on les aime!
Ces cons c'est une brochette d'acteurs formidables, comme on en voit rarement : Lino Ventura, Bernard Blier, Jean Lefebvre, Claude Rich, Francis Blanche, Robert Dalban...

Bref Les Tontons Flingueurs c'est la crème de la comédie française des années 60.

Le succès du film vient du décalage entre la mise en scène et les situations.
Georges Lautner filme comme s'il s'agissait d'un polar tout ce qu'il y a de sérieux.
Les cadrages et les plans où l'image est aussi nette au premier plan qu'au fond de l'écran rapellent le cinéma d'Orson Welles. L'ambiance film noir est accentuée par une photographie noir et blanc impeccable qui joue sur les fondus enchaînés et une utilisation intelligente des ombres et des lumières.

A première vue, rien ne distingue le film d'un vrai film policier. Et c'est justement grâce à ce sens du détail que le pastiche fonctionne.

Car en y regardant de plus près la musique loufoque est presque caricaturale (les mêmes notes reviennent sans arrêt), les cascades sont suggérées par des effets de montage, les décors en carton pâte s'effondrent lors des bagarres et je ne parle pas des bruitages des coups de feu rendus célèbres par une utilisation d'effets sonores aussi insolites que ridicules.

Les héros du film ce sont autant les acteurs que les dialogues.
La sacrée bande de vedettes réunies pour le film joue avec un sérieux inébranlable mais s'amuse assurément. Leur amitié et cette terrible envie de déconner ensemble transparait à l'écran.

Personne ne vole la couverture, chacun est extraordinaire avec son style propre.
Les stars de l'époque (Ventura, Blier) ne font même pas d'ombre aux petits nouveaux dont Sabine Sinjen, mignonne et malicieuse, et Claude Rich.
Rich parvient même à tenir tête à la présence imposante de Ventura ; sa démarche théâtrale et ses dialogues pompeux en font un personnage mémorable.

Au départ le scénario est tiré du roman d'Albert Simonin « Grisbi or not grisbi ».
L'histoire est assez noire et violente : les personnages principaux sont des tueurs professionnels ou des truands sans scrupules et certains meurent de façon plutôt choquante (brulés vifs ou abattus de sang froid).
Mais en fait, le scénario on s'en fiche. Contrairement aux vrais films policiers, on ne cherche pas à découvrir les responsables des meurtres. Tout ce qui nous interesse c'est de prendre du plaisir avec les acteurs.



Dans le cinéma français, Audiard est sans conteste le dialoguiste le plus (re)connu.
Il avait la faculté exceptionnelle de conférer une originalité surprenante à la moindre ligne de dialogue. Sous sa plume, la phrase la plus banale devenait une mine d'or pour les amateurs de mots d'esprits et d'expressions élaborées.
Il savait manier la langue française avec une maîtrise rare et ses répliques ciselées sont toutes devenues des classiques. Le film en regorge et chacun aura sa préférence.
Ma réplique favorite dans le film : « C'est curieux chez les marins ce besoin de faire des phrases ».
J'éclate de rire à chaque fois!!!

Les acteurs s'en donnent à coeur joie avec les dialogues. Le décalage entre leur jeu sérieux et ce qui est réellement dit est un bonheur. Les faceties verbales s'adaptent parfaitement aux situations les plus incongrues et aux gags visuels. On frole carrément le burlesque lorsque le père d'Antoine débarque en plein milieu d'une fusillade sans s'en rendre compte.

La finesse et l'humour caustique des dialogues a engendré de véritables moments d'anthologie, le plus connu étant probablement la séquence de la cuisine. La complicité des acteurs semble évidente et chacun donne le meilleur de lui même. A ce moment là, ces monstres antipathiques (mais charismatiques en diable!) ne sont plus des caricatures de personnages mais deviennent des êtres humains avec un passé et des souvenirs.


Au temps de sa sortie, le film n'a pas été un grand succès et certains critiques l'ont même descendu. Presque 50 ans plus tard, les répliques sont devenues légendaires et certains sont capables de réciter par coeur des pans entiers de dialogues.
Au fil des ans Les Tontons Flingueurs a fait partie de notre patrimoine et s'est assuré une place d'intouchable au Panthéon du cinéma français.

Si je devais choisir 10 films à amener sur une île déserte, il en ferait incontestablement partie.


Note : ****

Audition




Veuf, Aoyama rêve secrètement de se remarier. Son ami, producteur de télévision, a une idée ingénieuse : organiser un casting pour une série télé afin de trouver la perle rare. C'est ainsi qu'il fait la connaissance d'Asami, une jeune femme timide à la beauté troublante...

Encensé par la critique, Audition s'est forgé une réputation d'oeuvre choc.
« Un sommet d'effroi déjà culte »
« Un véritable choc comme le fut Massacre à la tronçonneuse en son temps »

Avec ce genre de critique, pas besoin de me dire deux fois de voir le film!

Audition est clairement divisé en deux parties.

La première nous présente le personnage principal (joué par Ryo Ishibashi, sidérant de naturel). On le découvre au chevet de sa femme avant qu'elle ne meure puis on l'observe dans sa vie quotidienne. Aux journées passées au bureau et ses discussions avec son ami se succèdent les relations qu'il entretient avec son fils qu'il élève seul.

Vient ensuite la scène de l'audition où il rencontre Asami. Pour lui c'est certain c'est la femme de ses rêves. De coups de téléphones en dîners au restaurant, ils vont peu à peu se rapprocher...

Cette première partie, Takashi Miike la filme comme un mélodrame.
La musique se fait très présente, les situations font presque clichés (Asami est la douceur incarnée et cherche à le revoir à tout prix), on a vraiment l'impression de regarder le feuilleton du dimanche soir.
A ceci près que Miike impose un style élégant et travaillé à l'opposé des prodcutions télé. La photographie du film est impeccable, chaque plan est superbe. Il multiplie les plans fixes interminables et soigne le montage de façon à maintenir l'attention.

On sait tous que le film va basculer dans l'horreur à un moment donné, d'instinct on se prépare au retournement de situation tant attendu, mais il ne vient pas...
La première partie est en effet plus importante que dans les films du genre car elle ne se contente pas de présenter les personnages, elle leur permet d'évoluer et de tisser leurs relations.
Sur les 2 heures du film, plus de la moitié sera consacrée à l'histoire d'amour qui se crée.

Et là on se dit que si le film nous a épargné durant tout ce temps, on va vraiment en prendre plein la tête durant la dernière demi heure!

Oui et non...

Au Japon, le succès du Ring de Hideo Nakata a engendré de nombreuses productions de films dont l'horreur est basée sur les effets de surprise et les phénomènes surnaturels.

Miike renverse la tendance en mettant en scène des situations beaucoup plus réalistes.
Dans Audition, la peur ressentie par le spectateur est davantage liée à la douleur : la scène culte du film est en effet une scène de torture. Pour le personnage d'Asami (Eihi Shina, visage d'ange, sourire de psychopathe!), souffrance et amour sont naturellement liés.
Si on aime quelqu'un, on lui appartient corps et âme...surtout corps!

Mettre le spectateur mal à l'aise, c'est le but recherché par le réalisateur. Et de ce côté, je dirais que le film est dangereux pour un public non averti. En montrant le côté effrayant de l'âme humaine, Miike va loin dans la violence extrême et le sadisme.
Le film peut réellement se montrer traumatisant pour des spectateurs sensibles.

ATTENTION SPOILER



Pour ma part, je n'ai pas été plus choqué que ça pour deux raisons.

D'abord, visuellement la scène est très efficace mais même sans regarder attentivement on voit que le plus choquant est suggéré par le montage et les bruitages (extrêmements réalistes, par ailleurs).
Et puis le coup du pied jeté contre la vitre au premier plan, si c'est pas de l'humour noir chargé de dédramatiser, je ne vois pas ce que c'est...

La peur et la tension nous font imaginer des choses que l'on ne voit pas à l'écran.
Je ne voulais pas d'un autre Hostel ou d'un énième Saw mais je trouve que le sujet permettait d'aller beaucoup plus loin...
Ne croyez pas que je suis un adepte du gore à tout va, la preuve j'ai trouvé que là scène où Aoyama décide d'appeller chez Asami est la plus terrifiante du film (et elle ne bénéficie d'aucun effet spécial).

D'un autre côté le film a été réalisé avant les autres Saw et compagnie donc je comprends que pour l'époque il a fait sensation. Il s'agit peut être même d'un précurseur dans son genre.

Tout ça pour dire que la scène est donc loin d'atteindre l'extrême limite de la cruauté.
En revanche, après recherches, il semble que Miike n'est pas cherché à aller jusqu'au bout en matière de violence. Il s'est en effet fixé des limites pour respecter le livre (le film est tiré d'un roman de Murakami).

Mais surtout la scène est entrecoupée de séquences oniriques. Drogué, Aoyama se met à délirer et le film nous met alors face à des images de terreur sans nom.
Oui on est dégoûté par ce que l'on voit, oui on a envie de détourner le regard et de rallumer la lumière mais Miike a peut être oublié une chose : ce n'est qu'un rêve...

Dans un rêve, on peut mettre n'importe quelle créature immonde ou faire subir les pires sévices à quelqu'un, ce n'est pas la réalité. On sait très bien que pendant ce défilé d'images à glacer le sang, le héros est juste endormi. L'impact de la scène en est donc réduit puisqu'il n'y a pas de danger.

Une fois réveillé la scène de torture commence et au moment le plus angoissant, paf re rêve!
Le couple se retrouve dans un lit (rapport à une scène précédente). Ouf, c'était la scène de torture le vrai rêve. Tout est bien qui finit bien!
Arrête Miike, c'est évident que le film ne va pas se terminer comme ça, pourquoi tu nous fais le coup de la fausse happy end?
Non seulement c'est pas crédible mais ça relâche la tension et ça fait perdre du temps.

Bref cette fameuse scène qui aura fait couler tant d'encre ne dure en fait pas plus d'un quart d'heure (en comptant les coupures rêves) au total. C'est peu.

Quant au dénouement, on a malheureusement droit au Deus Ex Machina classique où un personnage secondaire surgit au moment opportun et se débarasse rapidement du méchant.


Dans une interview Miike disait « Au départ, je voulais tourner cette scène sans bruitages et sans musique, juste laisser les images défiler et puis je voulais finir le film sans générique, comme si on avait coupé la pellicule. Je voulais faire un film que les spectateurs regrettent d'avoir vu. »

Ah ben, il n'y a va pas avec le dos de la carrière le Miike, s'il voulait carrément que l'on déteste son film, il avait des idées en réserve...



FIN DU SPOILER




Audition est ce qu'on appelle un ovni cinématographique.
Inclassable et très particulier, le film marque une date dans l'histoire du film d'horreur. C'est une oeuvre majeure mais qui divise. La plupart auront du mal à d'adhérer à l'extrême violence véhiculée par le film.
Moi j'ai beaucoup aimé même si la fin m'a laissé sur ma...faim

Note : **

vendredi 5 décembre 2008

Tomb Raider 2 : le berceau de la vie





Tomb Raider 2, c'est deux choses.

1 C'est l'adaptation d'un des jeux vidéo les plus connus au monde
2 C'est une suite.

Acclamé par la presse et le public, le jeu vidéo Tomb Raider a révolutionné le genre en proposant un gameplay orienté à la fois action, plateforme et énigmes complexes.
Le tout dans des environnements grandioses influencés par les cultures anciennes et la mythologie.

En imposant une héroine à l'époque où le jeu video était gouverné par la testostèrone (Duke Nukem en tête), Toby Gard ne s'attendait pas à créer le tas de pixels qui deviendrait la star virtuelle la plus sexy de la planète : Lara Croft!

Mais après plus de 7 épisodes, la série a commencé à tourner en rond.
Niveaux labyrinthiques, ennemis dont le QI ne dépassait pas celui d'une paire de charentaises, scénario pretexte, énigmes à s'arracher à les cheveux par manque d'indices et surtout bugs en pagaille ; les aventures de la belle aventurière commençaient à sentir le réchauffé.

Mais malgré le déclin de la série, le potentiel charisme de notre Indiana Jones en jupettes ne faiblissait pas d'un pouce. Elle restait la chouchoute aux yeux du public.
C'est alors que des producteurs alléchés eurent l'idée d'exploiter le personnage.
On a donc vu Lara conduire une Seat à la télé, sortir un album, s'afficher sur une marque de vêtements, posséder son propre comic book et poser plus ou moins habillée sur une floppée de sites internet.

Quoi de plus naturel que quelqu'un ait l'idée de la représenter sur grand écran.
Mais attention, le public n'acceptera pas n'importe quelle greluche pour incarner son idôle.

Après maintes recherches, les studios mettent la main sur une actrice quasi inconnnue du grand public : la bien nommée Angelina Jolie.
Athlétique, acrobate, casse cou, charmante et charmeuse, elle est la parfaite incarnation de Lara Croft!

Même si le premier film n'est pas et n'a pas eu le succès espéré, il a littéralement lancé la carrière de l'actrice. Elle est aujourd'hui une des plus en vue à Hollywood et fait le bonheur de la presse people, mais passons.

Le public réclame une suite? On va lui en donner une!
Définition d'une suite à Hollywood : PLUS!
Plus d'action, plus d'effets spéciaux, plus de décors et en plus gros, plus d'acteurs connus et de cascades incroyables. Plus d'histoire des personnages, plus d'émotions, plus d'amour, plus de... Bon vous avez compris c'est le principe de la surenchère.

Certains y arrivent très bien (Terminator 2, L'empire contre attaque, Evil Dead 2, Le Parrain 2...) mais en général une suite c'est synonyme de baisse de qualité.

Le film est réalisé par Jan de Bont. Je ne redirai pas ce que j'ai écrit pour Black Rain. S'il n'y avait pas eu Speed, de Bont n'aurait jamais fait un seul bon film! Et quand on voit comment il s'en sort avec celui là, c'est à se demander si c'était bien lui derrière la caméra de Speed.

La photographie du film n'apporte strictement rien dans la plupart des scènes et les cadrages oscillent entre le pas terrible et le mauvais.
Argh arrêtez d'utiliser des ralentis aussi moches!

Ce qui m'a surpris en voyant le film, c'est le montage.
Pas aussi épileptique que la plupart des blockbusters récents, le choix des plans fait qu'on ne voit quasiment jamais rien de ce qui se passe à l'écran.
La scène de la fusillade où Lara est accrochée à une enseigne devrait être enseignée dans les écoles pour montrer ce qu'il ne faut pas faire. Rarement une séquence d'action aura été aussi décevante. Les décors, souvent magnifiques, ne sont jamais mis en valeur comme il faudrait à cause de cardrages approximatifs et souvent penchés inutilement.

Le plus hallucinant c'est que j'apprend que le monteur n'est autre que Michael Khan!
Et là je dis : « que-quoi-que c'est-que qu'est ce qui se passe-que c'est pas possible!! » (et sans respirer).
Parce que Michael Khan est le monteur de Spielberg depuis un bon bout de temps et que sa maîtrise du montage est mondialement reconnue. Alors trois possibilités : ou le monteur possède juste un nom identique ou de Bont a vraiment foiré ses directions de montage ou alors les producteurs ont décidé de remonter le film après coup.
Quoi qu'il en soit chaque scène d'action est pire que la précente...

L'utilisation de la musique est aussi très particulière. Silvestri a encore une fois composé un thème pricipal magnifique qui sent bon la grande aventure (la musique rappelle celle du Retour de la Momie) mais de Bont ne l'emploie pas à bon escient. Alors que Lara dégomme des cibles perchée sur un cheval, on entend du métal (une musique plus douce aurait été du meilleur effet).

Le plan incroyable où la caméra plonge depuis l'espace jusqu'à arriver à la hauteur de la muraille de Chine où Lara roule à moto aurait pu donner des frissons avec une belle musique épique en fond mais on entend juste le bruit du moteur. Enfin, quant à la scène en Chine citée plus haut, la musique reste désespéremment plate alors que l'action bat son plein.
La musique est donc aussi belle que mal exploitée.

De Bont a consacré son film autour d'Angelina (son personnage et son corps).
Fantasme masculin par excellence, l'actrice est filmée sous toutes les coutures.
Pas de vraie scène de nudité mais quand elle sort de l'eau en maillot de bain, Ursula Andress (James Bond contre Dr No) peut aller se rhabiller!

Par rapport à son personnage, les scénaristes ont décidé de lui inventer un vieil amour qui refait surface en la personne de Gerard Butler (« This is Spartaaaaaaa! »). Malheureusement, l'alchimie entre les acteurs ne fonctionne pas si bien que ça et en dehors d'une ou deux scènes, leur histoire est totalement inutile.
Excepté Djimon Honsou dans un petit rôle, les autres acteurs sont transparents.

La mise en scène est partagée entre le «  bonne idée mais visuellement mal exploitée » et le «  pas mal! Mais ça sert à rien ». Autrement dit, les meilleures scènes, visuellement parlant, sont souvent gratuites et les séquences importantes sont soit fades soit mal montées.

Angelina se démène pour donner du charisme à son personnage mais la réalisation gâche constamment le plaisir. Quand un film dure deux heures et qu'on regarde déjà sa montre au bout de 30 minutes, c'est mal parti.
Au final, le film n'est pas complètement mauvais et se laisse regarder, mais sans jamais susciter d'enthousiasme.


A garder : la plastique parfaite d'Angelina Jolie, la scène où Lara se défend en imitant un garde de Buckingham Palace, la musique et deux ou trois décors.

Le premier film était sympa mais sans plus, celui là est juste sans plus.

Note : *

La mouche




En ce moment à Bordeaux, on passe des films en rapport avec la science et la technologie.
Ca me donne l'occasion de revoir des grands classiques dans une salle de cinéma!

Adaptation d'un classique de l'horreur des années 50 ,« la mouche noire », La mouche est le film le plus connu de Cronenberg.

L'histoire d'un scientifique qui, à la suite d'une expérience malencontreuse, se transforme peu à peu en une créature horrible aurait pu donner un film de série B où la créature s'échappe, attaque et dévore des adolescents stéréotypés.
Avec Cronenberg, c'est le total opposé.

Le fim se concentre sur ses 3 personnages principaux et leurs relations(ambigues).
Loin d'être stéréotypés, ils évoluent constamment.
Seth Brundle n'est pas un savant fou comme on se les imagine. Il est loufoque mais timide et surtout il est doué d'un grand sens de l'humour (« Cheeseburger! » ).
On s'attache vraiment à lui.

Lors d'une interview pour son film Independance Day, Roland Emmerich disait de Jeff Goldblum qu'il était idéal pour interpréter un scientifique car il avait le don de rendre simpliste les équations les plus compliquées.
Effectivement malgré le fort potentiel « prise de tête scientifique » du film (on y parle de téléportation, de données informatiques, de bases ADN, de reconstruction moléculaire...), Goldblum ne nous perd jamais dans des explications foireuses à bases de calculs niveau prépa et de schémas-labyrinthes...
Avec lui la fusion moléculaire devient aussi simple que sucrer son café !

Face à lui, pas n'importe quelle bimbo ecervelée.
Geena Davis est une habituée des rôles complexes (Beetlejuice, Thelma et Louise, Au revoir à jamais). Elle rend son personnage parfaitement crédible.

La crédibilité est justement la grande force du film.

Il faut reconnaître que le film a vielli mais 20 après certains effets spéciaux font toujours autant sensation.

Mais c'est autant les effets eux mêmes que leur utilisation qui est impressionante. Cronenberg connait son boulot et ne cherche pas à nous étouffer en accumulant les scènes, choc mais gratuites.

Méthodique et minucieux, il prend le temps d'installer le suspense.
Chaque transformation est dévoilée au compte goutte pour un maximum d'efficacité jusqu'à la scène finale qui n'a pas fini de nous hanter!
On croyait avoir tout vu mais Cronenberg sait nous prendre par surprise en ne cédant jamais à la surenchère.

Il s'amuse même avec nous en nous faisant croire qu'il va y céder justement lors de la scène de l'avortement : la musique se fait tonitruante, la caméra est braquée sur les regards effrayés des medecins avant le plan final peu ragoûtant mais attendu.
Hors, fausse alerte il ne s'agit que d'un rêve.
La réalité (le cauchemar!) se révèlera bien plus monstrueuse.



La mise en scène est très inspirée et certains plans sont tout simplements parfaits (la scène chez le gyneco/ joué par Cronenberg justement, la découverte de la nouvelle musculature de Brundle et sa faculté de se déplacer sur les murs).


La photographie très froide met rapidement mal à l'aise et on savoure les rares environnements aux couleurs chaudes (le Mcdo). Quant à la musique, elle est grandiose.
Avant d'être triplement oscarisé pour son travail sur la trilogie de Peter Jackson, Howard Shore affirmait déjà depuis longtemps son talent chez Cronemberg.

Mais ce qui me marque c'est la qualité du maquillage (oscarisé!).
Les transformations successives de Brundle donnent lieu à des effets à la limite de l'écoeurement! Mais le maquillage n'est rien sans l'acteur qui le porte.
En 1986, Goldblum n'avait fait que des petits rôles (Silverado) et il était prêt à tout pour se faire connaître.
Pas de problème donc à supporter 6h de maquillage par jour pour le tournage...
Et pourtant, métamorphosé, défiguré à l'extrême, enseveli sous des tonnes de latex, l'acteur reste toujours aussi crédible!



Comme souvent chez Cronenberg, chaque plan compte. On entre dans le vif du sujet et on arrête quand il faut. Pas de longue introduction, pas d'épilogue.

Jusque dans son dénouement le film échappe aux poncifs et aux clichés. Evidemment le monstre meurt mais la fin est tragique. On est loin de la happy end conventionnelle.


Appartenant à la fois au genre de la science fiction et du film d'horreur, la mouche est incontournable...
Un film culte qui révéla de grands acteurs et un immense réalisateur.

Note : ***

Bonjour les vacances



La famille Griswold au grand complet prend place dans sa nouvelle auto et quitte Chicago pour des vacances très attendues. Malheureusement, malgré le soin minutieux avec lequel Clark, le chef de famille, croit avoir préparé leur périple, ils vont de catastrophe en déception.


L'histoire classique de la famille américaine qui part en voyage en voiture pour passer du bon temps.
Evidemment, rien ne va se dérouler comme prévu et les catastrophes vont se succéder.

Le scénario signé John Hugues (Un ticket pour 2, la folle journée de Ferris Bueller) fait la part belle aux relations entre les personnages.
Le père profite de ses bourdes pour parler à son fils et la belle famille va rencontrer des personnages plus délirants les uns que les autres.

Comme toujours avec lui, le chemin parcouru est plus important que le but désiré.
Le voyage se fera forcément initiatique.

Les situations sont cocasses mais trop souvent prévisibles.
On est quand même loin des comédies familliales aseptisées.
Les « fuck » abondent, la fille fume de l'herbe, le fils lit des livres pornos et les allusisons sexuelles sont nombreuses.
Ramis n'hésite pas à montrer une paire de seins à l'écran quand c'est nécessaire (sans pour autant que ce soit gratuit!).

La mise en scène oscille entre assez lourde (le gag des sandwich, le policier qui parle de son chien...) et suffisamment travaillée (belle photographie, plans impressionnants des grands huit, joli décollage de la voiture...).


Les acteurs en font parfois un peu trop. Ils grimacent souvent quand un jeu plus subtil aurait été plus adapté. On a parfois l'impression de regarder une série télé...

Inférieur à ses autres films (Un jour sans fin, mes doubles, ma femme et moi, Ice Harvest), Harold Ramis signe une comédie assez classique ( mais assez osée) mais qui remplit son quota de rires et de bonne humeur.

Note : **

Un monde fou, fou, fou



Un film des années 60 que j'ai découvert dans mon enfance.
Il est quasiment impossible à trouver en DVD.

Nominé 6 fois aux oscars, il mérite absolument d'être redécouvert

Sur une route en plein coeur du désert, 8 automobilistes se voient confier l'emplacement d'une fortune par un mystérieux étranger. Celui qui arrivera le premier sur les lieux empochera le magot!

Homme ou femme, flambeur de Las Vegas ou dentiste en lune de miel, collectionneur de cactus ou flic intègre, une chose est sûre l'argent n'a peut être pas d'odeur mais il ne laisse personne indifférent.
La petite dizaine de personnages loufoques et hauts en couleur du départ atteindra vite la quinzaine.

Cette joyeuse bande de chercheurs de trésor inprovisés va passer son temps à se mettre des bâtons dans les roues avec une bonne humeur communicative.

Le film multiplie les courses poursuites sur terre, dans l'eau ou dans les airs.
Les cascades altèrent le décor d'une manière surprenante. La scène entre le camionneur et les deux garagistes est un modèle du genre.

Techniquement, Stanley Kramer maîtrise son film de bout en bout.

Avec souvent plus de 10 acteurs à la fois dans le même plan, il serait facile de ne plus distinguer qui dit ou fait quoi. Heureusement, les cadrages sont inspirés et les plans séquences ne perdent pas une miette des dialogues truculents.

Le montage est vraiment excellent. Bien qu'on se rende compte que les acteurs sont souvent filmés à l'intérieur d'une fausse voiture devant une route qui défile. La succession des faux plans avec les vrais plans en extérieur nous plonge en plein coeur des poursuites et nous font croire que les acteurs sont bel et bien dans la course.

Les effets sonores, récompensés par un oscar, sont justes parfaits et la musique aussi barge que les personnages vous restera longtemps dans la tête.

Kramer a rassemblé les acteurs comiques les plus connus de l'époque.
Chaque personnage est burlesque à souhait et même les plus petits rôles sont tenus par des stars (Buster Keaton, les 3 Stooges...)
Les petits excentriques, les autoritaires , les maniérés , le dépressif, les ordures..chacun aura sa petite préférence.

Sur près de 2h30, le film surprend de bout en bout avec ses rebondissements ingénieux et son action débridée.
Les critiques de l'époque sont unanimes.
Un monde fou, fou, fou est une des comédies les plus délirantes jamais réalisée.

Hilarante, chaotique, explosive et surtout totalement débile, la comédie de Stanley Kramer possède tout ce que son titre suggère.

Note : ****