vendredi 19 septembre 2008

Retour vers le futur



Au début des années 80, le réalisateur Robert Zemeckis décide de faire un film sur le voyage dans le temps.
Malheureusement, ses prédédents films ayant été des échecs critiques, aucun producteur ne veut risquer d'y perdre son argent. Le script se ballade donc de bureau en bureau sans que personne ne daigne l'ouvrir. «Les films de voyages temporels ne marchent jamais au cinéma! » disait-on...Fin du projet...
Pourtant, Steven Spielberg qui n'était pas encore aussi connu qu'aujourd'hui, se prend d'affection pour le sujet et propose à Rob de le produire si un jour le script refait surface.
Rob acquiesce mais il est déjà parti sur un autre projet : « A la poursuite du diamant vert ».
Aussi innatendu (de la part des producteurs) que cela puisse paraître, le film fait un carton et relançe la carrière de Rob; désormais vu comme l'un des réalisateurs les plus doués de sa génération.
« Retour vers le futur », ressorti alors du placard, est littéralement pris d'assaut par les producteurs mais Rob se souvient du seul qui ne l'a pas laissé tombé à l'époque.
Spielberg, de son côté, est devenu le vrai pape de l'imaginaire avec des chefs d'oeuvre tels que : « ET », «Les dents de la mer » et « Rencontres du 3eme type ».
La rencontre entre ses 2 géants suscitent l' admiration, personne ne sait de quoi il retourne mais une chose est sûre, ces 2 là vont pondre quelque chose de très gros!
« Retour vers le futur » prend donc forme sous les meilleurs auspices...
Mais malgré le soutien de Spielberg, le film ne rentrera jamais dans ses caisses.
Il va falloir jouer fin pour arriver à réduire le budget.
Changement drastique dans le scénario; la machine à remonter le temps n'est plus un caisson réfrigérant qu'on doit acheminer dans une centrale nucléaire au Mexique pour pouvoir le faire fonctionner mais une voiture...
A partir de là, fini les dépassements de budget. Mais il reste encore le problème du casting. Rob avait remarqué un certain Michael J Fox, vedette d'une série télé (« Family Ties ») qui collerait parfaitement dans le rôle du héros.
Mais, Michael, occupé sur le plateau télé toute la journée, ne pourrait jamais se lancer dans le tournage du film en même temps.
Rob se rabat donc sur Eric Stoltz pour jouer Marty. A demi satisfait de sa performance, il décide d'organiser un autre casting.
Michael est jeune à l'époque^^. Ne dormant qu'1 heure ou 2 par nuit pendant 12 semaines, il réussit à faire les 2 tournages successivements (c'est à dire la série le jour et le film la nuit!). Quant aux scènes de jour, Michael doit les tourner le week end!
Vient ensuite le rôle de Doc Brown, qui aterrit dans les mains de Christopher Lloyd.
Chris fait de ce savant farfelu, un ahuri extravagant mais vraiment attachant.
Il le décrit lui même comme un mélange entre Albert Einstein (pour la connaissance) et un chef d'orchestre (les cheveux en pêtard et les grands gestes avec les bras).
Enfin s'ajoutent au projet Lea Thompson, Crispin Glover et Thomas E. Wilson qui doivent jouer leurs personnages à la fois à 20 ans et à 50.
Or d'après les maquilleurs, les faire apparaître à 70 ans ne pose pas de problèmes : quelques couches de latex suffisent à vieillir la peau artificiellement. Mais le maquillage pour créer une personne d'âge moyen nécessite beaucoup plus d'attention pour rester crédible sans gêner les mouvements de l'acteur.
Pour sûr ils ont réussi; tant la transformation des acteurs de 1955 à 1985 est saisissante.
Le film lui même maintenant.
Marty Mc Fly est un adolescent américain des années 80.
Son ami, le pysicien excentrique Emmet Brown , travaillant sur le voyage dans le temps, va l'envoyer dans le passé à une époque où il n'était même pas né. Il va alors malencontreusement empêcher la rencontre amoureuse de ses futurs parents et devoir jouer les entremetteurs avant de pouvoir retourner vers le futur.
A la base, le scénario en lui même est bien trouvé mais en plus il regorge d'idées parfaitement exploitées. En effet, il aurait été facile de dire : « Paf! Marty se prend un coup sur la tête et se retrouve dans la Rome Antique. ».
Là, le scénario n 'accuse aucune faille. Si Marty change d'époque, c'est à cause d'une expérience scientifique et en aucun cas il ne change de lieu!
Mais il aurait été aussi possible de dire : »Et là, Marty pilote un avion de chasse, tire son missile et explose la base secrète des communistes! »
Mais Marty est juste un ado, il ne fait pas de choses qu'il serait incapable de faire et TOUT ce qu'il sait faire (jouer de la guitare, faire du skate...) est montré auparavent dans une scène.
Si bien que dans le film rien n'arrive comme par enchantement .
Au final, Zemeckis se met même à jouer là-dessus : la première scène montre la maison de Doc, remplie de machins et de trucs qui ne fonctionnent qu'à moitié.
Plus tard, Doc explique qu'au temps de sa jeunesse, celui à qui appartenait les terres voulait faire pousser des pins mais sans résultat et, séquence suivante, Marty écrase un de ces pins avec la DeLorean.
Au passage, pourquoi une DeLorean? A cause de son effet soucoupe volante, brillament mise en valeur dans la séquence de la grange ( gros plan sur le comic et mise au point sur les ailes papillons qui s'ouvrent)
Bref le scénario est extrêmement travaillé et chaque scène, même anodine, a ses répercussions dans l'autre époque.Rien n'est laissé au hasard. La mise en scène est d'ailleurs étudiée dans les écoles de cinéma pour sa rigueur et sa crédibilité.
Certains grincheux lui reprochent de n'être qu'une comédie familiale, simple prétexte aux tout nouveaux effets numériques.
A ceux là, je répondrais que, oui, il s'agit d'une (formidable!) comédie; plus osée que l'on pense (à l'époque, la mère qui tombe amoureuse de son propre fils a même choqué les plus prudes...) mais que les plans comportant des effets spéciaux ne sont qu'une petite trentaine et qu'il s'agit uniquement d' images composites (comme dans les premiers « Star Wars », datant tout de même de 1977 : pour la modernité on repassera^^).
Donc si l'on retient les effets spéciaux du film, ce n'est pas parce qu'ils sont nombreux mais parce qu'ils sont bien faits! Et toc! :)
Pour ma part, « Retour vers le futur » fait partie des meilleurs films des années 80 et bien que vieilli maintenant, la superbe musique d'Alan Silvestri, la fantastique performance des acteurs, qui ont permis de créer des personnages inoubliables, la photographie impeccable et les chansons qui balancent (« Johnny B Good », « Power of love » en tête), lui confère encore aujourd'hui une fraîcheur irrésistible.
Note: ****

Disjoncté


Steven (Matthew Broderick) sort juste d'une rupture avec sa petite amie (Leslie Man). Pour lui changer les idées, son pote Rick (Jack Black) l'incite à soudoyer un employé du cable, Chip Douglas pour lui brancher les chaînes cryptées. Mais celui ci (Jim Carrey) le fait gratuitement en échange de son amitié...

Le casting regroupe un bon nombre de stars de la comédie! Malheureusement, la plupart ne sont pas assez exploitées.
Matthew Broderick, au physique d'éternel adolescent, assure le minimum et ne retrouve jamais la verve de Ferris Bueller.
Owen wilson, le cow boy qui se la pête aux côtés de Jackie Chan dans « Shangai Kid », n'apparait que dans une seule scène (mais au combien réussie!^^), Ben Stiller est juste un personnage tragique qui passe aux infos et Jack Black (« Rock Academy », « L'amour extra large ») n' intervient qu'à de rares-et courts- moments ; mais rien que de voir sa bouille endurcie de métalleux qui reste le pote de Steven malgré tout, le rend attachant.
Quant à Leslie Man, elle est toujours aussi insupportable dans le rôle de la pouffiasse dont tout le monde tombe amoureux (je me demande à chaque fois pourquoi...)
En revanche, s'il y en a un qu'on voit à l'écran c'est bien Elastic Jim! Dès sa première apparition...même pas...dès le moment où l'on entend sa voix, on sait qu'il va se donner à fond dans la peau du mec qui a pêté un cable! (attention, jeu de mot XD)
De ce côté là, on n'est pas déçu. Jim nous joue son numéro habituel de l'hystérique complètement timbré (genre Ace Ventura).
Mais malgré toute l'énergie qu'il déploie, ses grimaces et convulsions font rarement mouche.
La raison? Une mise en scène parfois poussive et un humour vulgaire, au ras des paquerettes. Lors d'une scène, Chip intervient dans une partie de basket. Avant de commencer le match, il décide de s'échauffer et le voilà qui trace d'un bout à l'autre du terrain en s'arrêtant de plus en plus tôt à chaque fois. On est censé en rire?
En revanche, la scène qui suit où, prenant appui sur un joueur, Jim explose la vitre du panier en dunkant, filmée au ralenti sous trois angles différents est trop énorme pour ne pas en rire!
Et, comme ça, le film alterne constamment séquences minables et morceaux de choix. Le meilleur moment est sans conteste celui du combat médiéval. Un suspense palpable (Chip est il vraiment fou au point d'y aller franco? C'est que ça coupe ces machins!), des répliques mortelles (toujours Chip, qui se la joue « Star Trek » et bruite le combat à la bouche) et des angles de caméra originaux (la vue subjective de Steven sous le casque) nous offrent un franc moment de rigolade.
Chip va donc pourrir la vie de Steven et le scénario aurait pu s'arrêter là.
Mais Steven, exaspéré par cet individu qui empiète sur sa vie privée et s'improvise son meilleur ami du jour au lendemain, lui fait comprendre qu'il ne veut pas de son amitié. C'est alors que Chip va se retourner contre lui...
ATTENTION SPOILER
Comme il le dit lui même : « je peux être ton meilleur ami ou ton pire ennemi! ». Et de ce côté là, il n'y va pas avec le dos de la cuillère : en plus de lui rendre l'existence invivable, il va retourner sa famille contre lui, le faire virer, lui piquer sa petite amie et l'envoyer en taule! Rien que ça...
On s'aperçoit que tous ses actes étaient prémédités depuis le début : l'équipement high tech qu'il lui offre a été volé, la partie de basket gâchée éloigne les amis de Steven, la photo prise durant les ébats amoureux de Steven servira de moyen de chantâge... Faire croire à des détenus en chaleur que Steven est homo ou jouer à un jeu porno avec sa famille pour le mettre mal à l'aise, le personnage de Jim ne recule vraiment devant rien.
Dans ces moments là, le film atteint des sommets ; on n'est plus dans la comédie mais dans le thriller! Et là, les gags ne tombent jamais à plat!
Steven ne peut pas compter sur l'aide de la police car ils font partie des clients privilégiés de Chip, la nuit l'employé fou vient hanter ses rêves (une scène déirante où Chip le poursuit sur une musique à la Benny Hill) et à la fin, Chip menace sa copine avec une agrafeuse en débitant des répliques de film.
S'ensuit alors une morale genre : la télé c'est pas bien, ça rend con!
Après tout, ce qui arrive à Steven n'est qu'une conséquence de son égoïsme primaire. S'il avait laissé tomber l'affaire dès le départ... mais non, il appelle Chip quand sa télé déconne et s'approprie le mérite d'avoir installé le câble à sa copine.
Quant à Chip, privé de ses parents, il a passé son enfance devant l'écran cathodique.
Il est normal qu'il ai laissé quelques neurones sur le carreau...
Et la scène finale montre qu'il n'est pas le seul vu que toutes les familles sont plantées devant leur télé en attendant le résultat d'un procès d'un acteur responsable du meurtre de son frères, ex vedettes d'une série télé, alors qu'au même moment un film basé sur leur histoire est déjà en cours de production.
FIN DU SPOILER
Le film multiplie les mises en abyme et tire à boulet rouge sur les médias.
Mais les ficelles sont souvent tros grosses pour fonctionner : Mattew Broderick qui s'écrie : « On n'est pas dans un film! »
Il faut avouer que passé un début pathétique, le film recèle de très bons moments mais est ce que 30min de génie valent 1h d'affligeante platitude?
Pour son passage derrière la caméra, Ben Stiller nous livre donc une comédie grinçante qui amuse autant qu'elle révulse.
Soyons honnêtes, le film repose largement sur les épaules de Jim Carrey. Ses fans seront ravis, les autres, faites comme dans le film : prenez un bouquin...^^
Note: *

L'espion qui m'aimait




Je suis probablement le seul mais je n'ai jamais vraiment aimé les James Bond.
C'est sûr, être James Bond c'est la classe : on utilise des gadgets ultrasophistiqués, on dégomme du méchant à la pelle sans état d'âme, on visite les plus belles régions du monde et surtout on a toutes les nanas à nos pieds!
Mais ce cocktail détonnant est souvent filmé avec une platitude déconcertante, multipliant des effets dignes de séries télé fauchées : la musique est souvent trop théâtrale et la mise en scène manque d'inventivité.
L'autre jour, j'en ai vu un à la télé (je crois que c'était « opération tonerre »). Malgré la présence de Sean Connery, le film est assez minable. Les courses poursuites sont passées en accéléré pour donner une impression de vitesse ce qui donne une scène finale désastreuse tant la caméra est saccadée et la séquence du combat sous l'eau est si confuse qu'on ne distingue plus les bons des méchants. Ce ne sont que quelques exemples dont j'ai le souvenir pour dire que James Bond est plus une franchise qu'une série de films bien réalisés.
Mais ce qui vaut pour un film, ne vaut heureusement pas pour tous.
« L'espion qui m'aimait » commence fort avec une cascade en montagne hallucinante (car filmée en plan séquence avec un brusque arrêt de la musique). Déjà, le film fait bonne impression.
Cette fois, James Bond doit faire équipe avec une espionne russe de choc (et de charme^^) pour retrouver des sous marins disparus mystérieusement.
C'est probablement le James Bond le plus classique dans son déroulement mais aussi le plus intéressant. Je m'explique.
On retrouve tous les ingrédients qui font le succès de la série.
Belles nanas à foison (TOUTES les femmes qui apparaissent à l'écran sont des canons!), voiture de sport équipée en gadgets multiples, tour du monde aux destinations qui évoquent soit le mystère (Egypte) soit la romance (l'Italie), super méchant milliardaire bien planqué dans sa base secrète et garde du corps imposant et dur à cuire.
On frôle presque la caricature du film d'agent secret mais c'est sans compter sur le réalisateur qui pour une fois ne se contente pas de laisser tourner la caméra en attendant de capter une bonne prise.
Cette fois, chaque cascade est visuellement impressionnante.
La poursuite en ski est filmée par un caméraman lui même à ski pour coller à l'action, la séquence en Italie propose de beaux ralentis et la fin où les militaires s'entretuent n'est pas une simple suite de cascadeurs qui se vautrent dans les escaliers en faisant semblant d'être touchés pendant qu'en contre champ l'autre camp tire à blanc dans le vide.
La violence de l'affrontement est palpable du fait d'une série de belles explosions judicieusement montrées de l'intérieur puis de l'extérieur du bateau. On a même droit en prime à une jeep qui explose et s'écrase dans l'eau (et toujours en plan séquence, s'il vous plaît!).
Mais c'est aussi quand on ne s'y attend pas que la mise en scène surprend.
La fille jetée aux requins n'est pas simplement filmée avec des mouvement rapides de caméra suggérant la vivacité des squales. Le réalisateur opte pour une musique classique (presque inadaptée) qui donne à la scène, non pas un air effrayant mais un côté second degré, voire d' humour noir.
Et juste après, le méchant regarde un écran sur lequel se trouve un hélicoptère avant de le faire exploser en appuyant sur un bouton (la scène montre la toute puissance du personnage sans en faire des tonnes, ce qui est rare dans les film de 007).
Mais surtout, SURTOUT, il y a Richard Kiel. L'acteur ne parle jamais (comme le corréen lanceur de chapeau, l'un des méchants les plus charismatiques de la série) mais sa présence incroyable est un atout indéniable pour le film. On peut dire ce qu'on veut; la présence d'un colosse aux dents d'acier capable de broyer un cadenas en mordant dedans et qui se sert d'une poutre comme d'une batte de base ball (accessoirement, la tête de Bond fait la balle) à de quoi faire monter la tension un cran au dessus.
Quand en plus, il est doué d'une force herculéenne qui lui permet de soulever une voiture et d'en arracher la carrosserie, on jubile.
L'acteur éclipse tous les autres (Roger Moore, qui nous fait regretter Sean Connery)!
Chacune de ces apparitions est un grand moment!
Les gadgets sont toujours aussi originaux, ce que nous laisse entrevoir une visite du labo de Q avec pouf éjectable, plateau de thé trancheur de tête (si,si^^) et autre joyeusetés loufoques.
Quant à sa voiture de sport, elle est tout simplement amphibie...
Les différentes utilisations des gadgets sont remarquables.
Permis de tuer, oui, mais avec style.
Bien sûr le film n'est pas exempt de défaut.
On peut déplorer l'absence de sang quand Kiel mord ses victimes, un scénario qui ne tient pas ses promesses : 007 a tué l'amant de l'espionne russe et celle ci promet de le tuer à son tour à la fin de la mission mais il y a réconciliation sur l'oreiller, de même on peut regretter la mort du méchant un peu trop rapide.
Néanmoins, ce James Bond assure le spectacle et propose ce qu'on peut trouver de mieux dans les films d'espionnage à grand spectacle. Un grand cru^^
Note: **

Point Break




Los Angeles, Johnny Utah, un agent du FBI qui enquête sur des braquages de banques, se voit donner pour mission d'infiltrer un gang de surfeurs avec qui il va se lier d'amitié.Tiraillé entre son devoir et son attirance pour le risque, Johnny va-t-il dépasser le point de non retour (point break)?
Le film culte de Braïce de Naïce (avec l'accent^^).
Film d'action de haute volée, c'est aussi un duel psychologique entre deux stars du cinéma : Patrick Swayze ("Dirty Dancing") et Keanu Reeves ("Matrix", "Speed").
Que ce soit avec Jamie Lee Curtis dans "Blue Steel" ou Harrison Ford dans "K19", la réalisatrice Kathryn Bigelow est vraiment douée pour diriger ses acteurs.
Keanu Reeves n'échappe pas à la règle et n'a jamais été aussi convaincant dans son rôle de tête brûlée depuis "Speed" (et ensuite "Matrix"). Oubliée les performances minables de "Dracula" et "Johnny Mnemonic", il nous livre ici une prestation remarquable.
N'ayons pas peur des mots, dans ce film, Patrick Swayze est beau comme un dieu!
Le charisme qui émane de son avatar est indescriptible! Il ne joue pas, il EST Bodhi!
Surfeur accro aux sensations fortes, Bodhi ne vit que pour dépasser ses limites.
Dans un monde gouverné par l'administration et la bureaucratie, c'est un électron libre qui prône l'anarchie. Toujours à la recherche de la maîtrise de soi, c'est un leader incomparable que l'on est prêt à suivre aveuglément.
Le monde des surfeurs du film est un univers étrange et violent, indépendant du système et qui possède ses propres règles.
La réalisatrice nous le dépeint ici avec force à l'aide de séquences plus réussies les unes que les autres.
Les scènes de surf sont dirigées avec maestria, portées par une musique envoûtante de Mark Isham et une bande son qui alterne la pop et le hard rock de bonne qualité.
Tout ici est fait pour que le spectateur ressente les émotions des personnages et leur quotidien. Et ce n'est pas la partie de rugby endiablée à la lueur d'un feu de camp et la chute libre en parachute qui me feront dire le contraire.
Quant aux scènes d'action pures, elles en mettent elles aussi plein la vue!
Mais, le film évite la violence gratuite avec maints effets de caméra inutiles ("Bad Boys 2" par exemple). Au contraire, Bigelow lorgne plutôt sur les films de John Mc Tiernan ("Piège de Cristal" en tête) et de James Cameron (M. Terminator qui a,d'ailleurs , produit le film). Autrement dit, une maîtrise totale de la caméra, un montage sans faille et une photographie impeccable.
Mais c'est aussi l'abondance de bonnes idées qui rend ces scènes uniques.
Une course poursuite en voiture qui se termine à pied à travers jardins et résidences filmée caméra à l'épaule, une fusillade en huis clos où Keanu se fait fracasser la tête contre un miroir par une femme qui sort à peine de la douche pour ensuite se faire raser de près par une tondeuse à gazon, une pompe à incendie transformée en lance flamme, des empoignades viriles qui ne se résument pas à un échange ininterrompu de baffes dans le vide (chaque coup porté est crédible à l'écran)…bref le film regorge de scènes d'anthologie!
Et bien qu'il possède certains clichés inhérents au genre (le jeune flic fait équipe avec le vieux râleur et la fille rebelle, finit par tomber amoureuse de lui), le scénario captive de bout en bout par ses personnages marquants et ses retournements de situation.
Au passage, les dialogues sont excellents. Bien loin des poncifs habituels, ils contournent toute niaiserie et se révèlent même parfois hilarants! ("DeMerde, Footballeur DeMerde",… impayable!)
Mélange réussi de film d'action et de thriller, il ne tombe jamais dans le déjà vu.
Rencontre inoubliable entre deux stars au mieux de leur forme, les 2h passées devant l'écran procurent une poussée d'adrénaline intense qui ne cessera qu'au défilement du générique
Datant malgré tout de 91, (pas de portables dans le film quand on en a besoin^^), "Point Break" n'a pas pris une ride et s'inscrit parmi les meilleures réussites du siècle dernier.
Note: ***

mercredi 17 septembre 2008

Another Day in Paradise



"Encore un jour au paradis", difficile de faire plus ironique comme titre!
Tiré d'un roman écrit par un ex-détenu (Eddie Little), le film dépeint le quotidien de Bobbie, un ado à la dérive vivant avec sa copine Rosie, qui se laisse embarquer dans un coup fumant par Mel (James Wood), un truand et dealer charismatique.
Argent facile, drogue à volonté, risques limités et tous frais payés, comment un jeune délinquant pourrait-il passer à côté?
Prisonniers d'une vie faite de casses et de seringues, les personnages vivent au jour le jour jusqu' au jugement final (la mort ou la taule). Malgré eux, Mel et sa compagne Sid (Mélanie Griffith) jouent les parents que Bobbie et Rosie n'ont jamais eu. Et ces deux derniers deviennent les enfants que le couple ne peut pas avoir.
Mais comme dans toutes les familles, il faut bien qu'un jour les oisillons s'envolent du nid…ce qui ne plait pas à Mel qui considère malgré tout plus Bobbie comme un associé que comme un fils.
Sexe, drogue et Rock an' Roll.
L'ancien photographe réputé, Larry Clark, est devenu un cinéaste à scandale avec "Kids", n'hésitant pas à montrer à l'écran ce que beaucoup considèrent comme de la pornographie.Mais ce serait dommage de résumer ses œuvres, à cette seule idée, partiellement fausse d'ailleurs.
Tout d'abord, le passé de Clark en tant que photographe se ressent dans chaque scène.
Les plans sont léchés et les couleurs ressortent idéalement grâce à un magnifique contraste. Ensuite, il filme de façon quasi documentaire sans jamais avoir à faire à des effets de caméra.
Par exemple, le film ne possède aucun ralenti! Et c'est ce style quasi particulier, qui ancre le film dans une réalité palpable à tout moment. Notamment, lorsque les armes à feu se déchargent à l'écran.
Ca tombe bien que j'ai regardé "Destination Graceland" juste avant pour pouvoir comparer un film à la violence spectacle assumée et un autre beaucoup moins impressionnant mais paradoxalement plus choquant.
Car, ici, les balles ne fusent pas dans tous les sens lors de fusillades endiablées avec maints effets sonores à la clé ; chaque tir est mortel et le fait d'utiliser la caméra à l'épaule nous remue les tripes. Il n'y a qu'à voir la scène où Mel bute un couple froidement pour comprendre ce que je dis...
Quant aux scènes, soit disant porno, elles sont présentes mais jamais gratuites. Si deux personnages font l'amour, c'est que la scène est importante dans leur relation. Que les images soient crues, c'est une chose mais le film est aux antipodes de ce que peut proposer un "American Pie" en termes de crédibilité sexuelle. Car, chez Clark, ces scènes représentent une partie de la vie et ne pas les montrer serait de l'hypocrisie pure et simple.
Il faut ajouter aussi qu'à l'aide d'une photographie magnifique ses scènes n'ont rien à voir à celles d'un vrai porno.Que celui qui trouve celles de "Ken Park" excitantes aille consulter un psy sans attendre!

Mais Larry Clark est aussi un excellent directeur d'acteur. Il les pousse véritablement à bout pour obtenir d'eux des performances incroyables.
Mélanie Griffith est transfigurée dans ce rôle de junkie qui manie le fusil à pompe tel Patricia Arquette dans "True Romance". Les deux adolescents sont incroyables, tant Vincent Kartheiser, entraîné malgré lui dans cette descente aux enfers, que Natasha Gresson Wagner, vraiment mignonne dans son rôle de séductrice coquine qui essaietant bien que mal de suivre Bobbie mais qui se rend compte qu'elle ne tiendra pas le coup.
Mais celui qui crève l'écran, c'est bien sûr James Wood.
Habitué aux rôles à double facette : le traître de "Il était une fois en Amérique" ou le flic porté sur le sexe de "Cop", il réalise ici une performance époustouflante qui fait que malgré ses excès de colère, son intérêt pour la bouteille et son caractère parfois pervers (la boîte gay), son personnage reste toujours attachant.
Au passage, j'ai apprécié la présence (bien que fugace) de Peter Saasgard; l'excellent acteur de "Jarhead" et "Garden State".
Les dialogues sont aussi très travaillés, notamment quand ils remettent en question les personnages. "Tu joues les durs avec Mel, mais quand il s'agit de prendre des responsabilités tu redeviens un garçon immature!" dixit Rosie à Bobbie lorsque elle lui apprend qu'elle veut garder le bébé.
Ils sont aussi crus que les images : j’ai noté un nombre incommensurable de "…fucking…" et appellent une chatte une chatte (du moins pour la VO) mais c'est ce qui leur donnent ce côté quasi improvisé. Bref, ça sonne vrai!
Pour finir, la bande son est composée de tubes rock et pop assez calmes qui donnent au film une impression de légèreté, comme si l'on planait nous aussi sous l'emprise d'une substance hallucinogène…
Bien que parfois comique, lorsqu'un prêtre s'établit comme vendeur d'armes (la religion comme self défense!^^), le film est souvent difficile à supporter. L'existence désespérément vide des personnages (rappelée par l'écran de télé qui grésille) est en effet marquée par des séquences brèves mais marquantes.
Un film coup de poing qui secoue l'estomac et met parfois mal à l'aise mais dirigé d'une main de maître par un orfèvre du cinéma indépendant qui ne recule devant rien. Le film n'est pas destiné à tous les publics.
Pour ma part, élevé au film d'action qui se finit indubitablement par une fusillade rédemptrice, j'ai été surpris (et un peu déçu) par la fin. Mais bon, c'est juste ma façon de voir les choses qui influe sur la note.
Drame pessimiste de très grande qualité, porté par des acteurs convaincants, le film mérite vraiment le coup d'œil. Si vous êtes assez matures pour voir ses films, Larry Clark est un cinéaste que vous auriez tort de bouder!
Au passage, le film a reçu le grand prix au festival du film policier Cognac, en 1999.
Note:**

Destination Graceland


Parfois, je farfouille dans des boutiques de DVD et je tombe sur des films dont je n'ai jamais entendu parlé mais dont le casting m'interpelle. Par exemple, "Mad Dog and Glory" avec Bill Murray, Uma Thurman et Robert de Niro ou encore un film de Sydney Lumet avec pas moins que Dustin Hoffman, Sean Connery et Matthew Broderick devant la caméra.

Malheureusement, ces films s'avèrent souvent décevants, sacrifiant le scénario et la réalisation aux acteurs eux-mêmes.

C'est donc sans grandes espérances que j'achète ce "Destination Graceland". Un face à face entre Kurt Russell et Kevin Kostner, ça ne se refuse pas comme ça!
Quand en plus, Christian Slater (un acteur que j'apprécie beaucoup qui a joué dans des films d'action musclés :"Broken Arrow", des comédies noires : "Very Bad Things", ou des policiers décalés : "True Romance") et Courteney Cox, révélée par "Scream" et la série adulée : "Friends", jouent les seconds couteaux, on se dit que l'aventure mérite le coup d'œil!


Murphy (Costner), ex taulard et fan d'Elvis monte un braquage de casino avec son compagnon de cellule Michael (Russell) et 3 autres truands. Mais le casse vire au carnage et les gangsters n'ont plus l'intention de se partager le magot. Une course poursuite sanglante s'engage alors entre les anciens complices.

Le générique, où l'on assiste à un combat de scorpions en image de synthèse, monté avec les pieds me fait augurer du pire. Néanmoins, il me rappelle celui de "Doberman" de Ian Kounen, film d'action violent ultra stylisé, ce qui me laisse plus dans l'expectative que dans le rejet direct du film.

120 minutes plus tard, je me dis que j'ai bien fait. Le film est loin d'être un chef d'œuvre, personne ne dira le contraire, pourtant il tient la route.

Le réalisateur Demian Lichtenstein, pour ma part inconnu au bataillon, est énormément influencé par ses aînés. Oliver Stone d'une part chez qui il emprunte les couleurs flashy et les angles de caméra biscornus (qu'on retrouve dans "Tueurs Nés") et Tony Scott, dont il récupère le montage haché et les effets de caméra fulgurants (cf "Domino").

Son film est une comédie d'action pour adultes (interdite aux moins de 16 ans) comme je les aime ; qui enchaîne fusillades spectaculaires, personnages déjantés mais savoureux, et répliques teintées de sous entendus graveleux.

Malgré une disparition plus que rapide de la moitié du casting dont Christian Slater, qui ne faisait que passer, le trio de tête "Russell/Costner/Cox" assure le spectacle.

Face à un Kevin Costner, psychopathe sadique et violent, parfaitement à l'aise dans ce rôle à contre courant de ses habitudes (jouer le méchant, en gros^^), Kurt Russell fait ce qu'il sait faire de mieux : l'armoire à glace au grand cœur. Acteur fétiche de John Carpenter, Kurt Russell m'a toujours convaincu dans ses rôles : colonel suicidaire dans "Stargate" ou mari désemparé dans "Breakdown", il ne réduit jamais son jeu à son seul physique et parvient à rester crédible tout en déployant un humour au second degré dont il a le secret…

Quant à Couteney Cox, c'est une vraie pile électrique sur pattes. Elle joue l'hystérique paumée et amoureuse malgré elle avec un plaisir évident. Sans oublier de filer compagnie aux gros durs avec le fric quand ça l'arrange.

Le scénario, plutôt simpliste au départ, se complexifie rapidement et fait intervenir la palette de personnages secondaires indispensable au genre de la comédie policière. Murphy s'entiche donc d'une pouf durant son périple et Michael doit se coltiner Cox et son fils, pour le moins débrouillard mais véritable graine de AAA (Against All Authority^^).

Puis viennent les inévitables flics (dont un qui se la joue cow boy, ce qui donne une séquence de duel assez surréaliste…) et les sbires du méchant (avec une apparition de Ice T, véritable machine à tuer!)

Bien qu'un peu longuet parfois, le film enchaîne les retournements de situation, ce qui permet de ne jamais se lasser. Enfin, malgré un petit budget évident (le reste est passé dans le cachet des acteurs), le réalisateur se débrouille pour ne pas donner dans le déjà vu et la facilité, notamment en choisissant bien ses plans et en utilisant en montage travaillé.

Le film est particulièrement violent mais inhibé par son côté feu d'artifice permanent :
Des couleurs que ne renierait pas Baz Lhurman ("Romeo + Juliette"), des fusillades, qui empruntent autant à John Woo qu'à Tarantino, qui abusent des ralentis et où les victimes sont projetées sur plusieurs mètres, des explosions filmées sous quinze angles différents et des répliques cinglantes bourrées de noms d'oiseaux en tous genres

De la violence gratuite, oui, mais sans autre prétention que de divertir. La non crédibilité du film est totalement assumée comme lorsque deux balles se croisent lors d'un duel ou quand Costner dézingue de la voiture de flic à la mitrailleuse façon "Terminator 2".

Et même si le tempo ralentit lorsqu'un personnage important meurt (la musique s'efface et le son se fait lointain), la bande son décoiffe! Mélange de rap US de bonne qualité (pas la soupe qu'on nous balance sur les ondes), de métal bourrin et de chansons d'Elvis Presley (!), la musique apporte un punch non négligeable au film.

Bref, ce qui aurait pu donner un patchwork sans consistance, se révèle finalement agréable à l'écran. C'est donc plutôt une bonne surprise de voir que la présence des acteurs n'empêche pas le réalisateur de travailler l'esthétique de son film. En d'autres mains, il aurait pu tomber plus bas…

Note:**

Shrek 2


Il était une fois, il n' y a pas fort longtemps, au pays des sociétés de films d'animation 3D, vivait le roi Pixar. C'était la société la plus rentable. Son talent était tel qu'il réussissait là où ses potentiels concurrents s'y cassaient les dents. Nul ne lui arrivait à la cheville.
Mais un beau jour, surgie d'on ne sait où, une petite société du nom de Dreamworks allait changer la donne.
Loin de bouleverser les codes du film d'animation, elle allait en revanche s'attaquer à la racine même de Pixar. Car Pixar était possédé par Disney, qui s'était fait un nom en adaptant des contes pour enfants.
C'est alors qu'un scénariste de génie décide de remettre ces contes au goût du jour mais en les tournant en dérision. Aussitôt dit, aussitôt fait, Dreamworks s'attelle à la tâche et façonne ce qui deviendra l'égérie du studio : un ogre vert et pétomane de surcroît…
Loin de toucher à sa fin, le règne des personnages de Pixar allait désormais devoir se partager avec celui de Shrek.
Car le film est un carton planétaire et permettra même aux scénaristes-en panne d'inspiration- de lancer la mode du conte de fées revisité : ("la véritable histoire du petit chaperon rouge", "le vilain petit canard et moi"…).
Quoi de plus naturel alors qu'un "Shrek 2" débarque sur nos écrans?
C'est peu dire que le film était attendu avec impatience mais après avoir parodié autant de contes dans le premier on pouvait craindre à un "on prend les mêmes et on recommence".
Et c'est une excellente surprise de voir que le film ne se contente pas de parodier les contes une fois de plus mais se permet des reprises savoureuses des grands films Hollywoodiens.
Grosse parodie qui tache ou simple clin d'œil, les scénaristes s'en sont donnés à cœur joie.
En vrac, on reconnaît "Le seigneur des anneaux", "Spiderman", "La petite sirène", 'les Blues Brothers", "King Kong", "Garfield", "Peter Pan", "Zorro", "Cendrillon", "Hansel et Gretel", "Pinocchio", "Mission Impossible", "les 3 petits cochons" … Un rêve pour tout cinéphile!
Alors le film ne serait qu'une banale compil de détournements sans véritable lien scénaristique?
Eh bien non! Il peut même se targuer de non seulement posséder un excellent scénario, riche en rebondissements et aux personnages travaillés mais en plus de nous faire passer du rire aux larmes (bon les larmes, faut pas exagérer non plus^^) avec une grande facilité (la scène du repas avec les parents reste le meilleur exemple) sans avoir recours à des artifices et des grincements de violons.
Cela est dû à des personnages attachants et plus complexes qu'ils n'y paraissent.
Chacun à sa personnalité et se révèle parfaitement crédible dans ses actes et ses agissements.
Sans oublier une direction artistique de la plus haute qualité.
Visuellement, le film est de toute beauté; les couleurs chatoyantes flattent la rétine et la fluidité est impeccable.
Mais le côté sonore n'est pas en reste non plus…
Tout comme le premier "Shrek", le film possède une bande son très riche et entraînante. Et même si les chansons n'atteignent pas le niveau de "All Stars", "I'm a believer" et "Bad Reputation" (pour ne citer que celles là) que l'on trouvait dans le 1, celle de la poursuite dans la fabrique de potions et "I need a hero" mettent l'ambiance!
De même, on a plaisir à retrouver la magnifique symphonie enregistrée pour le premier.
On doit cette partition, digne d'un vrai film d'aventure, à Harry Gregson Williams qui avait œuvré sur l'inoubliable musique du jeu vidéo "Metal Gear Solid" et plus récemment sur celle toute aussi réussie de "Sinbad, la légende des 7 mers".
Enfin, le film ne serait pas ce qu'il est sans son doublage impeccable.
Que ce soit en VO ou en VF, les acteurs ont accompli un travail formidable.
Ne tergiversons pas des heures, "Shrek 2" est une petite merveille de l'animation portée par un humour iconoclaste et irrévérencieux qui ne tombe jamais à plat (et la chose est suffisamment rare pour être signalée!), des comédiens en osmose totale avec leur représentation à l'écran et un scénario qui malgré son univers féerique, ne sombre jamais dans les enfantillages et la facilité.
Note:***