vendredi 5 décembre 2008

Tomb Raider 2 : le berceau de la vie





Tomb Raider 2, c'est deux choses.

1 C'est l'adaptation d'un des jeux vidéo les plus connus au monde
2 C'est une suite.

Acclamé par la presse et le public, le jeu vidéo Tomb Raider a révolutionné le genre en proposant un gameplay orienté à la fois action, plateforme et énigmes complexes.
Le tout dans des environnements grandioses influencés par les cultures anciennes et la mythologie.

En imposant une héroine à l'époque où le jeu video était gouverné par la testostèrone (Duke Nukem en tête), Toby Gard ne s'attendait pas à créer le tas de pixels qui deviendrait la star virtuelle la plus sexy de la planète : Lara Croft!

Mais après plus de 7 épisodes, la série a commencé à tourner en rond.
Niveaux labyrinthiques, ennemis dont le QI ne dépassait pas celui d'une paire de charentaises, scénario pretexte, énigmes à s'arracher à les cheveux par manque d'indices et surtout bugs en pagaille ; les aventures de la belle aventurière commençaient à sentir le réchauffé.

Mais malgré le déclin de la série, le potentiel charisme de notre Indiana Jones en jupettes ne faiblissait pas d'un pouce. Elle restait la chouchoute aux yeux du public.
C'est alors que des producteurs alléchés eurent l'idée d'exploiter le personnage.
On a donc vu Lara conduire une Seat à la télé, sortir un album, s'afficher sur une marque de vêtements, posséder son propre comic book et poser plus ou moins habillée sur une floppée de sites internet.

Quoi de plus naturel que quelqu'un ait l'idée de la représenter sur grand écran.
Mais attention, le public n'acceptera pas n'importe quelle greluche pour incarner son idôle.

Après maintes recherches, les studios mettent la main sur une actrice quasi inconnnue du grand public : la bien nommée Angelina Jolie.
Athlétique, acrobate, casse cou, charmante et charmeuse, elle est la parfaite incarnation de Lara Croft!

Même si le premier film n'est pas et n'a pas eu le succès espéré, il a littéralement lancé la carrière de l'actrice. Elle est aujourd'hui une des plus en vue à Hollywood et fait le bonheur de la presse people, mais passons.

Le public réclame une suite? On va lui en donner une!
Définition d'une suite à Hollywood : PLUS!
Plus d'action, plus d'effets spéciaux, plus de décors et en plus gros, plus d'acteurs connus et de cascades incroyables. Plus d'histoire des personnages, plus d'émotions, plus d'amour, plus de... Bon vous avez compris c'est le principe de la surenchère.

Certains y arrivent très bien (Terminator 2, L'empire contre attaque, Evil Dead 2, Le Parrain 2...) mais en général une suite c'est synonyme de baisse de qualité.

Le film est réalisé par Jan de Bont. Je ne redirai pas ce que j'ai écrit pour Black Rain. S'il n'y avait pas eu Speed, de Bont n'aurait jamais fait un seul bon film! Et quand on voit comment il s'en sort avec celui là, c'est à se demander si c'était bien lui derrière la caméra de Speed.

La photographie du film n'apporte strictement rien dans la plupart des scènes et les cadrages oscillent entre le pas terrible et le mauvais.
Argh arrêtez d'utiliser des ralentis aussi moches!

Ce qui m'a surpris en voyant le film, c'est le montage.
Pas aussi épileptique que la plupart des blockbusters récents, le choix des plans fait qu'on ne voit quasiment jamais rien de ce qui se passe à l'écran.
La scène de la fusillade où Lara est accrochée à une enseigne devrait être enseignée dans les écoles pour montrer ce qu'il ne faut pas faire. Rarement une séquence d'action aura été aussi décevante. Les décors, souvent magnifiques, ne sont jamais mis en valeur comme il faudrait à cause de cardrages approximatifs et souvent penchés inutilement.

Le plus hallucinant c'est que j'apprend que le monteur n'est autre que Michael Khan!
Et là je dis : « que-quoi-que c'est-que qu'est ce qui se passe-que c'est pas possible!! » (et sans respirer).
Parce que Michael Khan est le monteur de Spielberg depuis un bon bout de temps et que sa maîtrise du montage est mondialement reconnue. Alors trois possibilités : ou le monteur possède juste un nom identique ou de Bont a vraiment foiré ses directions de montage ou alors les producteurs ont décidé de remonter le film après coup.
Quoi qu'il en soit chaque scène d'action est pire que la précente...

L'utilisation de la musique est aussi très particulière. Silvestri a encore une fois composé un thème pricipal magnifique qui sent bon la grande aventure (la musique rappelle celle du Retour de la Momie) mais de Bont ne l'emploie pas à bon escient. Alors que Lara dégomme des cibles perchée sur un cheval, on entend du métal (une musique plus douce aurait été du meilleur effet).

Le plan incroyable où la caméra plonge depuis l'espace jusqu'à arriver à la hauteur de la muraille de Chine où Lara roule à moto aurait pu donner des frissons avec une belle musique épique en fond mais on entend juste le bruit du moteur. Enfin, quant à la scène en Chine citée plus haut, la musique reste désespéremment plate alors que l'action bat son plein.
La musique est donc aussi belle que mal exploitée.

De Bont a consacré son film autour d'Angelina (son personnage et son corps).
Fantasme masculin par excellence, l'actrice est filmée sous toutes les coutures.
Pas de vraie scène de nudité mais quand elle sort de l'eau en maillot de bain, Ursula Andress (James Bond contre Dr No) peut aller se rhabiller!

Par rapport à son personnage, les scénaristes ont décidé de lui inventer un vieil amour qui refait surface en la personne de Gerard Butler (« This is Spartaaaaaaa! »). Malheureusement, l'alchimie entre les acteurs ne fonctionne pas si bien que ça et en dehors d'une ou deux scènes, leur histoire est totalement inutile.
Excepté Djimon Honsou dans un petit rôle, les autres acteurs sont transparents.

La mise en scène est partagée entre le «  bonne idée mais visuellement mal exploitée » et le «  pas mal! Mais ça sert à rien ». Autrement dit, les meilleures scènes, visuellement parlant, sont souvent gratuites et les séquences importantes sont soit fades soit mal montées.

Angelina se démène pour donner du charisme à son personnage mais la réalisation gâche constamment le plaisir. Quand un film dure deux heures et qu'on regarde déjà sa montre au bout de 30 minutes, c'est mal parti.
Au final, le film n'est pas complètement mauvais et se laisse regarder, mais sans jamais susciter d'enthousiasme.


A garder : la plastique parfaite d'Angelina Jolie, la scène où Lara se défend en imitant un garde de Buckingham Palace, la musique et deux ou trois décors.

Le premier film était sympa mais sans plus, celui là est juste sans plus.

Note : *

La mouche




En ce moment à Bordeaux, on passe des films en rapport avec la science et la technologie.
Ca me donne l'occasion de revoir des grands classiques dans une salle de cinéma!

Adaptation d'un classique de l'horreur des années 50 ,« la mouche noire », La mouche est le film le plus connu de Cronenberg.

L'histoire d'un scientifique qui, à la suite d'une expérience malencontreuse, se transforme peu à peu en une créature horrible aurait pu donner un film de série B où la créature s'échappe, attaque et dévore des adolescents stéréotypés.
Avec Cronenberg, c'est le total opposé.

Le fim se concentre sur ses 3 personnages principaux et leurs relations(ambigues).
Loin d'être stéréotypés, ils évoluent constamment.
Seth Brundle n'est pas un savant fou comme on se les imagine. Il est loufoque mais timide et surtout il est doué d'un grand sens de l'humour (« Cheeseburger! » ).
On s'attache vraiment à lui.

Lors d'une interview pour son film Independance Day, Roland Emmerich disait de Jeff Goldblum qu'il était idéal pour interpréter un scientifique car il avait le don de rendre simpliste les équations les plus compliquées.
Effectivement malgré le fort potentiel « prise de tête scientifique » du film (on y parle de téléportation, de données informatiques, de bases ADN, de reconstruction moléculaire...), Goldblum ne nous perd jamais dans des explications foireuses à bases de calculs niveau prépa et de schémas-labyrinthes...
Avec lui la fusion moléculaire devient aussi simple que sucrer son café !

Face à lui, pas n'importe quelle bimbo ecervelée.
Geena Davis est une habituée des rôles complexes (Beetlejuice, Thelma et Louise, Au revoir à jamais). Elle rend son personnage parfaitement crédible.

La crédibilité est justement la grande force du film.

Il faut reconnaître que le film a vielli mais 20 après certains effets spéciaux font toujours autant sensation.

Mais c'est autant les effets eux mêmes que leur utilisation qui est impressionante. Cronenberg connait son boulot et ne cherche pas à nous étouffer en accumulant les scènes, choc mais gratuites.

Méthodique et minucieux, il prend le temps d'installer le suspense.
Chaque transformation est dévoilée au compte goutte pour un maximum d'efficacité jusqu'à la scène finale qui n'a pas fini de nous hanter!
On croyait avoir tout vu mais Cronenberg sait nous prendre par surprise en ne cédant jamais à la surenchère.

Il s'amuse même avec nous en nous faisant croire qu'il va y céder justement lors de la scène de l'avortement : la musique se fait tonitruante, la caméra est braquée sur les regards effrayés des medecins avant le plan final peu ragoûtant mais attendu.
Hors, fausse alerte il ne s'agit que d'un rêve.
La réalité (le cauchemar!) se révèlera bien plus monstrueuse.



La mise en scène est très inspirée et certains plans sont tout simplements parfaits (la scène chez le gyneco/ joué par Cronenberg justement, la découverte de la nouvelle musculature de Brundle et sa faculté de se déplacer sur les murs).


La photographie très froide met rapidement mal à l'aise et on savoure les rares environnements aux couleurs chaudes (le Mcdo). Quant à la musique, elle est grandiose.
Avant d'être triplement oscarisé pour son travail sur la trilogie de Peter Jackson, Howard Shore affirmait déjà depuis longtemps son talent chez Cronemberg.

Mais ce qui me marque c'est la qualité du maquillage (oscarisé!).
Les transformations successives de Brundle donnent lieu à des effets à la limite de l'écoeurement! Mais le maquillage n'est rien sans l'acteur qui le porte.
En 1986, Goldblum n'avait fait que des petits rôles (Silverado) et il était prêt à tout pour se faire connaître.
Pas de problème donc à supporter 6h de maquillage par jour pour le tournage...
Et pourtant, métamorphosé, défiguré à l'extrême, enseveli sous des tonnes de latex, l'acteur reste toujours aussi crédible!



Comme souvent chez Cronenberg, chaque plan compte. On entre dans le vif du sujet et on arrête quand il faut. Pas de longue introduction, pas d'épilogue.

Jusque dans son dénouement le film échappe aux poncifs et aux clichés. Evidemment le monstre meurt mais la fin est tragique. On est loin de la happy end conventionnelle.


Appartenant à la fois au genre de la science fiction et du film d'horreur, la mouche est incontournable...
Un film culte qui révéla de grands acteurs et un immense réalisateur.

Note : ***

Bonjour les vacances



La famille Griswold au grand complet prend place dans sa nouvelle auto et quitte Chicago pour des vacances très attendues. Malheureusement, malgré le soin minutieux avec lequel Clark, le chef de famille, croit avoir préparé leur périple, ils vont de catastrophe en déception.


L'histoire classique de la famille américaine qui part en voyage en voiture pour passer du bon temps.
Evidemment, rien ne va se dérouler comme prévu et les catastrophes vont se succéder.

Le scénario signé John Hugues (Un ticket pour 2, la folle journée de Ferris Bueller) fait la part belle aux relations entre les personnages.
Le père profite de ses bourdes pour parler à son fils et la belle famille va rencontrer des personnages plus délirants les uns que les autres.

Comme toujours avec lui, le chemin parcouru est plus important que le but désiré.
Le voyage se fera forcément initiatique.

Les situations sont cocasses mais trop souvent prévisibles.
On est quand même loin des comédies familliales aseptisées.
Les « fuck » abondent, la fille fume de l'herbe, le fils lit des livres pornos et les allusisons sexuelles sont nombreuses.
Ramis n'hésite pas à montrer une paire de seins à l'écran quand c'est nécessaire (sans pour autant que ce soit gratuit!).

La mise en scène oscille entre assez lourde (le gag des sandwich, le policier qui parle de son chien...) et suffisamment travaillée (belle photographie, plans impressionnants des grands huit, joli décollage de la voiture...).


Les acteurs en font parfois un peu trop. Ils grimacent souvent quand un jeu plus subtil aurait été plus adapté. On a parfois l'impression de regarder une série télé...

Inférieur à ses autres films (Un jour sans fin, mes doubles, ma femme et moi, Ice Harvest), Harold Ramis signe une comédie assez classique ( mais assez osée) mais qui remplit son quota de rires et de bonne humeur.

Note : **

Un monde fou, fou, fou



Un film des années 60 que j'ai découvert dans mon enfance.
Il est quasiment impossible à trouver en DVD.

Nominé 6 fois aux oscars, il mérite absolument d'être redécouvert

Sur une route en plein coeur du désert, 8 automobilistes se voient confier l'emplacement d'une fortune par un mystérieux étranger. Celui qui arrivera le premier sur les lieux empochera le magot!

Homme ou femme, flambeur de Las Vegas ou dentiste en lune de miel, collectionneur de cactus ou flic intègre, une chose est sûre l'argent n'a peut être pas d'odeur mais il ne laisse personne indifférent.
La petite dizaine de personnages loufoques et hauts en couleur du départ atteindra vite la quinzaine.

Cette joyeuse bande de chercheurs de trésor inprovisés va passer son temps à se mettre des bâtons dans les roues avec une bonne humeur communicative.

Le film multiplie les courses poursuites sur terre, dans l'eau ou dans les airs.
Les cascades altèrent le décor d'une manière surprenante. La scène entre le camionneur et les deux garagistes est un modèle du genre.

Techniquement, Stanley Kramer maîtrise son film de bout en bout.

Avec souvent plus de 10 acteurs à la fois dans le même plan, il serait facile de ne plus distinguer qui dit ou fait quoi. Heureusement, les cadrages sont inspirés et les plans séquences ne perdent pas une miette des dialogues truculents.

Le montage est vraiment excellent. Bien qu'on se rende compte que les acteurs sont souvent filmés à l'intérieur d'une fausse voiture devant une route qui défile. La succession des faux plans avec les vrais plans en extérieur nous plonge en plein coeur des poursuites et nous font croire que les acteurs sont bel et bien dans la course.

Les effets sonores, récompensés par un oscar, sont justes parfaits et la musique aussi barge que les personnages vous restera longtemps dans la tête.

Kramer a rassemblé les acteurs comiques les plus connus de l'époque.
Chaque personnage est burlesque à souhait et même les plus petits rôles sont tenus par des stars (Buster Keaton, les 3 Stooges...)
Les petits excentriques, les autoritaires , les maniérés , le dépressif, les ordures..chacun aura sa petite préférence.

Sur près de 2h30, le film surprend de bout en bout avec ses rebondissements ingénieux et son action débridée.
Les critiques de l'époque sont unanimes.
Un monde fou, fou, fou est une des comédies les plus délirantes jamais réalisée.

Hilarante, chaotique, explosive et surtout totalement débile, la comédie de Stanley Kramer possède tout ce que son titre suggère.

Note : ****

The Arrival




Au fin fond du désert californien, le savant Zane Zaminski scrute le ciel à la recherche de la preuve d'une existence extraterrestre. Il enregistre un mystérieux signal et son enquête le conduit au Mexique.

D'abord un peu d'histoire...

David Twohy, c'est un peu le Robert Rodriguez de la science fiction.
Il est spécialisé dans les films à petit budget dont il tire le maximum.
Il connait la consécration avec Pitch Black. Bon film de SF avec la, pas encore, star du film d'action : Vin Diesel.
Le film est passé quasi innaperçu lors de sa sortie en salle mais à cartonné en DVD, propulsant Twohy dans les rangs très fermés des réalisateurs les plus convoités.

Fier de son premier succès, Twohy voit grand et décide de s'atteler au second volet de Pitch Black : les Chroniques de Riddick.
Son seul film à gros budget sera son dernier. Loin d'être mauvais, le film a pourtant été boudé au box office reléguant Twohy dans les limbes des réalisateurs déchus.

C'est vraiment dommage quand on voit ce qu'il arrive à faire avec un budget réduit...


Voilà pour le réalisateur, l'acteur maintenant.

On connait surtout Charlie Sheen pour son rôle parodique dans les cultissimes Hot Shots ou encore le séducteur manipulateur de la série « Mon oncle Charlie » mais on oublie qu'il a aussi eu des rôles plus sérieux (Wall Street, Platoon).
Sheen est donc un acteur doué, charismatique et capable de changer facilement de registre.
Comme Twohy, il a disparu des écrans depuis un moment déjà. Et encore une fois je trouve que c'est dommage.
En plus d'être un de mes acteurs favoris, Charlie Sheen est un excellent comédien sous estimé.

Pour son rôle dans le film, il m'a littéralement bluffé.

Déjà physiquement, il est méconnaissable.
On est loin de la transformation de Charlize Theron dans Monster mais il est malgré tout difficile de reconnaître l'interprète de Topper Harley derrière ses grosses lunettes de savant, sa barbiche et sa coupe au carré.

Je ne l'attendait pas dans un rôle à contre courant mais je dois admettre que sa performance est brillante.
Pas une seconde, on trouve qu'il joue faux ou qu'il en fait trop.
Il réussit à trouver le ton parfait pour son personnage et réussit, dès les premières secondes, à nous faire oublier ses anciens rôles (qui avouons le, lui collent à la peau).
Après visionnage du film, je ne pense pas que son personnage aurait pu être mieux joué.




Rodriguez arrivait à faire croire qu'il avait tourné El Mariachi avec un budget de plusieurs millions alors qu'il n'avait que 7 000dollars!
Conscient du budget limité dont il dispose, Twohy soigne la réalisation et fait en sorte que le moindre centime se voit à l'écran. La photographie tout comme les cadrages sont magnifiques.
Excepté une ou deux fois, on ne ressent jamais le manque d'argent durant le film.
Si les effets spéciaux ne sont pas parfaits, leur utilisation consciencieuse est irréprochable et les décors sont utilisés de manière particulièrement convaincante.

Twohy utilise énormément de plans rapprochés, si bien qu'on voit rarement ce qui se passe autour des acteurs. L'imagination du spectateur est constamment sollicitée. On a peur de ce qu'on connait mais que l'on ne voit pas. La scène du scorpion en est le parfait exemple.

En revanche, ses plans larges sont toujours adéquats quand il s'agit de représenter le spectaculaire.
A ce propos, le travelling arrière de l' Antarctique jusqu'à l'espace est juste incroyable et le final satisfait toutes les attentes en matière de visuel.


Je crois que c'est Hitchcock qui disait : « si on a un bon scénario, on a un bon film ».
Le scénario est écrit par Twohy lui même.

Le film parle d'une invasion extraterrestre et à ce propos il y a une réplique que j'aime beaucoup dans The Faculty (de Rodrigez, justement) : Si les extraterrestres envahissaient la Terre, tu penses qu'ils détruiraient tout comme dans Independence Day ou qu'ils passeraient par la porte de derrière ?»
Quand on y réfléchit, ce serait plus crédible qu'ils se mêlent à la population plutôt que de tout faire sauter...

Les extraterrestres qui prennent forme humaine sont légions au cinéma (The Hidden, The Thing, The Faculty, Men In Black...). L'enveloppe humaine a ceci de pratique, c'est qu'elle passe innaperçu...et accessoirement elle engendre une véritable paranoïa.

C'est sur cette peur de l'autre que va jouer Twohy.
Passé maître dans le suspense angoissant, il prouve une fois de plus qu'il peut nous faire mordre les accoudoirs en minimisant les effets à l'écran. . Un simple clignement d'oeil et c'est tout notre imaginaire qui s'agite! L'intensité des situations n'en est qu'accrue.
Jusqu' à la fin, il est impossible de deviner qui est vraiment ce qu'il semble être.

Twohy inscrit son film dans une lignée réaliste où les données scientifiques sont aussi importantes que les émotions humaines. Il joue sur les deux avec brio.
On y parle de fréquences sonores, d'onde radio et de Terraforming (pour ceux qui ne connaissent pas l'expression, lisez Ray Bradbury ou regardez Total Recall).
Les personnages sont étonnament crédibles, leur sentiments et leurs attitudes ne paraissent pas téléphonés et les dialogues sont parmi les meilleurs que j'ai pu apprécier depuis longtemps dans ce genre de production.

Je persiste à dire que Twohy reste l'un des réalisateurs les plus talentueux de sa génération.
Loin des gros budget hollywoodiens sur le thème de l'invasion extraterrestre, il livre un film spectaculaire mais sans esbrouffe, au suspense accablant et brillament interprété.
Une série B à petit budget mais un grand film de science fiction!

Note : ***

samedi 29 novembre 2008

20 000 lieus sous les mers



En 1868, plusieurs bateaux sont coulés par un monstre mystérieux, selon les témoignages de quelques rescapés, et les marins refusent maintenant d'embarquer. Bloqués à San Francisco, le professeur Arronax, spécialiste de la faune sous-marine, et son fidèle Conseil acceptent de participer à la mission d'enquête de l'armée américaine. Ils embarquent à bord du « Lincoln » en compagnie de Ned Land, un harponneur, afin d'élucider les mystérieuses disparitions et éventuellement tuer le monstre.

De la grande aventure avec des attaques de cannibales, des batailles de navires, des îles tropicales et des monstres marins. Sur le papier ça sonne bien. Normal, il s'agit de l'adaptation du célèbre livre de Jules Verne!

En revanche à l'écran, c'est moins bien...

D'abord la mise en scène de Richard Fleisher est très plate. Comparés à ses autres films (notamment Les Vikings), les plans sont rarement inspirés.
La caméra bouge rarement ce qui donne parfois l'impression de regarder un vieux téléfilm.
La musique de Paul Smith est beaucoup trop théâtrale est souligne rarement l'action comme il faudrait.

Lors des scènes d'action le montage est tel que les acteurs et le danger ne sont jamais dans le même plan!
Lors de la séquence où le requin attaque, seul un plan nous permet de le voir avec les scaphandriers (des cascadeurs vus de dos...) et quant à la scène des cannibales, Kirk Douglas et les indigènes ne sont jamais sur la même image...
Comment, dans ce cas, nous demander d'avoir peur pour les héros?

Passons aux acteurs maintenant.
James Mason joue un capitaine Nemo solitaire et torturé mais libre et au dessus des lois.
Pourtant hormis la scène du repas, on retrouve rarement cette fougue que l'acteur sait transmettre à ses personnages. Loin de l'interprétation enthousiasmante du professeur Lidenbrook dans Voyage au centre de la Terre (du même Jules Verne), il incarne un Nemo plus dépressif que passionné.

Peter Lorre joue un second rôle crispant de maniérisme.
Quant à Kirk Douglas, il incarne le personnage que le spectateur est censé apprécier pour s'identifier à lui.
Dès le départ où il se promène fièrement avec une femme à chaque bras et commence à faire le beau parleur dans la foule, il n'est pas très engageant.
Par la suite, il joue le parfait imbécile avec un manque total de savoir vivre. On est bien loin du fier Spartacus!

Sincèrement, le personnage que j'ai le plus apprécié de tout le film c'est Esméralda, l'otarie....

J'ai eu le regret de ne pouvoir voir le film qu'en version française et elle est désatreuse! Les dialogues vont de banal à insipides.
Les acteurs parlent souvent pour expliquer ce que l'on voit déjà à l'écran.
Bref, on regrette parfois le temps du muet.

En revanche, s'il y a bien une chose que le film a de réussi, c'est les effets spéciaux. 2 oscars, un pour les décors, un pour les effets eux mêmes.

Les décors d'abord c'est surtout le Nautilus. Le fameux sous marin de Nemo fut construit en grandeur nature (60 m de long sur 6 mètres de large).
L'intérieur est bardé d'engrenages et de passerelles métalliques mais aussi de somptueuses pièces de décoration.
C'est vraiment un enchantement que de voir l'énorme iris central s'entrouvrir pour laisser apparaître la faune sous marine.

Vu de l'extérieur, le Nautilus ressemble à un crustacé géant avec une carapace mais il faut voir les scènes où, lancé à toute vitesse à la surface de l'eau, il se jette contre un navire pour le faire exploser. L'avant est alors illuminé par une lueur spectrale qui lui donne l'air de venir d'un autre monde.
On a réellement l'impression qu'il s'agit d'un monstre des profondeurs sorti tout droit des récits d'un vieux marin.

En parlant de monstre marin, le film est célèbre pour la fameuse scène de l'attaque de la pieuvre géante.
C'est le spécialiste des effets spéciaux Ub Iwerks (on lui doit les scènes d'animation de Mary Poppins) qui dirigea l'animation de la pieuvre.
Elle fut entièrement constituée de caoutchouc monté sur des armatures d'acier à ressorts.

C'est incroyable, dès la seconde où elle apparaît à l'écran, le film change brutalement de style.
La mise en scène devient incroyablement prenante et la musique à elle seule rend la scène terrifiante.
Constamment filmée sous une pluie torrentielle, on subit un sentiment de claustrophobie puissant.
Le simple fait de voir une des tentacules pénétrer dans le sous marin accentue l'impression de n'être à l'abri nulle part.
Malgré son âge, la réalisation amène la scène au firmament des meilleures séquences où l'humain est confronté à un monstre géant.

Les quelques minutes que durent la scène sont absolument bluffantes! Rien que pour ce passage le film se doit d'être vu!
Malheureusement une fois la scène passée, le film redevient plat et ennuyeux...


Si par moments on est littéralement captivés par ce qui se passe à l'écran, les deux heures ne semblent jamais finir.
Enorme succès en son temps, le film a bien vieilli et ne tient pas la comparaison face à un pirate des Caraibes.
Honnêtement, c'est le genre de film sur lequel il mériterait qu'on s'attarde pour en faire un remake.

Note : *

Aladdin




L'histoire d'Aladdin et de la lampe merveilleuse a été adaptée des dizaines de fois, en papier comme à l'écran.
Qu'est ce qui rend le dessin animé unique comparé aux autres?

Après tout les personnages sont les stéréotypes évidents de ce type de conte de fée.
Le héros est naif mais courageux, la princesse est un modèle d'innocence et le méchant veut épouser la fille destinée au héros. Rien de bien nouveau de ce côté là.

On pourrait croire que la représentation simpliste du sultan change des grands monarques que l'on représente souvent régnant en maître sur leur cité mais au fond il est lui aussi très archétypal. Bedonnant et débonnaire, c'est un grand enfant.
Il rappelle le calife de Iznogoud dans la BD éponyme ou encore celui du Voleur de Bagdad ( la scène où il enfourche le tapis volant fait écho au cheval mécanique du film).

Si le dessin animé est aussi réussi je pense que c'est du avant tout au talent des animateurs de Disney.

Que l'on s'attache aux personnages principaux, rien de plus normal.
Aladdin est un beau garçon séduisant et charmeur et Jasmine est la douceur incarnée.
Son visage est juste parfait. On se noie dans ses grands yeux noisette et ses lèvres, sensuelles sans être charnues, encadrent un sourire ravageur mais innocent...

Habitués des Disney, les animaux sont aussi humanisés par leurs expressions ou sont doués du don de parole (Yago le perroquet). Pour eux aussi, on est pris d'affection.

Mais tous ces personnages, aussi différents soient-ils, ont au moins une chose en commun : un visage.
Comment pourrait-on transmettre des émotions (!) à un tapis (!!).
Impossible de transmettre des émotions à travers quelque chose sans visage? Pas pour Disney en tout cas!
Les mouvements du tapis magique sont inspirés des films muets, autrement dit ils parviennent à communiquer les sentiments de ce second couteau atypique sans avoir à utiliser les expressions du visage. Il faut le voir pour le croire!
C'est la même technique que Pixar utilisera bien plus tard avec le fameux logo de la lampe sautillante.

Tous les personnages sont excellents. Chacun à bénéficié d'une attention particulière et ils sont tout sauf ternes et ennuyeux ; mais la palme revient, comme tout le monde s'en doute, au génie.

Pied de nez aux 1001 nuits, l'histoire ne nous est pas comptée par un vieux sage ou une ravissante jeune femme mais par un charlatan qui essaie de vendre ses babioles au spectateur.
Il s'adresse à la caméra et intéragie même avec elle.
Dès le début, nous avons les indices que le film va se jouer des codes du genre.
L'aventure se révèlera plus burlesque que dramatique.
Et le personnage du génie se devait de confirmer cette voie.

Robin Williams prête sa voix multiforme à l'un des personnages Disney les plus incongrus et les plus extravagants de l'histoire du dessin animé. Ses scènes sont un enchantement visuel d'inventivé.
C'est un vrai plaisir que de le voir se dédoubler, se métamorphoser en n'importe quoi (de l'abeille au sous marin!) et de le voir prendre des visages différents à chaque expression.

La réalisation est brillante et très travaillée.
La caméra embarquée lors des scènes de vol fait son petit effet.
Mais c'est la bande son qu'il faut saluer. Dans les deux langues, les doublages sont parfaits.

Le film doit beaucoup à Alan Menken.
Compositeur pour de nombreux Disney, il est titulaire de nombreux oscars pour ses merveilleuses musiques et chansons et encore une fois, le charme opère.
Contrairement aux comédies musicales qui en font beaucoup trop, chez Disney on sait utiliser les chansons à bon escient, sans ralentir ou plomber le rythme.

Le talent de Menken s'exprime aussi à travers les paroles, romantiques sans être mièvres.
Menken nous offre une magnifique ballade au clair de lune (A whole new world/Ce rêve bleu) qui restera longtemps dans les mémoires et plusieurs morceaux très entraînants.
Participation de la foule pour la présentation d'Aladdin ou accents jazzy pour celle du génie, il sait exprimer la personnalité des héros à travers ses compositions.

Je tiens encore une fois à applaudir les traducteurs français qui ont le mérite de recomposer totalement les paroles des chansons (rimes obligent) tout en gardant le sens des originales.

Aladdin nous plonge dans un véritable conte, fait de magie et d'aventure où les trésors enfouis depuis des millénaires cotoient les sorciers maléfiques et où l'humour absurde se mêle aux personnages les plus excentriques.

Un formidable dessin animé pour toutes les générations.
C'est ça la magie Disney!

Note : ***