mardi 16 septembre 2008

L'histoire sans fin




Voila, comme tous les blogueurs (ou bloguistes?) cinéphiles, j'ai décidé de faire un petit topo sur chaque film que je vais regarder pour les présenter et dire un peu ce que j'en pense.
Et le premier de cette- j'espère- longue série c'est l'histoire sans fin.
C'est un film que j'apprécie beaucoup. C'est aussi un des premiers films fantastiques que j'ai vu (donc forcément il m'a marqué^^). Mais souvent c'est justement les premiers films que l'on voit qui nous laissent des traces, sauf que là; j'ai beau avoir 19ans et un grand nombre de visionnages à mon actif, je le trouve toujours aussi envoûtant!
Pour faire bref, c'est l'histoire d'un collégien rêveur qui persécuté par d'autres élèves se réfugie chez un bouquiniste oû il découvre un livre très spécial... Evidemment le "NE TOUCHE PAS A CE LIVRE, C'EST DANGEREUX!" attire sa curiosité et il sèche pour pouvoir le lire peinard. Mais peu à peu, il se rend compte que l'histoire racontée et très liée à la sienne... TAN TAN TAN
Voila pour le scénar qui entre de mauvaises mains aurait pu donner une belle daube pour les petits n'enfants genre Narnia ou Eragon. Parce que le gros danger dans ce genre de prod, c'est de donner le premier rôle à un gamin aussi charismatique qu'une endive braisée qu'on doit supporter jusqu'à la fin (ben oui, le héros il meurt pas)...Pourtant le débutant Noah Hattaway est parfaitement crédible dans son role d'indien chasseur nommé sauveur du monde et idem pour le jeune Barret Oliver, dans la peau du rêveur invétéré.
Alors l'autre problème reste la réalisation car coment créer un monde merveilleux et crédible sans tomber dans le pathétique de Legend (Ridley Scott) ou dans les décors de studio genre le petit poucet (Olivier Dahan)?Là oû beaucoup se seraient cassé les dents, Wolfgang Petersen (Troie, hélas...^^) alors quasi inconnu s'en sort avec les honneurs. Les décors sont parfaitement crédibles (les marais de la tristesse, l'Oracle et son désert quasi lunaire, la Tour d'Ivoire...) et surtout le scénar ne tombe jamais dans la guimauve.
Et qui dit film fantastique (je dirais mm Héroic Fantasy) dit créatures extraordinaires en peluches, marionnetes ou images de synthèse. Ces dernières en étant à leurs babutiements (le film date de 84, on est encore loin de voir Jurassik Park), Jim Henson and Co (le Muppets Show quand mm!) ont du avoir recours à toute une panoplie de marionettes, de cables et d'animatronique pour animer le bestiaire de Fantasia! D'ailleurs quand on voit la taille du dragon, on sent qu'ils ont du s'amuser à faire bouger tout ca^^Sans oublier les trouvailles pour faire passer la différence de taille entre les personnages qui sont toujours aussi réussies.
Bon bien sur le film n'est pas parfait et a beaucoup vieilli notamment au niveau de certaines scènes.
Par exemple le survol des paysages sur le-dit dragon est filmé exactement pareil pour les 2 garcons (ce qui laisse deviner l'écran sur lequel sont projetés les paysages), ou encore le grand méchant loup^^ dont seule la tête est visible à l'écran (plus d'argent pour le reste?). Mais ces quelques défauts sont largement compensés par la musique magnifique de Gorgio Moroder (et la chanson titre quasi inoubliable) et les personnages attachants Atreyu ou le géant de pierre).
Par contre oubliez les suites insipides qui sont le reflet de ce qu'il ne faut pas faire et que j'ai cité plus haut..
note: ***

Le grand frisson


Découvert en France avec « les producteurs », Mel Brooks a redonné ses lettres de noblesse à la tradition du gag cinématographique en mettant en scène des délirantes parodies.
De la science fiction au film d'aventure en passant par le péplum, Mel Brooks a tourné en dérision la plupart des grands classiques hollywoodiens.
Avec le « Grand Frisson », il s'attaque aux films de suspense d'Alfred Hitchcock.
Mais loin de n'être qu'une succession de gags sans acccord les uns les autres, le film possède son propre scénario.
L'histoire d'un éminent psychiatre qui se rend compte que les employés de son institut gardent les patients contre leur gré. Le pot aux roses découverts, il va se retrouver mêlé à d'étranges affaires de meurtre.
Avoir vu les films d'Hithccock s'avère nécessaire pour apprécier le film à sa juste valeur sans quoi la majorité des gags tombe à plat. Pour ma part, ma connaissance en la matière n'est pas très élevée, néanmoins il est facile de reconnaître les scènes de « Psychose », « les Oiseaux », « la mort aux trousses » « Sueurs froides » ou encore « l'Homme qui en savait trop » dans d'excellentes relectures.
On gardera l'attaque d'un groom hystérique à coup de journal, le héros poursuivi par des oiseaux assez salissants, une strangulation par téléphone prise pour un appel coquin ou encore un savoureux pastiche de « Christine » .
De plus, comme souvent dans les films de Mel Brooks, la caméra devient un personnage à part entière ce qui donne une scène excellente où la vue de la caméra, située sous une table de verre, est constamment cachée par des objets.
D'autre séquences sont plus basées sur le visuel (comme le type au centre d'une ombre en forme de grille circulaire qui se sent piégé dans une toile) ou le comique de situation (incarné par le couple SM).
Le film est donc doté de bons moments mais décolle malgré tout rarement et les 20 premières minutes sont d'une platitude affligeante. Mel Brooks se perd parfois dans des séquences où les situations sont grosssies et manquent de tact pour faire mouche.
Note: **

Blade


Si Bram Stocker révolutionna la littérature en créant le vampire séducteur et si attractif que nous connaissons tous, le cinéma lui a donné ses lettres de noblesse et en a fait un mythe populaire capable de traverser les siècles.
Car, en constante évolution, le mythe du vampire s'est adapté en fonction de sa génération.
De Bela Lugosi au regard quasi hypnotique à Cristopher Lee, dont on dit qu'il symbolisait à lui seul l'angoisse et le mystère grace à ses compositions stupéfiantes de méchants et qui fera la joie des studios de la Hammer, le personnage de Dracula a harangué les foules durant des décennies apparaissant dans une bonne centaine de films (pour la plupart de gros navets).
Trop c'est trop et c'est justement cette surabondance qui détruit le mythe peu à peu. Si bien qu'au début des années 70, le vampirisme connait une période de trouble.
Loin des classiques de l'horreur, on assiste alors à un recul sur le genre sous la forme de la parodie; où excelle le « Bal des vampires » de Roman Polanski.
Le renouveau viendra d'un certain Francis Ford Coppola qui souhaite réhabiliter ce monstre sacré du cinéma fantastique qu'est Dracula. En 1992 sort donc sa version du mythe avec un Gary Oldman impeccable dans le rôle du buveur de sang solitaire.
Le compte n'est plus un cliché maladroit mais un homme accablé par sa condition et contraint de se repaître de ses congénères.
2 ans plus tard, « Entretien avec un vampire » de Neil Jordan arrive sur les écrans. Adapté d'un roman d'Anne Rice, le film fourmille de stars (Cruise, Pitt, Banderas, Slater, Dunst) mais surtout il pose les marques de ce qui deviendra le vampire moderne: les vampires sont désormais intégrés à notre société, ils sont un peuple avec des lois et des rang.
Avec ce film, l'inconscient collectif change de regard sur les vampires : si l'imagerie ail, crocs, allergie au soleil au soleil est toujours d'actualité, les vampires sont désormais une race à part, supérieure, située au dessus de nous dans la chaîne aliment aire.
A partir de là, les films n'ont eu de cesse de se conforter dans cette image, multipliant les manières de dézinguer un vampire (« Une nuit en enfer » de Rodriguez).
Une célèbre série verra même le jour (« Buffy », évidemment) qui apportera encore une autre nouvelle image du vampire, celle de celui qui recherche l'affection mais qui est prisonnier de sa condition.
Voilà, il fallait bien ce long prologue pour parler de Blade.
Comme la plupart des super héros, Le personnage de Blade provient des comics Marvel (bien qu'il ne soit que de passage). Mi vampire, mi homme, Blade est un guerrier chargé de traquer et d'exterminer ceux qui ont des canines plus longues que la moyenne.
Blade n'est pas à proprement parler un blockbuster hollywoodien vu que son budget n'est pas gigantesque et que les acteurs ne sont pas des stars. C'est sûrement pour ça que le réalisateur a pu échapper au contrôle de producteurs trop soucieux de choquer les petits n'enfants.
Et c'est une très bonne chose car loin de daubes comme Electra (sorti quasiment 10 ans plus tard), assassin de son métier mais qui s' éprend d'une famille, Blade est un film noir et violent. Le héros est une machine à tuer mais qui doit se droguer pour ne pas sombrer du côté vampirique de la balance.
La plupart des acteurs de films d'action ont connu leur heure de gloire dans des rôles de grosse brute qui parle peu et frappe fort (Rambo, Terminator, Universal Soldier, Pitch Black... les exemples ne manquent pas).
C'est donc peu dire que le bodybuildé Wesley Snipes est monolithique tant le role du bloc de marbre lui va comme un gant. Caché derrière ses lunettes de soleil, l'acteur ne laisse paraître aucune émotion mais éclate du vampire - au fusil à pompe, au pistolet mitrailleur, au sabre ou à mains nues (il reprend d'ailleurs le style de combat qui l'avait fait connaître dans passager 57... seule chose à sauver du film, au passage) avec une classe folle !
Que ce soit Dans le rôle du méchant, Sephen Dorff apporte un je-ne-sais-quoi de sadisme à son personnage qui le rend particulièrement attirant; tout comme Kris Kristofferson crédible à souhait en vieil acolyte.
Mais c'est surtout la technique qui mérite d'être appaudie.
Le montage est un modèle du genre, malgré la profusion de combats et d'effets spéciaux, on sait toujours ce qui se passe à l'écran. Quant à la photographie elle donne réellement un cachet particulier au film, notamment lors des scènes où le temps s'accélère et où la nuit vient recouvrir la ville ou au contraire lors de la scène ou Blade et l'infirmière roulent sur un pont dans une lumière quasi onirique.
La réalisation ne manque d'inventivité lors de certaines scènes de combat où les vampires se désintègrent littéralement sous les coups, quand le méchant évite des balles au ralenti (3 ans avant Matrix...) et ne lésine pas sur les effets gores (mention spéciale à la lampe à UV).
Mais surtout la plapart des bonnes idées provient de plans innatendus comme les mains des amoureux qui se serrent derrière un vampire carbonisé ou Blade qui bondit derrière l'infirmière sans qu'on entende le bruit de son saut, la moto qui surgit de nulle part, un pan de mur qui explose avant de tomber devant la caméra...
Le scénario est bateau : aidé d'un vieux boiteux et d'une infirmière en attente de mutation, il doit empêcher les vampires de régner sur le monde mais porté de bout en bout par une action violente et une noirceur assez innatendue.
Le scénariste David S Goyer, spécialiste en univers dark (« Batman Begins ») et en héros torturés (« Dark City ») n'hésite d'ailleurs jamais à en rajouter (Blade retrouve sa mère, qui le torture, avant de la tuer, Stephen Dorff arrache les canines d'un vampires avant son exhumation par le feu, Kristofferson préfère se suicider plutôt que de muter, Blade doit voler pour se payer son sérum.
On dit d'un film que les 10 dernières minutes sont les plus importantes car c'est ce que les spectateurs retiendront. De ce fait, on retient un avis mitigé sur Blade car lors de la grande scène finale, le film sombre dans la baston pure et le méchant gonfle pitoyablement avant d'éclater.
Le réalisateur Stephen Norrigton affiche clairement sa passsion pour les jeux video (on voit d'ailleurs un extrait du film « Mortal Kombat » chez les vampires.
Mais quand on voit (dans les bonus DVD) ce qu'était la fin originale (le méchant devient une espèce de gelée de sang géante et Blade brise le sérum avec son épée pour la détruire) on se dit que finalement ça aurait pu être pire!
Malgré tout, ce qui aurait pu n'être qu'une adaptation ratée de plus devient un divertissement de qualité porté par des scènes d'action de haut vol, des acteurs impeccables, un rythme soutenu et une volonté farouche de ne pas tomber dans la mièvrerie.
La suite de Guillermo del Toro mérite vraiment le coup d'oeil pour son action débridée proche du manga mais « Blade Trinity » réalisé par David S Goyer me conforte dans mon idée qu'il aurait du rester scénariste...
Note: ***

Le monde de Nemo


Que serait devenu Disney sans Pixar?
Alors que les premiers ont échoué à s'adonner à des suites toujours plus sophistiquées à base d'images retravaillées par ordinateur (qui nous faisaient bien regretter l'ancien temps du celluloid) mais dénuées d'âme et de plus en plus gnangnan, les seconds bien que entièrement en 3D bénéficient toujours de scénarios originaux et de personnages travaillés.
Depuis la sortie de Toy Story, le studio n'a cessé de nous surprendre par leurs prouesses techniques et leur humour décalé.
Car ce qui fait la qualité du studio c'est d'utiliser la 3D en fonction de l'histoire et non le contraire. Leur plus grande fierté reste le fait que leurs personnages pour la plupart inanimés ou animaux paraissent humains, c'est à dire qu'ils possèdent et transmettent des émotions. C'est peu dire qu'ils pouraient nous faire pleurer en mettant en scène une brosse à dents... Bref, regarder un Pixar, c'est avoir la garantie de passer un bon moment.
Passons au film maintenant.
C'est l'histoire d'un poisson clown, papa poule, qui mène une existence paisible avec son fils unique, Némo. Lorsque Némo est capturé par un plongeur, il va tout faire pour aller le sauver. La première chose qui frappe quand on regarde le film c'est qu' il se passe sous l'eau.
Oui, sous l'eau et non pas au milieu de millions de polygones enchevêtrés censés la représenter. Les créateurs du film ont en effet passé plusieurs semaines sous l'océan pour recréer sa couleur et sa consistence caractéristique.
De même, les poissons possèdent des mouvements particulièrement fluides mais le tout sans tomber dans le documentaire réaliste genre « Au temps des dinosaures ».
Dès les premières secondes, on est donc happés par le film sans même se dire que c'est bien fait... On le vit! Pixar ne rime pas avec Pixel, qu'on se le dise!
On prend les mêmes et on recommence!
L'l'histoire, elle, est typiquement Pixarienne...
Un personnage qui passe une vie peinarde dans un environnement qui lui est familier va se retrouver plongé au coeur de l'inconnu et prendre du recul sur lui même.
La formule depuis si longtemps éculée fonctionne pourtant toujours aussi bien, du moment qu'elle est bien retranscrite.
Peu importe le flacon, pourvu qu'on est l'ivresse (des profondeurs...).
C'est là que le génie des scénaristes entre en jeu. Le héros rencontre une jolie fille qui va l'aider à retrouver son fils... c'est vrai qu'on avait encore jamais vu ça...
Sauf que, la jolie fille est un rien amnésique et le méchant qui retient l'enfant prisonnier, n'est rien d'autre qu'un simple dentiste amateur d'aquarium.
Les créateurs prennent un malin plaisir à bouleverser les clichés du genre.
Le grand requin blanc (nommé Bruce en référence au requin animatronique des 'Dents de la mer » est le leader d'un groupe végétarien, les tortues de nature assez lentes sont en fait complètement stones, Marin le poisson clown est incapable de raconter une blague...
Comme toujours chez Pixar, les personnages sont complètement barrés et les répliques délirantes fusent. Les nombreux personnages secondaires sont d'ailleurs toujours très réussis avec chacun leur propre personnalité un peu décalée.
Mais l'action n'est pas non plus en reste car ce poisson de quelques centimètres va se frotter pèle mêle à une baudroie, une explosion sous marine, un banc de méduses, une baleine...et à Dory.
Cette compagne amnésique et un rien casse cou et une véritable mine d'or pour les scénaristes qui ont su exploiter à fond les caractéristiques du personnage. Elle sait lire mais elle oublie tout et elle est la seule à connaître l'adresse du dentiste. Fallait y penser...
Bref, hormis un manque de rythme par moments du au fait de croiser des personnages différents toutes les 15min ce qui multiplie les situations sans forcément les approfondir, Le monde de Némo vaut 100 fois mieux qu'un « Roi Lion 2 » ou un « Atlantide ».
Note: ***

Au revoir à jamais


Renny Harlin aime le froid (ses films se passent souvent la veille de Noël).
Renny Harlin aime l'action violente (films interdits au moins de 12ans).
Renny Harlin aime diriger des acteurs connus (Stallone, Bruce Willis, Samuel L Jackson,...).
Renny Harlin à défaut de faire des films divers, fait des films d'hiver (je sais, elle est nulle...).
Sam est une institutrice, mère d'une petite fille et épouse d'un mari sympa et attentionné.
Son seul problème : elle est amnésique. Pas moyen de se souvenir de son passé au delà des 8 dernières années. Mais un choc dû à un accident de voiture va lui faire retrouver peu à peu la mémoire...
Elle découvre vite qu'elle est une tueuse d'élite, Charlène, qui appartient à une organisation secrète et que sa petite vie pépère à laquelle elle s'était habitué n'est qu'une couverture...
Elle va donc remonter la pente et dessouder tout ce qui se présentera sur son chemin.
Pour cela, elle va demander l'aide de Mitch, un ex flic reconverti dans le privé expert en magouilles de toutes sortes joué par le toujours impeccable Samuel L Jackson (qui avec son béret et ses clubs de golf anticipe sur son rôle dans le 51ème Etat^^)
Après on retrouve les classiques courses poursuite dans la neige, le kidnapping de la gossse, l'infiltration dans la base secrète, l'attaque terroriste finale et la victoire des gentils...
Du côté des seconds rôles, on retrouve avec plaisir David Morse, acteur méconnu (Rock, 16 Blocks) mais au charme fou et Craig Bierko en méchant de service qui se la joue décontracté, sourire en coin.
Geena Davis est surprenante. Tout comme dans Beetlejuice et Thelma et Louise, elle passe facilement du visage angélique de la mère au foyer à celui quasi psychotique de la tueuse effrenée. Honnêtement, on y croit! Mais bon, c'est pas ce film qui fera d'elle la nouvelle action star...
En fait, le problème c'est que le film manque d'originalité durant les scènes d'action.
En elle mêmes, ces scènes marchent bien sur le papier mais à l'écran le montage digne d'un téléfilm pour M6 en gâche la plupart. Et que dire du traitement des conditions de température....
En hiver, il fait froid. La glace c'est froid. Et en dessous, il fait pas plus chaud...
Pourtant, les héros font un plongeon dans l'eau glacé depuis le 3ème étage et ressortent peinards comme s'ils avaient fait un tour à la piscine du coin. Pire! Geena Davis est enfermée dans une chambre froide où l'on voit DIS-TINC-TE-MENT le méchant abaisser la température à -60°... ce qui n'empêche pas l'héroine de rester en débardeur et même d'y craquer une allumette... Ridicule!
Vers la fin, Charlie se laisse tirer par une girlande pour récupérer une mitraillette sur un cadavre en feu, avant de dégommer le méchant. En théorie, l'arme aurait du lui crâmer un peu les doigts, non??
On pourra noter aussi que dans certaines scènes qui se passent dans la neige, les acteurs ne produisent pas de buée lorsqu'ils soufflent... Ils sont trop forts ces Américains!
Mais en plus d'être immunisés contre le froid, les acteurs possèdent des voitures poids plume. Une voiture fait une embardée et s'écrase sur un lac gelé. J'ai dit s'écrase pas traverse. Une couche de glace ça a beau être résistant, faut pas pousser.
Autre séquence : Charlie fait face à une voiture qui lui fonce droit dessus. Elle abat le conducteur quelques mètres avant l'impact et la voiture s'arrête quasiment d'elle même...
Et puis la musique de Silvestri (Retour vers le futur, la Souris...),plutôt classique, n'apporte rien de nouveau au film.
Voilà pour le chapitre des condoléances.
Heureusement, le film possède aussi des bons moments.
Sans compter la qualité de l'interprétation, quelques scènes honorent le genre.
A de rares moments, on retrouve le Renny Harlin qu'on apprécie, celui de 58 minutes pour vivre et de Cliffhanger.
-Deux ou 3 cascades de voitures qui traversent un mur ou une cloison que n'aurait pas renié Mad Max.
-Une scène impressionnante où Mitch, attaché sur une chaise, est projeté à travers une fenêtre à la suite d'une explosion.
-Et surtout l'explosion finale qui vaut son pesant de cacahuètes! Je pense d'ailleurs qu' au moins pour ça, il faut voir le film.
Au final, le film se laisse regarder, mais ne restera pas dans les annales...
Note : *

Lolita malgré moi


C'est le genre de comédie qu'on devrait interdire aux plus de 18 ans... Si vous êtes une fille, vous apprécierez probablement le film.
Caly (ça se prononce Keili!) n'est jamais allé à l'école. Ou plutôt, elle a fait l'école à la maison. Ses parents sont de grands aventuriers, elle a passé son enfance en Afrique. Son premier jour est donc pour elle un vrai parcours du combattant : tout comme dans la jungle, il faut suivre certaines règles pour être accepté à l'école.
La jeune Caly rencontre ses premiers amis : une goth et un gros, qui lui demandent de s'intégrer au gang de Régina George, l'une des plus belles filles du lycée, véritable traînée qui passe son temps à médire sur son entourage avec ses 2 acolytes.
Caly se retrouve donc prise en charge par le trio des poufs de service, haïes et respectées. Elle va apprendre à s'habiller en rose Barbie, dire du mal des autres, apprendre à séduire le bogosse de la classe; bref elle va devenir une vraie pouf à son tour.
Mais le pire, c'est qu'elle va y prendre goût et semer la discorde dans le gang.
Le titre original est plus explicite (Mean Girls/ méchantes filles). Ah ça oui, elles sont méchantes et vulgaires au possible : les « putes, pétasse et autres trou du cul » ne manquent pas et elles ne reculent devant rien pour arriver à leur fin.
Cependant, le film a quelques atouts qui fait que l'on ne s'ennuie pas.
Tout d'abord la jeune Caly, jolie rousse craquante, accompagne le film de sa voix off.
Procédé classique mais qui permet de balancer quelques commentaires bien placés sans ralentir une scène.
Ensuite, les filles du trio de pouf se révèlent un peu plus profondes que ce à quoi on pourrait s'attendre, ce qui est assez rare dans ce genre de comédie.
Enfin, loin de faire de la figuration, le directeur et la prof malchanceuse font des seconds rôles tout à fait sympathiques.
La direction d'acteurs et artistique (une belle lumière et un montage réussi) sont donc de bonne qualité.
Bien que certains gags se révèlent bien trouvés, comme le coup de la blonde qui s'aide du miroir pour former un K sur sa poitrine (forcément, il est à l'envers..), la plupart tombe souvent à plat faute d'un excés de vulgarité (la mère qui propose des préservatifs à sa fille qui est en train de se faire sauter). Faut aimer...
Mais bon, bluette américaine oblige, tout est bien qui finit bien. Caly gagne le concours de math, récupère son petit ami, devient reine du bal et se réconcilie avec tout le monde (et tout ça, en moin d'un quart d'heure!), le tout enrobé d'une bonne dose de guimauve à la fin et une morale gnangnan genre « dire du mal des autres, c'est pas bien, ça nous rendra pas meilleurs ».
A noter, la scène la plus drôle du film (pour moi) est celle où l'on voit les 3 amies réunis dans l'herbe qui regardent un autre trio de blondes.
Le passage en lui même n'est pas drôle, mais accompagné de la musique de fin de Mortal Kombat (si, si!), il en devient presque absurde; comme si Caly venait de sauver le monde ou un truc dans le genre...
Note: ** pour les plus jeunes

Desperados 2 (Once upon a time in Mexico)


Roberto Rodriguez, réalisateur mexicain, s'est fait connaître avec El Mariachi.
Ce film d'action au budget ridicule bourré d'idées géniales a fait sa renommée et Rodriguez en a même réalisé une suite/remake : Desperado. Avec le charismatique Antonio Banderas et la pulpeuse Salma Hayek dans les rôles principaux, le film fait un carton et propulse son réalisateur dans les hautes sphères.
Quelques années plus tard, Rodriguez décide de reprendre le personnage à qui il doit sa célébrité. Le guitariste pistolero reprend donc du service pour la 3ème fois...
Habitué aux films modestes à petit budget, cette fois Rodriguez voit grand! Après l'Amérique et la Chine, il décide de nous offrir sa saga sur le Mexique.
Le film prend donc les allures d'épopée sanglante avec coup d'état, héros meurtri en quête de vengeance et une foule de personnages secondaires.
Du côté du casting, plus question de se contenter de ses amis.
Aux côtés du toujours génial Dany Trejo et des habitués, les guests stars se multiplient : Jonnhy Depp, Mickey Rourke, Willem Dafoe, Eva Mendes....
On peut dire que le casting a fière allure!
Côté technique, le film baigne dans une lumière intense qui sublime chaque plan. Les couleurs sont éclatantes et contrastent parfaitement avec les costumes sombres des personnages. La musique est toujours aussi agréable (si on aime les ballades espagnoles) est apporte une douce mélancolie au film.
Le film rencontre cependant 3 problèmes majeurs...
1 L'histoire est inutilement compliquée. Les intrigues secondaires s'accumulent (sans compter les flash backs) et réduisent certains personnages à peau de chagrin. Mickey Rourke ne fait que quelques apparitions, par exemple.
Ce qui est vraiment dommage quand on sait de quoi les acteurs sont capables.
Un qui n'est pas mis de côté, par contre, c'est Jonnhy Depp. Jouant un agent du gouvernement incognito plutôt décalé (il porte le sigle C.I.A sur son T-shirt et se balade avec un 3ème bras à la De Funès dans Fantomas), il s'accapare la caméra et nous régale de ses mimiques et de répliques savoureuses...
2 Comparé au premier Desperado, les scènes d'action s'avèrent irrégulièrement cadrées et montées. Malgré l'ingéniosité de certaines scènes, la plupart des plans s'avère assez classique et l'action tend vers le copier/coller : à chaque coup de fusil, le méchant décolle et s'écrase sur une table.
La poursuite à moto est trop rapide pour que l'on puisse vraiment l'apprecier. La révolution finale se contente de quelques litres de kérozène qu'on fait exploser sur les marches.Mais le pire, c'est les impacts de balles; les ennemis crépitent quand ils sont touchés!!!
Bref, la crédibilité en prend un coup.
Enfin 3ème point, le film oscille constamment entre les scènes d'action délibérément exagérées où les ennemis sont projetés dans les airs sur plusieurs mètres sur fond de solo de guitare et celles plus réalistes et crues où des médecins se font descendre, où un pauvre type se fait lacérer le visage pour faire croire à une erreur de chirugie, où Jonnhy Depp bute une serveuse...
A trop hésiter entre le film d'action au second degré et la fresque historique, Rodriguez s'emmelle dans ses propres pinceaux.
Heureusement par moments le réalisateur retrouve sa verve des beaux jours lors de séquences surprenantes.
Exemples :
- Après la guitarre lance roquette et mitrailleuse de Desperado, on a droit à la guitarre lance flamme et la guitarre télécommandée.
- El Mariachi dégomme un garde en haut d'un escalier qui glisse le long de la rambarde synchronisé avec la marche de Banderas pour qu'il puisse récupérer l'arme sans s'arrêter.
- El Mariachi qui descend un escalier en surfant sur l'étui à guitare.
- El Mariachi qui lors d'une poursuite à moto saute dans une Cadillac et démarre aussitôt.
- Et surtout la scène où Depp, aveugle (bien que l'on distingue ses yeux dans la scène du taxi^^), le sang coulant sur ses joues, dans un costume noir de la tête au pieds affronte des gardes en s'aidant de son ouïe dans une rue dévastée.
Cette séquence à la beauté baroque est certainement l'une des plus réussies.!
Le film est donc loin d'être mauvais mais se révèle nettement inférieur aux précédents. Heureusement, l'interprétation des acteurs et quelques moments géniaux rattrappent le coup.
Note : **