mardi 16 septembre 2008

Au revoir à jamais


Renny Harlin aime le froid (ses films se passent souvent la veille de Noël).
Renny Harlin aime l'action violente (films interdits au moins de 12ans).
Renny Harlin aime diriger des acteurs connus (Stallone, Bruce Willis, Samuel L Jackson,...).
Renny Harlin à défaut de faire des films divers, fait des films d'hiver (je sais, elle est nulle...).
Sam est une institutrice, mère d'une petite fille et épouse d'un mari sympa et attentionné.
Son seul problème : elle est amnésique. Pas moyen de se souvenir de son passé au delà des 8 dernières années. Mais un choc dû à un accident de voiture va lui faire retrouver peu à peu la mémoire...
Elle découvre vite qu'elle est une tueuse d'élite, Charlène, qui appartient à une organisation secrète et que sa petite vie pépère à laquelle elle s'était habitué n'est qu'une couverture...
Elle va donc remonter la pente et dessouder tout ce qui se présentera sur son chemin.
Pour cela, elle va demander l'aide de Mitch, un ex flic reconverti dans le privé expert en magouilles de toutes sortes joué par le toujours impeccable Samuel L Jackson (qui avec son béret et ses clubs de golf anticipe sur son rôle dans le 51ème Etat^^)
Après on retrouve les classiques courses poursuite dans la neige, le kidnapping de la gossse, l'infiltration dans la base secrète, l'attaque terroriste finale et la victoire des gentils...
Du côté des seconds rôles, on retrouve avec plaisir David Morse, acteur méconnu (Rock, 16 Blocks) mais au charme fou et Craig Bierko en méchant de service qui se la joue décontracté, sourire en coin.
Geena Davis est surprenante. Tout comme dans Beetlejuice et Thelma et Louise, elle passe facilement du visage angélique de la mère au foyer à celui quasi psychotique de la tueuse effrenée. Honnêtement, on y croit! Mais bon, c'est pas ce film qui fera d'elle la nouvelle action star...
En fait, le problème c'est que le film manque d'originalité durant les scènes d'action.
En elle mêmes, ces scènes marchent bien sur le papier mais à l'écran le montage digne d'un téléfilm pour M6 en gâche la plupart. Et que dire du traitement des conditions de température....
En hiver, il fait froid. La glace c'est froid. Et en dessous, il fait pas plus chaud...
Pourtant, les héros font un plongeon dans l'eau glacé depuis le 3ème étage et ressortent peinards comme s'ils avaient fait un tour à la piscine du coin. Pire! Geena Davis est enfermée dans une chambre froide où l'on voit DIS-TINC-TE-MENT le méchant abaisser la température à -60°... ce qui n'empêche pas l'héroine de rester en débardeur et même d'y craquer une allumette... Ridicule!
Vers la fin, Charlie se laisse tirer par une girlande pour récupérer une mitraillette sur un cadavre en feu, avant de dégommer le méchant. En théorie, l'arme aurait du lui crâmer un peu les doigts, non??
On pourra noter aussi que dans certaines scènes qui se passent dans la neige, les acteurs ne produisent pas de buée lorsqu'ils soufflent... Ils sont trop forts ces Américains!
Mais en plus d'être immunisés contre le froid, les acteurs possèdent des voitures poids plume. Une voiture fait une embardée et s'écrase sur un lac gelé. J'ai dit s'écrase pas traverse. Une couche de glace ça a beau être résistant, faut pas pousser.
Autre séquence : Charlie fait face à une voiture qui lui fonce droit dessus. Elle abat le conducteur quelques mètres avant l'impact et la voiture s'arrête quasiment d'elle même...
Et puis la musique de Silvestri (Retour vers le futur, la Souris...),plutôt classique, n'apporte rien de nouveau au film.
Voilà pour le chapitre des condoléances.
Heureusement, le film possède aussi des bons moments.
Sans compter la qualité de l'interprétation, quelques scènes honorent le genre.
A de rares moments, on retrouve le Renny Harlin qu'on apprécie, celui de 58 minutes pour vivre et de Cliffhanger.
-Deux ou 3 cascades de voitures qui traversent un mur ou une cloison que n'aurait pas renié Mad Max.
-Une scène impressionnante où Mitch, attaché sur une chaise, est projeté à travers une fenêtre à la suite d'une explosion.
-Et surtout l'explosion finale qui vaut son pesant de cacahuètes! Je pense d'ailleurs qu' au moins pour ça, il faut voir le film.
Au final, le film se laisse regarder, mais ne restera pas dans les annales...
Note : *

Lolita malgré moi


C'est le genre de comédie qu'on devrait interdire aux plus de 18 ans... Si vous êtes une fille, vous apprécierez probablement le film.
Caly (ça se prononce Keili!) n'est jamais allé à l'école. Ou plutôt, elle a fait l'école à la maison. Ses parents sont de grands aventuriers, elle a passé son enfance en Afrique. Son premier jour est donc pour elle un vrai parcours du combattant : tout comme dans la jungle, il faut suivre certaines règles pour être accepté à l'école.
La jeune Caly rencontre ses premiers amis : une goth et un gros, qui lui demandent de s'intégrer au gang de Régina George, l'une des plus belles filles du lycée, véritable traînée qui passe son temps à médire sur son entourage avec ses 2 acolytes.
Caly se retrouve donc prise en charge par le trio des poufs de service, haïes et respectées. Elle va apprendre à s'habiller en rose Barbie, dire du mal des autres, apprendre à séduire le bogosse de la classe; bref elle va devenir une vraie pouf à son tour.
Mais le pire, c'est qu'elle va y prendre goût et semer la discorde dans le gang.
Le titre original est plus explicite (Mean Girls/ méchantes filles). Ah ça oui, elles sont méchantes et vulgaires au possible : les « putes, pétasse et autres trou du cul » ne manquent pas et elles ne reculent devant rien pour arriver à leur fin.
Cependant, le film a quelques atouts qui fait que l'on ne s'ennuie pas.
Tout d'abord la jeune Caly, jolie rousse craquante, accompagne le film de sa voix off.
Procédé classique mais qui permet de balancer quelques commentaires bien placés sans ralentir une scène.
Ensuite, les filles du trio de pouf se révèlent un peu plus profondes que ce à quoi on pourrait s'attendre, ce qui est assez rare dans ce genre de comédie.
Enfin, loin de faire de la figuration, le directeur et la prof malchanceuse font des seconds rôles tout à fait sympathiques.
La direction d'acteurs et artistique (une belle lumière et un montage réussi) sont donc de bonne qualité.
Bien que certains gags se révèlent bien trouvés, comme le coup de la blonde qui s'aide du miroir pour former un K sur sa poitrine (forcément, il est à l'envers..), la plupart tombe souvent à plat faute d'un excés de vulgarité (la mère qui propose des préservatifs à sa fille qui est en train de se faire sauter). Faut aimer...
Mais bon, bluette américaine oblige, tout est bien qui finit bien. Caly gagne le concours de math, récupère son petit ami, devient reine du bal et se réconcilie avec tout le monde (et tout ça, en moin d'un quart d'heure!), le tout enrobé d'une bonne dose de guimauve à la fin et une morale gnangnan genre « dire du mal des autres, c'est pas bien, ça nous rendra pas meilleurs ».
A noter, la scène la plus drôle du film (pour moi) est celle où l'on voit les 3 amies réunis dans l'herbe qui regardent un autre trio de blondes.
Le passage en lui même n'est pas drôle, mais accompagné de la musique de fin de Mortal Kombat (si, si!), il en devient presque absurde; comme si Caly venait de sauver le monde ou un truc dans le genre...
Note: ** pour les plus jeunes

Desperados 2 (Once upon a time in Mexico)


Roberto Rodriguez, réalisateur mexicain, s'est fait connaître avec El Mariachi.
Ce film d'action au budget ridicule bourré d'idées géniales a fait sa renommée et Rodriguez en a même réalisé une suite/remake : Desperado. Avec le charismatique Antonio Banderas et la pulpeuse Salma Hayek dans les rôles principaux, le film fait un carton et propulse son réalisateur dans les hautes sphères.
Quelques années plus tard, Rodriguez décide de reprendre le personnage à qui il doit sa célébrité. Le guitariste pistolero reprend donc du service pour la 3ème fois...
Habitué aux films modestes à petit budget, cette fois Rodriguez voit grand! Après l'Amérique et la Chine, il décide de nous offrir sa saga sur le Mexique.
Le film prend donc les allures d'épopée sanglante avec coup d'état, héros meurtri en quête de vengeance et une foule de personnages secondaires.
Du côté du casting, plus question de se contenter de ses amis.
Aux côtés du toujours génial Dany Trejo et des habitués, les guests stars se multiplient : Jonnhy Depp, Mickey Rourke, Willem Dafoe, Eva Mendes....
On peut dire que le casting a fière allure!
Côté technique, le film baigne dans une lumière intense qui sublime chaque plan. Les couleurs sont éclatantes et contrastent parfaitement avec les costumes sombres des personnages. La musique est toujours aussi agréable (si on aime les ballades espagnoles) est apporte une douce mélancolie au film.
Le film rencontre cependant 3 problèmes majeurs...
1 L'histoire est inutilement compliquée. Les intrigues secondaires s'accumulent (sans compter les flash backs) et réduisent certains personnages à peau de chagrin. Mickey Rourke ne fait que quelques apparitions, par exemple.
Ce qui est vraiment dommage quand on sait de quoi les acteurs sont capables.
Un qui n'est pas mis de côté, par contre, c'est Jonnhy Depp. Jouant un agent du gouvernement incognito plutôt décalé (il porte le sigle C.I.A sur son T-shirt et se balade avec un 3ème bras à la De Funès dans Fantomas), il s'accapare la caméra et nous régale de ses mimiques et de répliques savoureuses...
2 Comparé au premier Desperado, les scènes d'action s'avèrent irrégulièrement cadrées et montées. Malgré l'ingéniosité de certaines scènes, la plupart des plans s'avère assez classique et l'action tend vers le copier/coller : à chaque coup de fusil, le méchant décolle et s'écrase sur une table.
La poursuite à moto est trop rapide pour que l'on puisse vraiment l'apprecier. La révolution finale se contente de quelques litres de kérozène qu'on fait exploser sur les marches.Mais le pire, c'est les impacts de balles; les ennemis crépitent quand ils sont touchés!!!
Bref, la crédibilité en prend un coup.
Enfin 3ème point, le film oscille constamment entre les scènes d'action délibérément exagérées où les ennemis sont projetés dans les airs sur plusieurs mètres sur fond de solo de guitare et celles plus réalistes et crues où des médecins se font descendre, où un pauvre type se fait lacérer le visage pour faire croire à une erreur de chirugie, où Jonnhy Depp bute une serveuse...
A trop hésiter entre le film d'action au second degré et la fresque historique, Rodriguez s'emmelle dans ses propres pinceaux.
Heureusement par moments le réalisateur retrouve sa verve des beaux jours lors de séquences surprenantes.
Exemples :
- Après la guitarre lance roquette et mitrailleuse de Desperado, on a droit à la guitarre lance flamme et la guitarre télécommandée.
- El Mariachi dégomme un garde en haut d'un escalier qui glisse le long de la rambarde synchronisé avec la marche de Banderas pour qu'il puisse récupérer l'arme sans s'arrêter.
- El Mariachi qui descend un escalier en surfant sur l'étui à guitare.
- El Mariachi qui lors d'une poursuite à moto saute dans une Cadillac et démarre aussitôt.
- Et surtout la scène où Depp, aveugle (bien que l'on distingue ses yeux dans la scène du taxi^^), le sang coulant sur ses joues, dans un costume noir de la tête au pieds affronte des gardes en s'aidant de son ouïe dans une rue dévastée.
Cette séquence à la beauté baroque est certainement l'une des plus réussies.!
Le film est donc loin d'être mauvais mais se révèle nettement inférieur aux précédents. Heureusement, l'interprétation des acteurs et quelques moments géniaux rattrappent le coup.
Note : **

Crazy Kung Fu


Sing est un voleur sans envergure mais pas sans ambition. Son rêve? Faire partie du plus grand groupe criminel qui sévit en Chine : le Gang des Haches. En ce faisant passer pour l'un d'eux, il déclenche la colère d'un village reclus de pauvres paysans qui vont devoir se frotter au Gang. Mais ce que personne ne sait c'est que ce village abrite d'anciens champions d'arts martiaux...
Avec plus de 30 films à son actif, Stephen Show est une star du côté asiatique. Chez nous, il est surtout connu grâce à Shaolin Soccer, film culte où des champions d'arts martiaux participent à un tournoi de football.
Mélange hallucinant de comédie burlesque, d'effets spéciaux excellement exploités et d' acrobaties délirantes, Shaolin Soccer a placé la barre très haut dans le domaine de l'inclassable.
Et bien, aussi fou que ça puisse paraître, Kung Fu Hustle dépasse son aîné sur de nombreux points.
Stephen Show acteur/réalisateur retrouve sa bande de potes de Shaolin Soccer, autrement dit un casting aussi fabuleux qu' hétéroclite. Les joyeux lurons ont quand même des gueules à part... et ils en profitent pour incarner des personnages aussi crédibles que bizarres!
Le tailleur effeminé, le gros faussement débile, le chef de gang aux dents pourries, le bras droit à lunettes qui passe son temps à brailler...
Mais le casting ne serait pas complet sans le couple vedette que forment la proprio clope au bec au cri perçant et son mari, coureur de jupons souple comme une gelée anglaise. Quand on voit ces 2 beaufs approchant les 50 ballets, on n'imagine pas une seconde qu'ils puissent être des légendes du combat, et pourtant...
En parlant de combat, la moitié du film est constituée de bastons. Ces séquences, loin d'être répétitives, sont des merveilles de technique et d'inventivité.
Chaque combattant à sa technique propre : le tailleur durcit ses poings avec des anneaux de tringles à rideaux, la logeuse utilise son cri pour repousser ses opposants et son mari rebondit à chaque coup.Les méchants ne sont pas en reste puisqu'ils lancent des cimetteres en jouant de la musique, donnent des coups de griffes à en arracher les murs.
Le gros vilain, qui se la joue décontracté en claquettes bleu ciel, gonfle sa gorge comme un crapaud avant de prendre son envol.Le héros a aussi une palette assez étalée qui va du matraquage de pieds à la paume de Bouddha (...surprise...^^).
Le tout dans des environnements aussi improbables (une salle de casino) que destructibles (les décors volent littéralement en miettes!)
Quant aux ennemis, ils traversent le décor progetés par des coups de pied surpuissants, s'encastrent dans les portes et volent dans tous les sens.
Les bastons tiennent moins de Bruce Lee que d'Aterix!!
Bref le film enchaîne les séquences d'action qui se prennent pas au sérieux et allient à merveille l'humour absurde, les cascades les plus folles et les effets spéciaux dernière génération.
Mais résumer le film aux scènes de baston serait une grave erreur.
Nos zygomatiques sont constamment sollicités! Stephen Show manie le burlesque avec un talent rare. L'une des meilleures scènes est sans conteste cette poursuite entre Sing et la logeuse où les jambes des personnges forment un cercle comme dans les dessins animés. S
how annonce clairement sa passion pour les Tex Avery!
Le film est si riche qu'il est difficile de le décrire à quelqu'un qui ne l'a jamais vu.
Certains critiques parlent carrément d'une rencontre entre « Jackie Chan, Buster Keaton, Tarantinoet Bugs Bunny »!
C'est dire...
Je manque vraiment de place pour dire tout ce que ce film comporte! En vrac, je citerai une séquence d'ouverture façon vieux polars, le Gang qui entame une danse chorégraphiée, un lancer de couteaux désastreux, une référence à Shining, une belle histoire d'amour secondaire, une musique traditionnelle chinoise splendide, des ralentis et un montage impeccable...
Le film est déjà culte dans de nombreux pays!S
i vous avez aimé Shaolin Soccer, jetez vous dessus les yeux fermés!
Sinon, vous ne savez pas ceque vous manquer...
A voir en VO!
Note :***

Die hard 4 : Retour en enfer


10 ans qu'on n' avait plus de nouvelles de John Mc Clane, flic malchanceux mais qui étalait du méchant par paquets de 12.
10 ANS! Ca en fait des scénarios refusés. Faut dire que de ce côté là, les scénaristes ont vraiment eu la poisse.
Fin 2001, on décide qu'il n'y aura plus d'attaque terroriste dans le film.
Fin 2004, Bruce Willis fête ses 50 ans, on se dit qu'il n'est plus aussi frais.On pense alors à un tsunami qui ravagerait les Caraibes dans le rôle du méchant. Michael Bay serait aux commandes. Mais le VRAI tsunami qui ravage la Thailande renvoie le script dans les limbes, aux côté de Indiana Jones 4.
Janvier 2006, Len Wiseman réalise Underworld 2. De suite, les bureaux de la Fox convoquent le jeune homme : le réalisateur du prochain film d'action le plus attendu, ce sera lui!
Chargé de protéger un jeune hacker, Willis va se retrouver au beau milieu d'un complot informatique visant à instaurer le chaos.
Au mauvais endroit, au mauvais moment... pour notre plus grand bonheur! 50 ballets mais une pêche de tous les diables, Papy fait de la résistance!
Le casting est particulièrement réussi. A part la star, aucune tête d'affiche au programme.
Mais comme dans les Underworld, Wiseman ne choisit pas ses acteurs en fonction de leur célébrité mais de leur talent. Habitué aux seconds rôles, Timothy Oliphant fait un méchant crédible avec juste ce qu'il faut de rictus en coin. Sa petite amie, adepte de kung fu, a recemment fait partie de l'équipe de Mission Impossble (Magguie Q). On reconnaîtra aussi, Kevin Smith (Dogma) dans le rôle d'un grand sorcier de l'informatique et un acteur de Roméo doit mourir, impressionnant de vélocité.
Pour ma part, je ne connais pas Justin Long, le hacker, mais balançant vanne sur vanne sans sombrer dans le ridicule, il est idéal dans son rôle.
Avec seulement 2 films à son actif (Underworld 1 et 2), Wiseman est monté en flèche dans l'estime du tout Hollywood. C'est peu dire que Len a du talent. Loin d'être une série B à petit budget, la saga Underworld est un renouveau du genre.
Le scénario, noir et quasi-dénué de second degré se marie élégamment à une mise en scène gore (enfin un film fantastique qui n'est pas pour les gamins!!!) et travaillée (ralentis magnifiques, caméra virevoltante).
Mais on ne filme pas de la même manière une baston vampire/loup garou et une course poursuite dans un New York réaliste. Et non seulement, il lui faut donner un coup de jeune à la série mais respecter ce qui fait son charme.Malgré ses millions de fans, Wiseman était donc attendu au tournant....
Mais Wiseman n'est pas du genre à se laisser abattre : il récupère son monteur (Nicolas de Toth), son compositeur (Marco Beltrami) et son designer (Patrick Tatopoulos). On ne change pas une équipe qui gagne!
A l'opposé d'un ptit bleu élevé au biberon MTV ( à savoir combats cablés matrixiens et images de synthèse à ne plus savoir qu'en faire), Wiseman est un adepte du réalisme, bref du palpable.Mais attention, le réalisme n'empêche pas le spectaculaire!
Un hélicoptère détruit en plein vol par une voiture, une camionnette souflée par le souffle d'une explosion de gaz, une voiture bloquée dans un ascensceur (si,si...), une poursuite entre un Harrier et un semi remorque (que n'aurait pas renié True Lies).
Enchaînant coup sur coup des séquences d'anthologie, le film nous cloue sur notre fauteuil, sourire béat aux lèvres.
Quant à Bruce Willis, hors de question qu' il s'adonne au kung fu ou évite les balles au ralenti.
Ca n'empêche pas l'acteur de s'en donner à coeur joie dans les fusillades pétaradantes, les explosions de véhicules divers et variés et la baston mano à mano!
Côté baston, d'ailleurs, Willis va tomber sur un os (voire même 2) et les cicatrices sur son visage ne s'effacent pas toutes à la fin du tournage... On sent que quand quelqu'un se mange une mandale, il ne fait pas semblant!La preuve : au générique le nombre de cascadeurs est 3 fois plus important que celui des acteurs^^

Len Wiseman réussit un miracle : un film d'action bien joué, bien filmé, intelligent, drôle, spectaculaire ni trop violent (pas de giclées de sang à l'horizon), ni trop grand public (pas de rap/rn'b dans la bande son).
Il s'offre même le luxe de placer quelques clins d'oeils savoureux aux films précédents (les Agents Johnson par exemple)!
La version française est loin d'être baclée : Patrick Poivey (la voix française de Bruce Willis) possède toujours ce timbre inimitable qu'on associe à l'acteur depuis ses débuts.
Un ou deux petits soucis de crédibilité vers la fin viennent entacher un tableau presque parfait : l'autouroute qui se craquèle mais qui s'arrête miraculeusement à la séquence suivante, les méchants qui n'entendent rien au boucan provoqué à une centaine de mètres du hangar où ils se trouvent et la fin du gros vilain assez tirée par les cheveux (Bruce n'a rien mais le bad guy vole carrément en arrière???)
Mais qu'importe! On en prend plein les yeux et plein les oreilles pendant 2h20, et on en redemande!
Note : ***

Resident Evil


Anderson s'est apparemment spécialisé dans l'adaptation de jeux video, mais sa carrière est sur la mauvaise pente.
Resident Evil se situe après un Mortal Kombat sympa et bien chorégraphié mais avant un Alien VS Predator calamiteux.
Le film n'est donc pas un navet mais ne vaut pas plus.
Bien qu'il s'agisse de l'adaptation d'un des meilleurs survival horreur, le film ne dépasse pas la case interdit au moins de 12 ans...
On peut donc s'attendre à un film pop corn, pas prise de tête, mais qui n' hérissera pas non plus le poil de nos chères petites têtes blondes. C'est le cas.
Pour une soirée pizza entre potes pré-ados, le film remplit son contrat de baston au ralenti, de monstres baveux et de nanas court vêtues! En revanche les fans du jeu, se sentiront un peu abusés (où est passé le manoir du jeu, les hunters et surtout la trouille???), de même que les fans d'horreurs qui resteront sur leur faim.
Paul Anderson n'est pas un mauvais réalisateur mais il peine à instaurer une ambiance digne de ce nom. Au contraire, il n'hésite pas à emprunter à ses prédécesseurs. Hommage ou manque d'idées?Quoi qu'il en soit , les habitués reconnaitront le rayon mortel de Cube, la reine Rouge au départ représentée par une caméra fixe avec un point rouge (merci Kubrick!^^), un zombie qui traîne une hache (Jeeper Creepers ou Jack l'Eventreur).
Bref les références ne manquent pas...
En ce qui concerne le côté artistique, le grain de la photographie rend les maquillages assez effrayants mais les cadrages sont dans l'ensemble plutôt moches, le hard rock d'ascensceur fait pitié et les acteurs sont en roue libre.
Milla Jovovich est plutôt crédible en soldat d'élite amnésique, tout comme Michelle Rodriguez (qui se la joue gros dur à la Aliens) mais le reste de la troupe n'apporte rien à des rôles vus cent fois.
Le scénario est assez basique mais le fait que les personnages principaux soient amnésiques nous tient en haleine jusqu'à la révélation. En fait, pour ma part, j'ai trouvé que le film devenait interessant dix minutes avant la fin : Michelle se transforme, Matt se fait embarquer et va subir sa mutation (Némésis) et Milla se retrouve seule dans une rue dévastée, fusil à pompe à la main. Mais c'est là que le film se termine...dommage.
C'est d'autant plus dommage que la suite du film (Apocalypse) fourmille de bonnes idées mais est filmée avec les pieds!
Note: *

Bernie


Un bébé est retrouvé dans une poubelle le jour de Noël par un éboueur du nom de Bernie. Ainsi a commencé l'histoire de Bernie Noël...
Après avoir passé toute sa vie dans un orphelinat, Bernie décide de se mettre à la recherche de ses parents qu'il croit être un riche couple d'Américains qu'on a kidnappé depuis 30 ans. En chemin, il croise une junkie, élevée par un père alcoolo, avec qui il va vivre une histoire d'amour.
Les films d'Albert Dupontel et Terry Gilliam partagent le même mélange loufoque d'humour trash empreint de poésie.
Comme dans Brazil, le héros est un naif rêveur perdu dans un monde pourri jusqu'à la moelle. On peut dire que la série de portraits que nous offre Dupontel, n'est pas vraiment ragoûtant...Chacun en prend pour son grade : la politique, les handicapés, les aristos, les vendeurs d'immobilier et j'en passe.
Le père de Bernie ne pense d'ailleurs qu'à une chose : sodomiser tout ce qui n'est pas du même sexe... Affreux, sales et méchants, ça vous dit quelque chose?^^
Même le héros simplet est une vraie machine à tuer. Et il ne s'en prive pas....Qu'il croque un canari pour faire parler un vieil éboueur, qu'il massacre une famille à coups de pelle, qu'il explose la tête d'un député au fusil de chasse, Dupontel ne s'impose aucune limite dans l'art de choquer et il y réussit fort bien.
A tel point qu'on ne sait plus s'il faut rire ou gerber un bon coup!
En revanche, l'histoire n'est pas qu'un pretexte à une série de gags glauques.
En fait, c'est Quasimodo revu par Jean Pierre Jeunet : loufoque, trash, mais au final un film plus profond qu'il en a l'air.
Quasimodo est un orphelin violent, simplet et bourré de fric et Esmeralda est une junkie, écrasée par les autres, qui ne cherche qu'à se faire un peu de pognon. Pognon que son ivrogne de père s'empresse de dépenser en litres de rouge.
La séquence finale m'a laissé un peu perplexe (comme souvent chez Gilliam d'ailleurs). J'ai généralement du mal à interpréter ce genre de séquence onirique s'il n'y a pas de véritable explication. Je suppose qu'ils meurent tous mais le changement entre les 2 scènes est si rapide que le doute s'installe...
On peut reprocher au film ses effets de caméra qui lui donnent son côté amateur et un humour TRES TRES noir qui ne plaira pas à tout le monde.
En tout cas, moi, il me tarde de voir Enfermé dehors!!
Note : ***