samedi 20 juin 2009

The Rocky Horror Picture Show



Une nuit d'orage, la voiture de Janet et Brad, un couple coincé qui vient de se fiancer, tombe en panne. Obligés de se réfugier dans un mystérieux château, ils vont faire la rencontre de ses occupants pour le moins bizarres, qui se livrent à de bien étranges expériences...




Qu'est ce qu'un film culte?

D'après les historiens du cinéma, un film culte serait un film qui ne ramasse pas le pactole à sa sortie mais dont le bouche à oreille entraîne un succès innatendu.
Dans ce cas ni « Star Wars » ni la trilogie de Peter Jackson n'en feraient partie? Ah, problème... La définition se contredit.
Quoi qu'il en soit « The Rocky Horror Picture Show » donne une nouveau sens au statut de film culte : c'est un film où ce qui se passe à l'écran devient moins important que ce qui se déroule dans dans la salle de cinéma où il est projeté!
Définition assez étrange mais qui résume l'essence même de «The Rocky Horror Picture Show ».

Adapté de la pièce de théâtre à succès de Richard O brien (le majordome Riff Raff dans le film), « The Rocky Horror Picture Show » est un four à sa sortie.
Comprenez que dans les années 70, une comédie rock qui parle ouvertement de la transexualité et des « déviances » sexuelles a peu de chances de conquérir le coeur du public, attaché à des valeurs plus conservatrices.
Choqués, les gens quittent la salle avant la fin. Assassiné par la plupart des critiques, le film est un échec commercial.
Paradoxalement, c'est son échec en salles qui fera son succès!

Un an après sa sortie initiale, le film finit par être projeté au cours des fameuses « séances de minuit » et attire peu à peu un public jeune, amateur de sensations fortes.
Chez les spectateurs de cette époque, très respectueuse des valeurs traditionnelles, le film a du toucher une corde sensible car rapidement ils commencent à hurler, à bondir sur leurs sièges et à faire leurs propres commentaires et dialogues.
L'enthousiasme se répand et bientôt les gens viennent grimés comme les personnages du film et reprennent en choeur les paroles des chansons.
Plus fort que la 3D, Richard O Brien et Jim Sharman (le réalisateur) viennent d'inventer, sans le savoir, le premier film intéractif !

Son statut de culte, le film le doit donc à la complicité inattendue du public.
« The Rocky Horror Picture Show » n'est plus un film, c'est un expérience qui rassemble des dizaines de jeunes fous déjantés qui ont transmis leur passion à travers les générations...

Aujourd'hui, plus de public, plus de salle de cinéma.
On est seul ou quelques uns devant un petit écran et on regarde le film tel qu'il a été conçu à la base.
Cette nouvelle façon de regarder le film lui enlève t-elle ses qualités? Pas sûr...


Dès que la chanson «Science Fiction Double Feature » commence, on sait qu'on a affaire à un film hors du commun : sans crier gare, des lèvres pulpeuses se matérialisent sur un écran noir avant d'entonner une chanson magnifique, dont les paroles retracent les grands moments du cinéma de SF (« la guerre des mondes », « le jour où la terre s'arrêta ») et du fantastique (« L'homme invisible », « King Kong »).
Le générique à lui seul est un grand moment de cinéma et un véritable hommage au genre.


Par la suite, le film fera intervenir de nombreux morceaux de rock and roll endiablés (dont « Sweet Tranvestite » et «  The Time Warp » restent les titres phares).
Grace à des paroles drôles et originales et des rythmes travaillés, l'ambiance sonore est remarquable (si l'on aime ce genre de musique).


Mais visuellement c'est aussi du tout bon.
Le film se déroule dans un vieux manoir délabré dont la salle d'opération rose bonbon contraste à merveille avec le mobilier poussiéreux des autres pièces.
Que ce soit dans les décors ou les costumes, le souci extrême du détail impressionne constamment.

Les costumes extravagants soulignent l'intense personnalité des personnages tout en installant le film dans une mouvance des spectacles de Brodway.
Les maquillages du film, d'évidente inspiration gothique, apportent eux aussi un charme indéniable aux personnages.
Voir Tim Curry en cuir et bas résille fait toujours un effet du tonnerre!
Pour son premier rôle au cinéma, il se donne à fond dans la peau de cet androgyne excentrique.
Si incarner le personnage en aurait fait palir plus d'un, il laisse son amour prôpre au placard et se lance dans ce qui reste la plus célèbre performance de sa carrière. N'hésitant pas à prendre les postures les plus suggestives, il fait de son espèce de savant fou sexuel une véritable icône du cinéma alternatif.

Les personnages secondaires ont chacun leur particularité qui les rend si réussis : le visage un brin démoniaque d'O Brien fait toujours sa petite impression, Meat Loaf fait une apparition aussi courte que remarquée et le personnage de Patricia Quinn incarne ce qui se rapproche le plus de la succube : sexy as hell!

Le couple de Brad et Janet ne sont pas en reste non plus.
Susan Sarrandon et Barry Bostwick ont su saisir toute l'ironie des situations.
Que ce soit dans leurs dialogues ou leurs attitudes, ils prennent un plaisir jubilatoire à accumuler les répliques de série B.
Leurs personnages sont le cliché parfait du jeune couple américain de classe moyenne : Monsieur se présente d'une poignée de main vigoureuse, arbore un sourire ultrabright à faire rougir de honte un vendeur de voitures et passe son temps à s'étonner, les mains bien posées sur les hanches. Madame est folle de son mari, prude mais au final pas si ingénue que ça...
Elle, son passe temps favori c'est pousser des cris aigus, s'évanouir et se faire poursuivre en sous-vêtements comme toute héroine de vieux film d'horreur qui se respecte.

Sans oublier ce criminologiste qui intervient de temps en temps pour nous expliquer de quoi il retourne. Si au début il demeure flegmatique, il prend vite part à la folie ambiante qui règne dans le film. A le voir, en costume élégant, danser sur son bureau, il donne tout de suite au film un air Montypythonnesque bienvenu.


Les dialogues idiots sont légions mais dans la bouche des acteurs, ils deviennent instantanément cultes :
-You're wet
-Yes it's raining

ou encore l'inoubliable
-Brad?
-Janet?
-Docteur Scott?
-Janet?
-Rocky?
(à répéter trois fois)


Néanmoins, les acteurs parviennent à ne pas se laisser emporter dans la farce pure.
Les personnages, loin d'être des enveloppes vides, possèdent une personnalité parfois étonnament approfondie et malgré les situations absurdes, ce qui se passe à l'écran reste parfaitement crédible.
La mise en scène théâtrale (le film commence par un lever de rideau et de nombreuses séquences se passent sur une scène) et les effets spéciaux fauchés (les tirs de laser) ne nous empêchent jamais de nous attacher aux personnages.
On est même triste à la fin du sort réservé à certains personnages...ce qui prouve le talent des interprètes et du réalisateur à véhiculer des émotions malgré un scénario grotesque et farfelu.


Jamais Obrien et Sharman n'auraient pu prédire que leur film deviendrait un tel phénomène.
Nombreux sont ceux qui se sont essayés à percer les mystères de son succès mais « The Rocky Horror Picture Show » n'est pas un film qui s'analyse, c'est un pur divertissement qui s'apprécie en tant que tel.
Plus de 30 ans après, le film n'a rien perdu de sa superbe.
Kitsh? Assurément! Mais grâce à son ambiance unique et ses costumes intemporels, le film ne subit même pas la marque de son époque.
Le film est pratiquement sans défaut!
Hormis une fin qui traîne en longueur (même un des personnages baille...), il reste un grand spectacle musical, particulièrement élaboré et brillament interprété.



Hommage à la fois aux films d'horreur et de science fiction, thriller amusant et insolent, série B assumée, comédie musicale de mauvais goût (lui aussi assumé), film kitsho-érotique à scandale... « The Rocky Horror Picture Show » est un classique du cinéma qui ne ressemble qu'à lui même.

L'aventure commence par un petit saut à gauche...puis un pas à droite!

Note : ***

Les Berkman se séparent



Il y a bien longtemps que les romans de Bernard n’ont plus de succès alors que sa femme Joan, qui écrit aussi, est en pleine ascension. Rien ne va plus entre eux. Ils ont décidé de divorcer. C’est une catastrophe pour leurs deux fils de 12 et 16ans



Et allez, encore un film sur le divorce ! Les familles monoparentales ont la côte au cinéma, semblerait-il. Le divorce est une source inépuisable pour les scénaristes en manque d’inspiration. Que nous ont t’ils concocté cette fois ci ?
Une comédie romantique à l’eau de rose ("La rupture") ou un mélodrame un peu trop forcé sur le pathos ("Kramer contre Kramer").

Ni l’un ni l’autre. Et autant le dire tout de suite, le scénario du film n’effleure pas une seconde celui des précédents.
Le réalisateur Noah Baumbach est un spécialiste des histoires douce- amères qui font autant rires que réfléchir : c’est le scénariste de "La Vie Aquatique" de Wes Anderson…
Et pas étonnant que le film soit si original quand on sait que c’est Wes Anderson lui-même qui a produit le film.
La trame du scénario part vraiment dans des chemins inattendus. Les personnages principaux ne sont pas seulement des adultes mais aussi des enfants. On a donc de nombreux points de vue différents à travers l’histoire.

Ici pas de pathos rentre dedans façon « Il ne faut pas divorcer, ça fait du mal aux enfants » ou d’humour noir à la "Guerre des Roses".
Non, les situations comme les comportements sont réalistes.
Non, réaliste n’est pas un mot assez fort… Authentiques !
C’est ça, bluffant d’authenticité. Tout comme les acteurs !

Les quatre acteurs principaux sont d’une justesse incroyable. Ils disparaissent littéralement derrière leurs personnages.
La ravissante Laura Linney ("Love Actually") prouve une fois de plus qu’elle est une actrice extraordinaire et Jeff Daniels ("Dumb et Dumber") est absolument méconnaissable.
Les jeunes Jesse Eisenberg et Owen Kline sont eux aussi remarquables de naturel et l'on ne peut qu’éprouver de la sympathie pour leurs personnages.

Seul le transparent William Baldwin ("Backdraft") fait un peu tâche au milieu du décor mais il n’apparaît pas souvent à l’écran.



A travers leurs relations, chacun va tenter de se redéfinir.
Les parents doivent commencer une nouvelle vie chacun de leurs côté tout en oubliant progressivement ce qu’ils ont vécu ensemble et les deux garçons se retrouvent face à une véritable crise d’identité.
Le plus jeune découvre sa sexualité et cherche à rester proche de sa mère tandis que le second se voit inconsciemment conditionné par l’attitude du père : il suit ses conseils et reste très attaché à lui, si bien qu’il finit par rejeter sa mère.

Se définir cela veut aussi dire chercher l’âme sœur.
Si les relations amoureuses des adolescents sont sujets à d’innombrables films plus ou moins navrants vantant une sexualité débridée et des comportements stéréotypés, le film penche plutôt sur l’hyperréalisme de Larry Clark : les situations sont troublantes de crédibilité et les dialogues, étonnamment crus, sont parfois choquants pour qui ne s’y attend pas.


Le budget minuscule n’empêche pas le film d’être réellement abouti sur le plan technique. La photographie faussement ordinaire nous plonge dans un quotidien convaincant et les mouvements de caméra ne perdent pas une miette des dialogues.
Les personnages mis en scène sont intelligents, et cultivés de surcroit, et le réalisateur ne manque jamais une occasion pour placer une référence à un écrivain célèbre ou à des films classiques (notamment ceux de la Nouvelle Vague française).
Mais la référence la plus marquante reste cette chanson des Pink Floyd qui revient comme un leitmotiv, rappelant constamment ces personnages perturbés et isolés que sont devenus les membres de cette famille autrefois si unie.


En associant le réalisme de Larry Clark et la tendresse de Sophia Coppola, Noah Baumbach livre un tableau magnifique d’une famille brisée. Il échappe aux poncifs du genre et ne se veut pas moralisateur pour un sou (pas de Happy End ; on ne peut pas revenir en arrière).
Primé au festival de Sundance (meilleur scénario et meilleur réalisateur), le film est porté aux nues par un quatuor d’acteurs splendides et prometteurs.

Le cinéma indépendant américain dans ce qui se fait de mieux.

Note : ***

Une journée de fous



Quatre pensionnaires d'une clinique psychiatrique de New York sont emmenés en sortie, par leur médecin, pour voir un match de base ball.
Lorsque celui ci disparaît mystérieusement, ils se retrouvent livrés à eux mêmes...




Si le scénario de départ présageait une farce complètement barrée et loufoque, on se rend vite compte que le film tourne à la gentille comédie qui a du mal à se lâcher. L'intrigue reste donc au final très conventionnelle et manque de vrais retournements de situation.


« Une journée de fous » joue entièrement sur l'adaptation des personnages principaux dans un milieu hostile.
Lâchés en pleine ville, les quatre dingos ne peuvent compter sur personne pour leur venir en aide, ils vont donc faire preuve de jugeotte et de débrouillardise afin d'échapper à la police qui les recherche, récupérer leur psy et retourner à l'asile pour l'heure de la soupe.
Ce ne serait pas si compliqué si seulement parmi eux le seul témoin des évènements pouvait s'exprimer autrement que par des dialogues télévisés et que le seul capable de raisonner ne soit en réalité un mythomane chevronné...

Le scénario manque d'originalité, tout comme la mise en scène (en dépit d'une bande son agréable), ce qui fait malheureusement du tort au film car autrement les dialogues sont souvent bien écrits et les personnages sont particulièrement bien campés.

Certains films doivent leur succès à leur scénario, d'autres à la réalisation, « Une journée de fous » fonctionne avant tout grâce à son excellent casting.
Chacun de ces quatre joyeux huluberlus est en effet interprété par un vétéran de la comédie.

Michael Keaton, habitués aux rôles de schizophrènes (« Batman », « Mes Doubles, ma femme et moi ») ou de fous furieux excentriques (« Beetlejuice ») demeure égal à lui-même et s'amuse comme un fou (c'est le cas de le dire) à jouer ce romancier, un rien stressé, qui passe son temps à s'inventer un univers parallèle.

Dans la peau du maniaque qui se prend pour un psychiatre, on retrouve avec plaisir le brillant Christopher Lloyd (« Retour vers le futur », « Qui veut la peau de Roger Rabbit? »).
L'acteur prouve une fois l'étendue de son talent car en dépit du perfectionnisme irritant de son personnage, il parvient à le rendre réellement émouvant.

Stephen Furst, l'une des idoles de « Animal House », ( qui reste pour beaucoup LA comédie américaine culte pour ados) impressionne lui aussi. Bien que son seul moyen de communication passe par la répétition de commentaires sportifs et de répliques publicitaires, il réussit à donner une vraie présence à son personnage grace à ses expressions grotesques.

Mais parmi les quatre, celui qui tire le plus son épingle du jeu est sans conteste l'immense Peter Boyle (« Frankenstein Junior »).
Il y joue un publicitaire qui se prend pour le Christ avec une délectation évidente. A lui seul, il demeure une inépuisable source de gags.
Il transmet sa bonne humeur au reste du casting et chaque apparition de son illuminé de personnage est absolument tordante.



Mettez ces quatre là dans une pièce fermée et regardez les s'entre-dévorer...
Leurs personnalités antagonistes font qu'ils se haissent et passent leur temps à se mettre des bâtons dans les roues mais lorsqu'ils se retrouvent livrés à eux même, ils n'ont pas le choix que d'unir leurs forces. Sans pour autant oublier leurs petites querelles...

En dépit de leur talent, si les acteurs avaient interprété de simples stéréotypes vides et sans charisme, leurs efforts auraient été rapidement réduits à néant.
C'est justement la plus grande qualité du film que de mettre en scène des personnages complexes et plein de défauts, donc humains.
Chacun a sa petite histoire personnelle et le film recèle quelques moments touchants, sans pour autant que le réalisateur fasse couiner les violons pour un oui ou pour un non.
Personne ne fondra en larmes devant ce film mais il faut reconnaître que la mise en scène fait bien ressentir les sentiments des personnages, les rendant d'autant plus attachants.


« Une journée de fous » n'a rien d'un « Vol au dessus d'un nid de coucous » en extérieur.
Même si certains rebondissements ingénieux le rendent attrayant, le scénario fait dans la facilité et n'échappe pas aux incohérences.
En revanche, le film bénéficie d'un sacré quatuor d'acteurs, tous contents d'être là.
Ils débordent d'énergie et d'enthousiasme et on prend un réel plaisir à suivre les pérégrinations rocambolesques de ces individus hors de leur bocal.

« Une journée de fous » est une petite comédie sympathique trop méconnue qui mérite qu'on lui laisse sa chance.
Le film ne vaut que pour son casting, mais quel casting!

Note : **

lundi 15 juin 2009

Smart People


Le professeur Lawrence Wetherhold a beau être extraordinairement intelligent, parfaitement maître de lui et intellectuellement brillant, il est résolument incompétent en matière sentimentale et relationnelle.
Depuis qu'il est veuf, Lawrence n'a plus de goût pour rien, y compris pour la littérature victorienne dont il est spécialiste. Quand son frère débarque à l'improviste pour s'incruster chez lui et qu'au même moment il rencontre par hasard Janet, une de ses anciennes étudiantes, il sort soudain de sa torpeur.




Un titre pareil (les intellos) ça sentait la satire à plein nez. Qui ne s'est jamais retrouvé face à un type exécrable et suffisant dont l'activité favorite était de s'écouter parler?
Lawrence fait partie de cette catégorie de gens. Il n'aime personne et personne ne l'aime, il a des problèmes avec sa famille et rame pour trouver une relation stable. Le pauvre. Et en plus de ça il est prof et il est aussi passionnant qu'un reportage sur la fabrication des pieds de table. Y en a qui ont vraiment pas de chance.


Très vite on se rend compte que le film n'est pas aussi drôle qu'il le laissait penser et la satire attendue fait place à la comédie romantique américaine typique : mou du genou et bas de plafond. Le scénario tire sur les grosses ficelles, le méchant monsieur devient plus gentil qu'au début du film, il trouve la femme de ses rêves et tout le monde l'adore. Fin

Ah, désolé du spoiler... En même temps je viens de vous éviter une heure et demi d'insoutenables souffrances. Tant du point de vue visuel que sonore.
La mise en scène étant plate au possible (dialogues uniquement en champ/contre-champ, aucune efficacité dans les ellipses...), le réalisateur a la bonne idée de souligner les sentiments des personnages par la musique. L'idée n'est bien sûr pas nouvelle mais quand elle est utilisée sans talent, ça peut faire peur...
Dans les faits, il ne se passe pas 5 minutes sans qu'un morceau de rock molasson fasse interruption pour tenter de relever le niveau déjà pathétique de la mise en scène.
Quand la musique est bonne (comme dirait l'autre...), on peut passer l'éponge mais quand celle ci regroupe les morceaux les plus exaspérants du moment, ça devient un véritable supplice.
Vu que ces chansons racontent toujours la même chose, imaginez le nombre de voix mielleuses bafouillant des flots de paroles insipides que l'on doit supporter avant le messianique générique final...


Le film bénéficiait pourtant d'un casting capable du meilleur, malheureusement les acteurs sont réduits à leur plus simple expression.
Dennis Quaid (« Le jour d'après »),censé jouer le prof ronchon et misanthrope, écope pour la peine d'une barbe hirsute et d'un bide d'amateur de houblon mais demeure éternellement monolithique. Quant à Sarah Jessica Parker (« Sex and the City »), l'infirmiè(v)re qui tombe amoureuse de son patient-oh comme c'est original, elle se contente de jouer les potiches blondes sans aucune subtilité.
L'alchimie entre eux est aussi plausible que le script du film et leur manque flagrant de complicité compte beaucoup dans la déception du spectateur.

Si l'on devait sauver quelque chose se serait du côté des seconds rôles avec Thomas Haden Church (« Sideways) et la charmante Ellen Page (la révélation de « Juno » et « Hard Candy ») qui parviennent à insuffler un minimum de vie à leur personnage.
Mais ce n'est pas suffisant pour sauver ce navet des profondeurs abyssales dans lesquelles il sombre du début à la fin.



Ne vous fiez pas à son titre lorgnant sur la satire sociale : « Smart People » pourrait être renommé « La comédie romantique pour les nuls ».
Tout les gros clichés du genre y sont. La réalisation oscille entre le navrant et le désespérant, les acteurs principaux parlent dans le vide et même la musique est crispante... Les amateurs de films à l'eau de rose qui nous prennent pour des nouilles apprécieront peut-être, mais je les plains.
Wanna be smart, watch something else!

Note : 0

Mystery Men



Trois modestes apprentis héros arpentent les rues de Champion City dans l'espoir d'exercer leurs dons contre quelque méchant et ainsi attirer l'attention des médias.
Seulement Champion City a déjà son héros, capitaine Admirable, bien sous tout rapport et vaniteux comme un paon. La chance se présente aux trois lascars quand ce dernier se fait séquestrer par le terrible Casanova Frankenstein.




Avec tous ces films de super-héros sortis ces dernières années, il était inévitable que le genre tombe sous le joug de la parodie. Mais alors que la plupart des pastiches se contentent plus ou moins de reprendre des séquences célèbres de films qui ne le sont pas moins, « Mystery Men » sort du lot en proposant une histoire originale et intelligente à la fois.

Loin des grandes figures qui ont fait les beaux jours de Marvel et DC Comics, les personnages de « Mystery Men » ne sont en réalité que de pauvres âmes en quête de reconnaissance qui se sont découvert un talent caché, plus ou moins utile et efficace, et qui s'en servent pour combattre le crime. Malheureusement pour eux, le Capitaine Admirable, un Superman sponsorisé, passe son temps à leur voler la vedette et au vu des raclées mémorables qu'ils se prennent à chaque affrontement, ce n'est pas demain que les choses vont changer...



L'intérêt du film est double.

Avant tout, il propose, comme dit précedemment, un scénario inhabituel à la fois travaillé et rendant hommage au genre qu'il parodie. Non seulement il met en scène des personnages attachants mais il ose reprendre les clichés du genre pour les réutiliser à sa sauce.
Les héros du film doivent évidemment sauver le monde d'un savant fou qui a mis un plan diabolique pour gouverner le monde mais les personnages sont bien loin des puissants justiciers de « La Ligue des Gentlemen Extraordinaires » : parmi eux, on trouve un lanceur de fourchettes, un type qui ne se bat qu'avec une pelle, un autre qui devient invisible quand personne ne le regarde(!) ou encore un Hulk en puissance qui...ne se transforme jamais.
De même, le méchant de service vit, comme tout bon méchant qui se respecte, dans un manoir isolé mais ses sbires, eux, sont de redoutables...danseurs de disco.
Le film brille donc par un grand n'importe quoi assumé et fourmille de bonnes idées.

Le second intérêt c'est son casting.
Parmi les héros de tête on apprécie le talent de William H Macy (« Fargo », « Jurassic Park 3 », « Boogie Nights ») qui parvient à rendre « La Pelle » émouvant et crédible, ce qui n'était pas chose facile vu son accoutrement.
De même, Ben Stiller est plutôt convaincant dans la peau de Mr Furious, un type controlé par une rage destructrice qui ne veut jamais sortir. Si la présence du comique au générique peut faire hérisser le poil de certains, force est d'avouer qu'il sait créer une certaine personnalité à ce looser pathétique trop sur de lui.
Parmi les rôles secondaires, Greg Kinnear joue les Superman d'opérette avec grandiloquence et Claire Forlani (« Rock », « Antitrust », « Rencontre avec Joe Black ») prête son charme à la serveuse dont Furious tombe amoureux et qui sert pour lui de connection entre son monde et la réalité.

Mais que serait un film de super héros sans vilain digne de ce nom? Et ce nom c'est Frankenstein (allons-y gaiment dans la caricature), un savant fou excentrique qui veut mettre le monde à sa botte et c'est le formidable Geoffrey Rush qui l'interprète. Tout comme dans la peau du terrible Barbossa (« Pirates des Caraïbes »), Rush livre une prestation savoureuse privilégiant une voix suave et un ton narquois à des vociférations inutiles, inhérentes à ce genre de personnage. Pour l'occasion, il s'approprie même un accent allemand, à couper au couteau.



Un bon casting, un scénario intéressant mais une réalisation qui manque parfois de punch. Visiblement doté d'un petit budget, le réalisateur réussit, surtout grace à une bande son rythmée et à un montage efficace, à donner envie de suivre les personnages dans leurs péripéties loufoques. Les scènes d'action ne sont pas désagréables sans pour autant sortir du lot mais les différentes explosions n'ont pas vraiment l'ampleur visuelle recherchée et les (rares) images de synthèse, bien qu'employées à bon escient, souffrent d'un manque de finition.



« Mystery Men » est une sympathique comédie qui se distingue par un casting de qualité et une histoire inhabituelle. Reprenant les poncifs du film de super héros, il les mélange à un humour à la fois potache et absurde et donne une profondeur peu commune à ses personnages. Seul bémol, une mise en scène quelque peu poussive et des effets spéciaux pas toujours réussis.
Mais rien de bien méchant.

Note : **

Coraline


Coraline Jones est une fillette intrépide et douée d'une curiosité sans limites. Ses parents, qui ont tout juste emménagé avec elle dans une étrange maison, n'ont guère de temps à lui consacrer. Pour tromper son ennui, Coraline décide donc de jouer les exploratrices. Ouvrant une porte condamnée, elle pénètre dans un appartement apparemment identique au sien...




On l'oublie souvent mais ce n'est pas Tim burton qui a réalisé « L'Etrange Noël de Monsieur Jack » mais Henry Selick, également auteur du méconnu « James et la Pêche Géante ». Après de longues années passées dans l'ombre de son confrère (il faut dire ce qui est...), ce prodige de l'animation image par image revient enfin sur le devant de la scène avec un nouveau long métrage qui va marquer les esprits : « Coraline .


Après « Les Noces Funèbres », de Tim Burton justement, « Coraline » nous montre à son tour qu'à l'heure du tout numérique, l'animation traditionnelle a encore de beaux jours devant elle. Tout comme les images de synthèse, la technique de l'image par image a progressé de façon sidérante et on reste abasourdi face aux améliorations dont bénéficie « Coraline ».
Il est loin le temps du Jack filiforme qui ne pouvait prendre qu'une « petite centaine » d'expressions différentes : ici non seulement les personnages sont incroyablement réalistes mais leur nombre d'expressions faciales semble purement infini. A ma connaissance aucun long métrage animé de cette manière n'a déjà mis en scène des personnages si humains...même si on n'échappe pas à la caricature (volontaire) de certains protagonistes.

Pour autant, Selick et son équipe n'ont pas cherché à reproduire basiquement des êtres humains dont seule la perfection plastique susciterait l'enthousiasme.
Au contraire loin de représenter chaque muscle et chaque plissement de peau, les créateurs du film se sont essentiellement concentrés sur les traits spécifiques de chaque personnage de manière à ce que leur personnalité transparaisse à travers leurs différentes attitudes. J'enfonce peut être une porte ouverte mais c'est tellement frustrant dans l'animation quand des personnages (en images de synthèse le plus souvent) incroyablement réalistes demeurent froids comme la glace...

Ici rien à craindre. Les personnages sont tellement convaincants que l'on oublie très rapidement qu'il s'agit de simples marionnettes.
Le meilleur exemple est certainement le personnage principal, Coraline, qui semble plus vraie que nature. Cette petite fille espiègle en qûete de liberté et de nouveauté que ne peuvent pas lui offrir ses parents, éternellement absorbés par leur travail, possède des mimiques absolument irrésistibles !

Mais « Coraline » ce n'est pas juste les personnages ce sont aussi les décors.
Tout comme dans les « Noces Funèbres », la vie réelle est désespéremment morne et terne (il pleut sans arrêt et un épais brouillard vient masquer l'horizon, ne laissant plus entrevoir que le vieux manoir délabré où vient d'emmenager Coraline) tandis que le nouveau monde qui s'offre à elle est un enchantement de tous les instants.

Alors que Coraline découvre ce monde parallèle, difficile de s'empêcher de comparer le film de Selick avec celui de Burton. Chez Burton le monde des morts se veut peinturluré de couleurs vives, que les rues illuminées rendent chatoyantes. Dans « Coraline » les décors ne sont pas bariolés ils sont resplendissants, les couleurs ne sont pas chatoyantes, elles sont éclatantes et l'autre demeure de Coraline n'est pas illuminée mais brûle de mille feux à la clarté de la lune!

La caméra de Selick ne perd d'ailleurs aucune miette de ces visions à l'éffarante beauté et ne semble connaître aucune limite pour évoluer dans les décors. Pour ce genre de film, la fluidité des mouvements est exemplaire
A elle seule la scène du jardin suffit pour nous prouver l'importance des moyens mis en oeuvre pour créer ces extérieurs à la fois gigantesques et majestueux : la caméra se pose sur chaque végétal, qui s'éveille alors au passage de Coraline, puis virevolte avant de s'envoler dans les airs pour un travelling arrière grandiose.



Mais tout n'est pas rose au pays de Coraline et une fois que le ton de l'histoire s'assombrit, le film fait de même. Nos certitudes s'effondrent alors comme un vulgaire château de cartes et les couleurs scintillantes font place à une esthétique macabre plus Burtonnienne (on pense notamment à « Beetlejuice » et à « Edward aux mains d'argent ») tandis que les personnages se métamorphosent en créatures difformes et les meubles en insectes géants...

C'est à ce moment que le film commence à poser certaines questions en filigrane comme : Jusqu'où est-on prêt à aller pour une vie meilleure? Et surtout qu'est-on prêt à perdre pour l'obtenir?
En tant que conte moral pour enfants, le film nous montre que l'herbe n'est pas forcément plus verte dans le pré d'à côté et qu'il faut savoir accepter ce que l'on a déjà.
Evidemment le thème de l'oeil, du masque et du miroir sont très présents tout au long du film et les apparences sont, une fois encore, bien trompeuses...
Sans oublier que le thème du double, voire du doppleganger-du quoi?-n'est pas étranger non plus ; rien que le nom de l'héroine rappelle le sujet(Coraline/Caroline).


La qualité artistique du film est également due à son ambiance sonore.
Les doublages des différents personnages sont remarquables, surtout Teri Hatcher (« Desperate Housevives) qui doit jouer sur plusieurs registres. Mais la palme revient naturellement à la jeune Dakota Fanning (« Man on Fire», « La Guerre des Mondes ») qui se glisse avec talent dans la peau de la malicieuse Coraline, en lui prêtant sa voix.
Et autant que les voix, c'est bien la musique qui crée le charme angoissant du film. Suscitant parfois l'appréhension, parfois le sentiment, parfois la fascination, Bruno Coulais ("Microcosmos ", "Les Choristes") réussit une BO magnifique, employant intelligemment des choeurs d'enfants et des chansons plus traditionnelles.



Si visuellement « Coraline » est unique en son genre, il n'est certainement pas vierge de toute référence. Au contraire, il mélange habilement les clins d'oeil aux contes à la littérature et au cinéma.
En premier lieu on reconnaît évidemment « Alice au Pays des Merveilles » : le tunnel qui mène à un monde surréaliste et psychédélique mais aussi le chat parlant qui sert de guide à Coraline et le thème du miroir que l'on peut, ou non, traverser (« Through the looking glass »).
Sans oublier que les personnes que l'on croit folles dans le monde réel (le russe excentrique, les voisines légèrement séniles) et que l'on redoute ( le père de Coraline sursaute quand des sans abris se mettent à faire leur numéro) ne deviennent qu'une formalité dans l'autre monde : comme le lièvre et le chapelier dans le livre de Lewis Caroll, tout le monde est fou là bas.
On pourra aussi reconnaître « Le bossu de notre Dame » ou encore « La Belle et la Bete » d'après l'idylle qui se forme entre Coraline et Padbol, qui se tient souvent bizarrement et qui agit de même.
La séquence où les voisines se griment en sirène au théâtre peut également être un clin d'oeil au « Aventures du Baron de Munchausen ».
Le splendide jardin, immense et luxuriant, semble sortir tout droit du « Magicien d'Oz » de Fleming, quant au néant, qui efface toute trace de vie, n'est-il pas réminescent de « L'Histoire sans Fin »?
Toutes ces références sont probablement fortuites mais elles accentuent
indéniablement l'harmonie visuelle du film.



A une époque où l'animation ne semble plus jurer que par les images de synthèse, « Coraline » apparaît comme une véritable bouffée d'air frais.
A la fois beau, drôle et effrayant, il met en scène une jeune héroine adorable et crédible et bénéficie d'une direction artistique hors du commun.
Un joli conte-pour enfants comme pour adultes-réalisé avec des doigts de fée.
Un vrai coup de coeur!

Note : ****

Le bazaar de l'épouvante


C'est dans la petite ville de Castle Rock que vient s'installer Leland Gaunt, un brocanteur qui propose, pour un prix dérisoire, les objets dont chacun rêve depuis longtemps. Le succès est immédiat mais ces achats réveillent des haines enfouies.
La situation s'envenime rapidement, jusqu'à l'irréparable.
Qui est Leland Gaunt? Serait-ce le Diable en personne?



« Le bazaar de l'épouvante » (à ne pas confondre avec « La petite boutique des horreurs »...) est l'une des nombreuses adaptations des romans de Stephen King pour le grand écran. Comme la plupart de ses oeuvres, le film traite de ses sujets de prédilection : la religion (« La ligne verte », « The Mist ») et le matérialisme (« Christine », « Maximum Overdrive »...).
Le rapport à la religion est évident mais ici ce n'est pas tant les objets qui sont possédés que leurs possesseurs respectifs qui sont obligés de commettre des actes horribles afin de les acquérir.
En d'autres termes : ils doivent vendre leur âme au diable...


Pour citer un film connu : « Le coup le plus rusé que le diable ait jamais réussi, ça a été de faire croire à tout le monde qu'il n'existait pas... ». Mais il existe. Il vit à Castle Rock, s'appelle Leland Gaunt et il a les traits de Max Von Sydow.
Pour autant, il n'est pas comme on se l'imagine.
Pas de cornes, ni de sabots apparents. C'est un homme, la cinquantaine, fier et clinquant dans sa redingonte.
Et alors qu'on pourrait penser que l'acteur en fait des tonnes pour tenter d'incarner le mal absolu (cf Al Pacino dans « L'avocat du Diable »), rien ne laisse transparaître sa véritable identité.
Allure sophistiquée, bonnes manières, sourire mielleux et d'une bienveillance désarmante, le Mal sait se faire discret.

Son but : mettre la ville à feu et à sang. Normal. Mais pas question de salir ses petites mimines quand on peut laisser les autres faire le sale travail.
En incitant les habitants de Castle Rock à jouer une « petite farce » à leurs voisins, il crée aussitôt une sacrée zizanie, semant la violence et la mort sur son passage.
C'est alors que, confortablement installé dans son fauteuil Louis XVI, on le surprend à savourer chaque victoire, les yeux illuminés de noirceur (et un oxymore, un!), les dents retroussées en un sourire angoissant...


L'une des plus grandes qualités du film c'est assurément son casting.
Max Von Sydow n'est certes pas inconnu des amateurs de fantastique puisqu'il il interprétait l'exorciste dans le film du même nom. Il est une fois de plus remarquable, apportant une vraie présence à son personnage, tout comme le formidable Ed Harris (« Abbys », « Rock »), en flic désabusé et taciturne.
Parmi les rôles secondaires, on appréciera, entre autres, les prestations de Bonnie Bedelia (« Piège de Cristal »), Amanda Plummer ("Pulp Fiction") et de J T Walsh ("Breakdown"), chacun sachant mettre en avant le côté noir de son personnage et jouer la folie avec conviction.


Si généralement les adaptations de Stephen King au cinéma se concentrent surtout sur les effets visuels, « Le bazaar de l'épouvante » échappe à la règle et met en scène à la fois des personnages crédibles et une histoire solide.
Chaque personnage est unique et tout le monde a ses petits comptes à régler. Les dialogues, pour la plupart tragi-comiques, sont particulièrement soignés et empreints d'un humour noir bienvenu, notamment grace à toutes les allusions et les sous-entendus sur la personnalité de Gaunt...

Pour autant, la réalisation elle même n'est pas en reste.
Non seulement, l'atmosphère lugubre du film est élégamment retranscrise par une photographie asez poisseuse, accentuée par la pluie et un froid déprimant, mais le film bénéficie d'une ambiance sonore qui met en valeur les scènes les plus importantes. Aux grandioses partitions de Patrick Doyle, d'un lyrisme mystérieux, s'ajoutent un « Ave Maria » de toute beauté, qui souligne paradoxalement un affrontement sanglant entre deux femmes, et quelques tubes de country qui mettent l'accent sur le côté paumé de la petite ville.

De même quand il s'agit de filmer l'action pure, le réalisateur connait les ficelles et ne lésine pas sur les combats à mains nues, à l'arme blanche ou à la pétoire pure et simple. Quant à l'explosion finale, un grand classique dans ce genre de film, elle s'avère absolument stupéfiante, magnifiée par des ralentis et des cadrages de haute volée.


Pour reprendre une réplique du film : « Après tout on a eu quelques beaux meurtres, quelques très belles explosions. Entre nous, il n'y a pas de quoi pavoiser, en effet. ».
Autrement dit, le film ne restera pas dans les annales. Pourtant on ne peut nier son efficacité. « Le bazaar de l'épouvante » n'est certainement pas la meilleure adaptation de Stephen King mais reste un film fantastique très appréciable, porté par des acteurs de renom et mis en scène avec talent.


Note : ***


Une petite anecdote pour finir, le film est distribué par Castle Rock Entertainment et se déroule justement à Castle Rock. On peut donc voir le phare du logo de la société plusiseurs fois au cours du film. Voilà ça ne sert à rien mais c'est sympa de le savoir...