samedi 28 mars 2009

La guerre des mondes



Été 1954. Une météorite s’écrase près de la petite localité de Linda Rosa en Californie provoquant un début de feu de forêt. Une fois l'incendie circonscrit, le shérif de la ville fait quérir le Dr Forrester, brillant astronome et physicien nucléaire qui passe ses vacances à 20 km de là, pour connaître son avis. Arrivé sur place, le scientifique constate que le corps céleste est encore trop chaud pour être examiné, et qu'il est de plus radioactif. Le shérif décide alors de renvoyer les badauds et ne laisse que trois hommes près du cratère pour prévenir tout nouvel incendie. Restées seules, les trois vigies se retrouvent bientôt confrontées à «l'œil mécanique» qui sort de la météorite. Comme ils tentent d'entrer en communication, ils sont désintégrés par un rayon mortel. L'invasion de la Terre a commencé...



Tout a commencé lorsqu'un animateur lit un passage du roman de l'écrivain HG Wells à la radio.
Les auditeurs entendent soudainement parler d'une invasion extraterrestre.
Il paraîtrait que des soucoupes volantes armées de rayons meurtriers ont déjà rasé plusieurs villes et ne laissent aucun survivant!

Je vous laisse imaginer la terreur dans laquelle ont été plongés des centaines de personnes avant de comprendre qu'il ne s'agissait d'un simple canular...

Cette anecdote est restée célèbre dans l'histoire et il n'en fallait pas plus pour que le livre devienne un film. C'est le producteur renommé George Pal, à qui on doit « Destination Moon » et « When worlds collide », qui en prend les commandes.
Doté d'un budget impressionnant, "La Guerre des Mondes" devient donc une superproduction grandiose dont le tournage s'étalera sur deux ans.

Pour bien apprécier la valeur du film il faut se replacer dans le contexte de l'époque.

Les années 50, c'est l'après guerre. Les Etats Unis sont à la tête de l'économie mondiale et Hollywood est une industrie florissante. Mais c'est aussi, l'époque du Maccarthysme et de la chasse aux communistes. En même temps que la société de consommation grandit à vue d'oeil, la méfiance vis à vis de son voisin fait de même.
C'est aussi le début de la guerre froide et des nouvelles avancées technologiques, comme la bombe atomique que tout le monde se met à craindre.

En temps qu'exutoire, le cinéma met en scène ces peurs pour mieux les exorciser.
Sur les écrans, le rêve américain n'est plus menacé par des communistes mais par des extraterrestres.

A l'époque on voit donc fleurir des dizaines de films sur des êtres venus d'une autre planète.
"La guerre des mondes" est un de ceux là.

L'histoire est on ne peut plus basique : une série de météores viennent s'écraser sur la Terre. Chacun contient des soucoupes volantes qui, une fois sorties, vont exterminer tout ce qui bouge. Face à la menace, les hommes s'organisent.

Fidèle à son époque, le film est bourré de stéréotypes.
Le héros est un homme intelligent et courageux et l'héroine est aussi belle qu' inutile. Son rôle se résume à tomber dans les bras du héros et à pousser des cris stridents assez désagréables. De plus, en bon film américain, le rapport à la religion est présent tout le long.

Et pour ne pas changer, une fois que le reste du monde a été annihilé, les Etats Unis sont les seuls à tenir encore le coup. C'est toujours eux les plus forts!
Bel élan patriotique...

Le film lui même joue beaucoup sur les peurs primaires des américains à cette époque : que faire quand l'armée et la religion demeurent inefficaces contre l'envahisseur?

Une des premières scènes de l'attaque des extraterrestres montre un prêtre qui marche vers une soucoupe avant de se faire désintégrer.
Quand l'armée devient inutile, le recours à la bombe A devient nécessaire.
Mais quand elle aussi reste sans effet, la panique est totale.

Imaginez le public de l'époque (beaucoup plus crédule et impressionnable qu'aujourd'hui) être confronté à un être inconnu que même l'arme la plus puissante du monde ne peut arrêter et vous comprendrez pourquoi le film a eu une telle réputation en son temps.


Il faut reconnaître que le film a beaucoup vieilli et qu'aujourd'hui certaines scènes font plus rire que frémir ( la scène où le Martien descend dans la maison..).
La faute à des maquettes un peu trop visibles et des effets de désintégration assez risibles.

Le plus gros reproche c'est sûrement ces images d'archives dont le réalisateur use et abuse quand il veut montrer un tank ou des canons en action.
Non seulement, elles sont trop facilement reconnaissables (la pellicule est abîmée à ces moments là) mais ce sont souvent les mêmes(!) qui repassent.

En revanche, la mise en scène est plutôt bien exploitée. Les explications scientifiques pullulent et sont tout à fait plausibles, les acteurs sont convaincants (le couple principal reste assez charismatique malgré tout) et le réalisateur sait créer une ambiance prenante.

Le prologue qui fait défiler des vidéos des deux guerres mondiales laisse place à des images de la Terre vue de l'espace et d'autres planètes.
Lorsque les extraterrestres lancent une attaque mondiale, les images de destruction et d'exodes se multiplient et sont intelligemment placées en fond alors que les soucoupes sont filmées au premier plan.

Même si l'effet reste facile, il ne perd rien de son efficacité.

Le design des soucoupes est légendaire. Quant à la photographie, elle ajoute énormément à la présence angoissante des Martiens.
Les lueurs spectrales, les lasers aveuglants, les éclairages colorés et la spectaculaire explosion atomique font partie du meilleur de ce que le Technicolor de l'époque pouvait offrir.

Mais c'est la fin qui retient le plus l'attention.
Le héros court dans des rues totalement désertes, des émeutes éclatent, les gens se battent et fuient dans tous les sens.
On se frappe sans retenue, on cherche désespéremment un véhicule pour fuir le plus rapidement.
Pendant ce temps, les soucoupes survolent la ville semant la destruction et le chaos.

A ce moment là, les maquettes sont moins visibles. Les bâtiments s'enflamment et tombent en morceaux. Les explosions impressionnent, magnifiées par des effets sonores assourdissants.
On a réellement l'impression d'assister à la fin du monde!

Plus de 50 après, ces images demeurent toujours aussi stupéfiantes et on comprend pourquoi le film a reçu l'oscar des meilleurs effets spéciaux.

Malgré son coup de vieux, le film mérite l'indulgence.
Il ne faut pas oublier qu'en 1952 l'homme n'avait pas encore mis le pied sur la Lune et que ni "2001" ni "Star Wars" n'existaient.
HG Wells et le réalisateur ne pouvaient donc se baser que sur des références extrêmement limitées.

La Guerre des Mondes est considéré comme l'un des plus fabuleux film de science-fiction de tous les temps.
On ne compte plus les films contemporains qui lui font encore référence ("Mars Attack" et "Independence Day" pour ne citer qu'eux).

Rien de plus normal qu'un des plus grands réalisateurs de notre temps ait décidé d'en faire un remake...

Note : ***

Silkwood




Karen Silkwood travaille dans un laboratoire de traitement nucléaire. Les cas de contaminations se multiplient et Karen tente de savoir quel danger réel représente la manipulation de plutonium.
Mais la direction de l'entreprise met tout en oeuvre pour l'empêcher de découvrir la vérité.



Inspiré de l'histoire vraie de Karen Silkwood, le film met en scène les dangers de la radioactivité sur le corps humain dont ses implications avec le cancer.
Karen est interprétée par Meryl Streep, qui livre une fois de plus une performance exceptionnelle.

A ses côtés on trouve le toujours impeccable Kurt Russel et la chanteuse Cher.
Si l'on ne s'étonne même plus du talent des deux premiers, Cher nous en met plein la vue.
Non pas qu'elle en fasse des tonnes, au contraire son personnage de lesbienne paumée est sidérante de crédibilité. Méconnaissable, jamais l'actrice n'aura paru aussi naturelle et authentique à l'écran.
Son interprétation lui vaudra une nomination à l'oscar du meilleur second rôle féminin et une victoire aux Golden Globes.

Les personnages sont aussi attachants que crédibles et, en prenant le parti de les montrer sous leur meilleur jour comme sous le pire, le réalisateur n'en fait pas des stéréotypes mais bien des êtres humains, qui rient, qui pleurent mais surtout qui souffrent...
On ne peut que s'identifier à ce qui leur arrive.


Si le film est bien tiré d'une histoire vraie, il fallait un scénariste et un réalisateur dignes de ce nom pour pouvoir porter l'histoire de Karen à l'écran.
Nora Ephron, scénariste renommée de « Quand Harry rencontre Sally » concentre autant le film sur le rôle de Karen au sein du syndicat et de l'usine que sur sa vie privée. L'un comme l'autre sont particulièrement mouvementés.

En devenant la porte parole des employés du laboratoire, elle se met le personnel à dos.
Si elle se préoccupe des dangers de la radioactivité sur leur santé, les employés sont inquiets qu'elle fasse fermer l'usine et qu'ils se retrouvent au chômage à cause d'elle.
L'ambiance de camaraderie du départ dégénère rapidement et l'atmosphère malsaine qui en découle entraîne directement une paranoïa compulsive.

Quant à sa vie privée, sa volonté d'aller jusqu'au bout va entraîner des tensions avec son petit copain et l'amie qu'elle héberge.

Mike Nichols (« Working Girl ») apporte un soin particulier à la réalisation qui en devient presque dangereuse pour le palpitant, tant le film est riche en émotions fortes.
Sa mise en scène impersonelle nous plonge directement dans un univers sombre et réaliste, relayé par des décors froids (les murs blancs du laboratoire).

L'absence quasi constante de musique et les rares indices dans la narration nous empêchent de prévoir ce qui va arriver et certaines scènes n'en sont que plus choquantes.
Lorsque Karen fait sonner l'alarme pour la première fois, la scène est presque étouffante autant pour l'actrice que pour le spectateur. Quant aux scènes de douche filmées en gros plans continus, elles sont absolument effroyables.
Impossible non plus d'oublier la séquence où une équipe en combinaison anti-radiations s'engouffre dans la maison de Karen avant de la vider entièrement (la maison, pas Karen...).


Nichols ne cherche jamais l'esbrouffe visuelle.
En se contentant de laisser tourner la caméra lorsque les acteurs sont à l'écran, il réduit les effets de montage au minimum et imprègne au film un côté aussi dur que poignant.

Nominé 5 fois aux oscars (meilleur actrice, meilleur second rôle, meilleur montage, meilleur scénario, le film est autant un pamphlet virulent contre les industries inconscientes et irresponsables face aux dangers, dus à la manipulation des énergies radioactives, qu'un thriller terrifiant interprété par un trio d'acteurs remarquables .
Malgré quelques longueurs, « Silkwood » est un film qui secoue, dans le bon sens du terme.

Note : ***

mardi 17 mars 2009

Infernal Affairs 2




Hong-Kong. 1991. Kwun, le parrain des parrains est assassiné.
A la surprise générale, son fils Hua décide de reprendre les affaires avec le soutien de Sam. Redoutant une guerre des gangs sanglant, l'inspecteur Wong se prépare à infiltrer la triade via Yan, un jeune policier.
Parallèlement, afin d'épier les forces de Wong, Sam infiltre la police au moyen de sa taupe Ming...



« Infernal Affairs 2 » est la suite d'un des plus grands succès du cinéma hong-kongais de tous les temps. Ou plutôt le préquel, car l'histoire qui s'y déroule est antérieure aux événements du premier film.

Malgré le carton mondial du premier opus, « Infernal Affairs 2 » se présageait sous les plus mauvais augures.

En racontant les débuts prometteurs des deux infiltrés, les scénaristes se heurtaient à un problème majeur. En effet, les personnages auraient eu beau se prendre des dizaines de balles, sauter du haut d'un immeuble avant de passer sous un camion, le suspense n'aurait pas évolué d'un iota.
La raison est simple : on sait qu'ils vont survivre...

De plus, l'absence de Andy Law et Tony Leug au casting ne présageait pas un aussi gros succès au box office que le précédent.

Ces inconvénients majeurs n'ont pourtant pas rebuté les créateurs de la saga puisque ce second volet se hisse aisément à la hauteur du premier. Mais dans une optique différente.

Les réalisateurs et scénaristes profitent de ce prologue pour, non seulement présenter la jeunesse des deux protagonistes principaux, mais aussi approfondir les seconds rôles.

Car si « Infernal Affairs » fut un aussi bon film, ce n'était pas seulement du aux deux acteurs principaux : les interprètes de Sam et de l'inspecteur Wong volaient parfois la vedette aux deux têtes d'affiche.

C'est donc avec plaisir qu'on retrouve Eric Tsang et Anthony Wong, superbes, dans de nombreuses séquences qui développent autant l'histoire d'amitié entre Sam et Wong que leur côté sombre.

Comme eux d'autres acteurs du premier film refont leur apparition de manière à assurer une continuité scénaristique mais plusieurs nouvelles têtes pointent le bout de leur nez, dont Edison Chen et Shawn Yue qui jouent respectivement les jeunes Ming et Yan.
Bien que le magnétisme des anciens acteurs se fasse parfois cruellement sentir, les petits nouveaux s'affirment en dignes successeurs.

Du côté de la réalisation, rien n'a changé. On retrouve les images au ton bleuté et la mise en scène incisive du premier qui confirment le talent visuel des réalisateurs.
De même la musique est toujours aussi riche : entre chansons chinoises de qualité et rythmes de batterie trépidant, le film soigne son ambiance sonore.

Certains morceaux lyriques sont carrément joués par un orchestre entier, donnant à l'histoire des accents de véritable tragédie grecque. Et ce n'est pas innocent vu l'ampleur et la noirceur du scénario.


En parlant du scénario, si le premier volet était un film d'espionnage marqué par les influences de Michael Mann (pour l'esthétique), le second s'apparente plus aux grandes fresques représentant la mafia.

« Infernal Affairs 2 » se focalise en effet sur les méthodes (expéditives) des gangsters pour s'imposer à la tête des Triades chinoises et leurs démêlés avec les autorités.

Le scénario fait appel à une large galerie de personnages mais, bien que définis en étant d'un côté ou de l'autre de la justice, personne n'est ni tout noir ni tout blanc.
« Mo Gan Doh »,le titre original, est en effet un lieu entre le Paradis et l'Enfer où il est impossible de distinguer ce qui est pur de ce qui ne l'est pas.
Les personnages sont donc ambigus ce qui les rend plus riches.
Et ce sont bien leurs relations complexes qui sont au cœur même du film.

Au niveau de l'imbrication des nombreuses intrigues, de son scénario qui s'étend sur plusieurs périodes et de ses pics de violence fulgurants, ce deuxième volet est à rapprocher du « Parrain 2 » de Coppola.

A cause de la multitude de personnages qui interviennent, le film paraît parfois assez confus si l'on ne reste pas concentré. Si le premier ne durait qu'une heure et demi et ne laissait aucun temps mort, les deux heures de celui ci montrent un relâchement de temps en temps, la faute peut être à un trop plein de dialogues.

Mais en même temps, ces dialogues sont nécessaires car la mise en scène subtile imposée par les réalisateurs ne perd pas son temps à expliquer ligne par ligne le déroulement de l'histoire.

Mieux vaut bien avoir le premier en tête pour saisir le rôle crucial des différents protagonistes et les nombreux éléments sous-jacents.

Note : ***

The Mist


Tandis qu'une brume étrange semble envelopper une petite ville du Maine, David Drayton et son jeune fils Billy se retrouvent pris au piège dans un supermarché, en compagnie d'autres habitants terrorisés. David ne tarde pas à s'apercevoir que le brouillard est peuplé d'inquiétantes créatures...




Attention, « The Mist » de Frank Darabont n'est pas à confondre avec « The Fog » de John Carpenter. Si tous les deux mettent en scène une espèce de brouillard meurtrier, la comparaison s'arrête là.

« The Mist » est la troisième rencontre entre le réalisateur Frank Darabont et le célèbre écrivain Stephen King, après « La Ligne Verte » et "Les Evadés".

Darabont a une manière assez particulière de raconter une histoire.
Pour certains, « La Ligne Verte » demeure la plus belle adaptation de Stephen King portée par des acteurs extraordinaires et pour d'autres ce n'est qu'un film dramatique un peu trop porté sur le mélo.

Il en est de même pour «The Mist » qui brasse le chaud et le froid.

Les premières scènes du film sont passionnantes car Darabont profite que tout le monde soit rassemblé dans le centre commercial pour en tirer un rapide portrait de chacun. Efficace et intelligent.

Mais une fois que le brouillard s'est installé, c'est le moment pour faire intervenir les gros ficelles.
Le héros entend un bruit suspect mais personne ne le croit, on commence à le prendre pour un fou et malgré le sérieux de la situation, certains veulent toujours mettre le pied dehors.

Tout le monde commence à se crier dessus et arrive la scène de la première attaque...
Le jeune employé, fougueux, soulève un store métallique et on se dit : « Tiens, il reste planté là en souriant et il y a juste la place pour que quelque chose l'attrape par la jambe ».
Et ça ne manque pas ; la scène est si prévisible.

Et bien sûr par la suite ceux qui n'ont pas assisté à la scène ne croient en rien à ce qu'on leur raconte. Pour tout le monde, ce n'est qu'une blague idiote et ils s'attendent à ce que le jeune homme réapparaisse d'un moment à l'autre.

Pire encore, si le héros, bon père de famille, passe par plusieurs phases émotionnelles, on se rend vite compte que la plupart des personnages ne sont que de grossiers stéréotypes : le redneck raciste et borné, la grenouille de bénitier, le biker hargneux...

Même le voisin qui paraissait raisonnable au départ se révèle être un sale type odieux qui refuse qu'on le prenne pour une bonne poire.

J'aimerais qu'un jour un film d'horreur mette en scène des personnages vraiment intelligents et raisonnables. Et pas que les premiers rôles.
Romero l'avait compris, lui, mais passons.

Donc, l'introduction originale du film laisse place à la déception de se trouver face à un énième film d'horreur sans personnalité. La première heure est d'ailleurs bien pénible et il faut se supporter des tonnes de dialogues déjà entendus des dizaines de fois.

Pourtant de la personnalité, « The Mist » en a une, et une sacrée!
En fait il ne ressemble à rien. Du moins, rien qui n'a déjà été fait dans le genre (à ma connaissance).


Darabont aligne les références. Un poster de « The Thing » dans le bureau du héros, un événement climatique inexpliqué comme dans « La Guerre des Mondes », un brouillard démoniaque (« The Fog »), un centre commercial qui devient un refuge (« Zombie »), des créatures qui pondent à l'intérieur de corps humains comme dans « Alien » et j'en oublie.

Mais malgré toutes ces allusions, le film possède une identité propre.

Visuellement d'abord.

Les créatures en images de synthèse manquent parfois de textures mais leur apparence Lovecraftienne les rend particulièrement effrayantes.

On peut regretter le manque d'inventivité dans la mise en scène de Darabont : il arrive bien plus facilement à nous faire peur avec une simple corde tendue qu'avec des ptérodactyles en 3D approximative.

Quelques scènes déclenchent l'hilarité malgré elles (le pauvre type qui trébuche sur un seau d'essence alors qu'il vient d'allumer une torche ou le héros qui continue à taper sur une créature morte depuis longtemps alors qu'on a besoin de lui) mais dans les effets gore le réalisateur met dans le mille.
Difficile de rester insensible aux effets produits par une piqure d'insecte ou par un jet d'acide qui s'enroule autour de la jambe!

Quant aux scènes dans le brouillard, elles sont d'une rare beauté.
A la fois, rêves et cauchemars, elles sont de plus remarquablement illustrées par la musique atmosphérique, quasi religieuse, de Mark Isham.

Scénaristiquement, ensuite.

En parlant de religion, rarement un film de ce genre se sera autant appuyé sur les effets de la religion sur les hommes.

Tout comme dans le film culte de Romero, Darabont transforme son centre commercial en un véritable microcosme de l'humanité. En ces temps de panique, la personnalité de chacun éclate au grand jour et les instincts primaires refont surface.

Une fanatique (Macia Gay Harden, hallucinée) va entrainer des divisions parmi le groupe et tourner les gens les uns contre les autres.
Si au début tout le monde reste sceptique par ses prophéties et sa « bonne parole », au fur et à mesure des évènements de plus en plus de fidèles vont se rallier à elle.

De ce côté là, le scénario se montre particulièrement habile puisqu'il n'explique jamais (disons pas avant les ¾ du film) d'où vient ce brouillard.
Même le spectateur finit presque par croire à un châtiment divin, au Jugement Dernier.

Et quand on voit, de quoi est capable la « nouvelle paroisse », on est en droit de se demander : « Qui sont les véritables monstres du film? ».

L'absence de star au casting permet au réalisateur de faire monter la tension d'un cran supplémentaire. Vu que tout le monde part sur un pied d'égalité, on ne sait jamais qui va être le prochain sur la liste.

Certains acteurs connus incarnent des seconds rôles plus ou moins importants ( Macia Gay Harden mais aussi William Sadler, encore plus antipathique que dans « 58 minutes pour vivre »).
Mais la « star » du film c'est le musculeux Thomas Jane.

Monolithique pour ne pas dire inexpressif dans «The Punisher », l'acteur surprend dans le bon sens du terme. Son jeu est très bon et il est bien plus crédible qu'on pourrait l'imaginer.
Sauf quand il doit exprimer la folie mais on ne peut pas tout avoir...

Le scénario semble caricatural vu de loin (les habitants d'une petite ville sont attaqués par des monstres apparus de nulle part) et aurait pu donner une petite série B mais on se trompe lourdement.

Le film se concentre plus sur les relations entre les différents personnages que par les attaques des créatures elles même.

La première heure pédale désespérément dans la choucroute pour nous sortir quelque chose de nouveau mais après, les scènes angoissantes se multiplient, l'histoire devient aussi sombre que pessimiste et la fin, psychologiquement parlant, est absolument impitoyable...

« The Mist » est tout sauf un film d'horreur ordinaire.
Ceux qui s'attendent à une déferlante de gore pure et simple seront déstabilisés et ceux qui attendaient le film comme le messie du film fantastique seront (peut être) déçus par les nombreuses séquences dominées par la frénésie aveugle invoquée au nom de Dieu.

Dans tous les cas, Darabont a réalisé une œuvre unique qui fera date.

Note : **

Watchmen


Lorsque l'un de ses anciens collègues est assassiné, Rorschach, un justicier masqué, reprend contact avec son ancienne légion de justiciers. Il entrevoit alors un complot inquiétant et de grande envergure lié à leur passé commun et qui aura des conséquences catastrophiques pour le futur.

Je ne connais pas le roman graphique originel dont est tiré le film, je fais donc ma critique vis à vis du film en tant que tel et non en tant qu'adaptation.


« Watchmen » n'est pas le premier roman graphique d'Alan Moore adapté au cinéma : « From Hell » et « La Ligue des Gentlemen Extraordinaires » ont déjà fait les frais d'un portage à l'écran plus ou moins réussi et fidèle à l'original (ceux qui se souviennent de la destruction de Venise dans « LXG » en rient encore...).

Néanmoins, le réalisateur de « Watchmen », Zack Snyder, n'est pas un petit nouveau dans ce domaine puisque c'est à lui qu'on doit l'hallucinant « 300 », adapté, lui, de l'oeuvre de Frank Miller.
Sa faculté à créer de belles images n'est donc plus à prouver.

Déjà avec « L'Armée des Morts », qui reste malgré tout nettement inférieur au « Zombie » de Romero, il montrait un talent rare pour les plans captivants (le plan séquence en hélicoptère au début du film).

Dans « Watchmen », on en prend souvent plein la vue avec des images d'une beauté quasi onirique, des ralentis saisissants et des effets spéciaux absolument parfaits. Ces derniers sont d'ailleurs utilisés avec une finesse et une efficacité surprenante.
Que ce soit au niveau du masque indéfinissable de Rorschach ou de la représentation de Dr Manhattan et de ses pouvoirs phénoménaux, force est d'avouer qu'ils impriment aux images une puissance visuelle hors du commun.

Mieux : ils finissent par se fondre directement dans l'histoire, sans jamais empiéter sur le scénario.

Et quel scénario! On a beau souvent accuser les comics et autres romans graphiques de ne mettre en scène que des personnages manichéens, ici la surprise est de taille pour ceux qui ne connaissent pas l'œuvre originale.
Trahisons, faux-semblants, vérités cachées...rarement le thème du masque n'aura été aussi développé.

Ces super-héros ne ressemblent en rien de ce que l'on connait et leur accoutrement extravagant n'est souvent qu'une façade pour cacher les sentiments les plus vils qui les animent. Le ton est donné, la noirceur est de mise.

Le scénario est rudement complexe et s'appuie sur de nombreuses connaissances historiques (Nixon, la guerre du Vietnam, les Sixties, la Guerre Froide...) qui nécessitent de la part du spectateur une connaissance minimale du sujet, sous peine de ne pas comprendre les enjeux de l'histoire.
De plus, si « Watchmen » se déroule effectivement durant les années Nixon, l'histoire prend pied dans une réalité alternative où les USA seraient sortis triomphants du Vietnam.
Il s'agit alors de comprendre les effets de cette nouvelle ère, tant au niveau politique que social.

Le film nous trimballe donc aux 4 coins du globe (et même plus loin...), à travers plus de 30 ans « d'Histoire », à coups de flash back, de voix off et de références culturelles flagrantes.

Reste plus qu'à mettre en scène tout ça.

Si « 300 » n'avait pas le problème de la narration, c'est que Snyder reprenait case par case les dialogues et cadrages du roman.
En revanche, pour « L'Armée des Morts », pas d'idées à piquer ou à reproduire et on voyait rapidement le manque d'originalité de la mise en scène.

« Watchmen » est un roman graphique mais c'est aussi un film de 2h30!
Et accrocher le spectateur sans discontinuer pendant tout ce temps relève de la gageure que Snyder n'a malheureusement pas su tenir.

Ce serait mentir de nier que certaines scènes sont d'une beauté à nous décoller la rétine. Elles se comptent hélas sur les doigts de la main. Bon une main à 11 ou 12 doigts, mais quand même...

Le nombre est satisfaisant pour une durée classique (1h30/2h) mais pour « Watchmen », c'est un peu juste.
D'autant qu'elles ne s'étendent rarement plus que quelques secondes (Dr Manhattan au Vietnam...).

Que reste-t-il alors? Des tunnels de dialogues.
Pour une fois qu'un film de ce genre ne sacrifie pas le scénario à l'action, j'ose me plaindre?
Au contraire, les dialogues sont très bien écrits et certaines répliques font dans le culte-instantané. Les monologues cyniques de Rorschach font partie des meilleurs moments du film, de même que les scènes avec Dr Manhattan ou le Comédien.

Mais pour les réciter ces dialogues, il faut des acteurs et dans le film, les acteurs eh ben ils sont pas tous très bons. Dans le tiroir « parfait », on peut d'ore et déjà ranger les interprètes de Rorschach et du Comédien et Billy Crudup s'en sort avec les honneurs dans la peau bleue translucide du Dr Manhattan, de même que celui qui joue Ozymandias.

En revanche le Hibou et sa copine, les personnages comme les interprètes, manquent sincèrement de charisme. Les acteurs ne sont pas foncièrement mauvais, ils sont justes...fades, inintéressants.
Et c'est dommage vu qu'ils monopolisent quasiment toute la seconde moitié du film.

Ainsi donc, entre un début en fanfare et un final pour le moins audacieux, on doit se taper les frasques érotico-amoureuses des deux tourtereaux en mal d'affection, dont le point d'orgue est atteint lors de la scène d'amour (volontairement?) grotesque mais hilarante, accompagnée du « Alléluia » de Leonard Cohen.

En parlant de musique on peut noter que « Watchmen », qui se déroule principalement dans les années 60/70, nous donne l'occasion de (re)découvrir de nombreux tubes de l'époque.
Le décalage constant entre la bande son rétro et la réalisation-on ne peut plus moderne-est une excellente surprise.
Snyder rythme son film à coup chansons de Bob Dylan et Leonard Cohen et va jusqu'à reprendre les célèbres Valkyries de Wagner (rapport à « Apocalypse Now ») pour le passage au Vietnam.

A l'opposé, les compositions brutales de Tyler Bates (« 300 ») parviennent rarement à insuffler le souffle nécessaire au visuel.
Percussions, riffs ravageurs, chœurs latins et autres sonorités électroniques se mettent en quatre pour nous faire exploser les tympans mais rien à faire : on ne retrouve pas cette symbiose entre la musique et les images qui faisait la qualité de « 300 ».

De même, malgré plusieurs couches de ralentis glorificateurs et d'effets stylistiques d'une violence marquante, la mise en scène de Snyder manque de punch lors des combats. Il faut vraiment attendre les scènes dans la prison pour avoir enfin droit à une baston digne de ce nom.



On pourra évidemment me rétorquer que « 300 » et « Watchmen » sont des oeuvres d'un auteur différent et se doivent donc d'être traitées différemment. L'argument est tout ce qu'il y a de plus évident : on ne peut pas filmer de la même façon la violence exacerbée des Thermopyles et leurs plaquettes de chocolat et l'histoire pessimiste des super-héros de « Watchmen », tout en collants et questions existentielles.

Pourtant, Snyder c'est avant tout « le mec qui a fait 300 » : sa réputation reste, qu'on le veuille ou non, basée sur ce film.
On est donc forcé de faire des comparaisons malgré tout et ça il ne pouvait pas y échapper.

Visuellement donc, « Watchmen » est beau, très beau même mais on est loin de la grosse claque annoncée. Peut être aussi qu'en tant que film « post 300 », il a perdu tout effet de surprise mais ce n'est pas le cas étant donné que certaines séquences touchent, quoi qu'on en dise, au sublime.
C'est juste que sur 2h30, les séquences « je t'arrache les globes oculaires et je te laisse la langue pendante d'admiration » se font rares.

Pour autant le film est tout sauf raté.
Scénario palpitant (bien qu'un peu confus), personnages ultra-charismatiques, effets spéciaux à tomber, répliques aux petits oignons et surtout ambiance unique, « Watchmen » est sans conteste l'œuvre d'un réalisateur visionnaire et certainement une des meilleures adaptations au cinéma de tous les temps... si l'on fait abstraction de quelques temps morts, de certains passages un peu maladroits et d'une mise en scène plus ou moins inventive.
Et de « 300 »!

Sans oublier que, comme « 300 », une fois redimensionné pour le petit écran, le film perdra la moitié de son potentiel.
Faut donc en profiter pour le voir tant qu'il est encore au cinéma.

Note : ***

dimanche 15 mars 2009

Kung Fu Panda



Passionné, costaud et quelque peu maladroit, Po est sans conteste le plus grand fan de kung fu. Serveur dans le restaurant de nouilles de son père, son habileté reste encore à prouver.
Elu pour accomplir une ancienne prophétie, Po rejoint le monde du kung fu afin d'apprendre les arts martiaux auprès de ses idoles, les légendaires Cinq Cyclones : Tigresse, Grue, Mante, Vipère et Singe, sous les ordres de leur professeur et entraîneur, Maître Shifu.
Mais Taï Lung, le léopard des neiges fourbe et animé d'un désir de vengeance, approche à grands pas, et c'est Po qui sera chargé de défendre la vallée face à cette menace grandissante.



Alors voilà donc le fameux dessin animé de Dreamworks dont tout le monde chante les louanges...

La première chose qui frappe quand on regarde « Kung Fu Panda » c'est à quel point il est beau.
Les couleurs sont absolument resplendissantes et les textures sont d'un réalisme à tomber.
Quand on pense qu'il y a à peine 15 ans, « Jumanji » portait à l'écran les premiers animaux virtuels à fourrure, on en a presque le vertige tant les mammifères de ce film sont convaincants et crédibles!

Une fois la grosse claque passée, c'est le moment de s'intéresser au film lui même.

A première vue, l'histoire fait dans le classique.
Hommage au genre, le film reproduit les principales caractéristiques du film asiatique d'arts martiaux.
Pour résumer : un looser se fait entrainer par les plus grands maîtres pour sauver le monde d'un vilain méchant qui veut le secret de la puissance suprême.
L'oscar du scénario ce sera pour une autre fois...


Pour un film sur le kung fu, on navigue en terrain connu.
Maître austère, élèves fougueux, vieux sage malicieux, prouesses physiques, entraînement drastique, combats au bâton, prophétie, cerisiers en fleurs...tous les clichés de ce genre de film sont passés en revue.

La vraie surprise c'est que les différents styles de kung fu sont représentés par leurs animaux correspondants : tigre, grue, serpent, singe, mante religieuse, panda. Panda?

Oui, le looser du film est un panda ; la créature la plus improbable pour sauver le monde de la terrible menace qui pèse sur lui.
Dans les vrais films de wu xa pian, le pauvre incapable du début finit par apprendre l'humilité et combat avec sagesse. En sachant reconnaître ses erreurs, le personnage devient plus attachant au cours du film.
Mais ce Panda, ne fait que s'apitoyer sur lui même et reste jusqu'à la fin ce gros lard pathétique dont la principale occupation est de s'empiffrer.
Difficile de s'attacher à lui, au final.

La manière dont il apprend le kung fu reste l'une des meilleures idées du film mais on n'y croit pas une seconde. Comment peut-il maîtriser toutes ces techniques en si peu de temps alors que les autres élèves s'entrainent depuis des années?
« C'est qu'un film! » me rétorquerez vous. D'accord, mais ça sent le laisser aller à la facilité.


Si la réalisation est surprenante, l'histoire l'est beaucoup moins.
Même s'il se veut fidèle au genre, le film n'offre que peu de réelles nouveautés.
Les personnages ont déjà été vu et revu des centaines de fois (la seule différence c'est qu'il s'agit d'animaux cette fois) et les scènes de combat n'ont rien de si innovant.

Au final on enchaîne des scènes prévisibles sans grande surprise en rigolant de temps en temps.
Comparé aux premiers « Shrek » et le récent « Les rois de la glisse » (aussi de Dreamworks), l'humour est étonnament plat et la plupart des gags sentent le réchauffé (le panda imite son maître qui bien évidemment se trouve derrière lui...).

Les grimaces insensées du panda et les coups de bâtons sur la tête sont légions mais un peu plus d'originalité dans les dialogues n'aurait pas fait de mal.
Il lui manque la dérision d'un Jackie Chan ou l'absurdité de Stephen Chow.

En revanche la qualité sonore est indéniable.

Poe le panda est doublé par un Jack Black survolté, Dustin Hoffman prête sa voix flegmatique au maître Shi Fu et on croise un bon nombre de stars plus ou moins bien exploitées (Angelina Jolie, Michael Clarke Duncan ont chacun droit à leur scène mais Lucy Liu et Jackie Chan sont malheureusement laissés en retrait).

Les effets sonores sont vraiment réussis, d'autant qu'avec les nombreux ralentis, le son est souvent assourdi. Du côté de la musique, Hans Zimmer et John Powell remplissent leur contrat sans faire d'étincelle. On apprécie les mélodies asiatiques traditionnelles et les rythmes héroiques plus « Zimmeriens » mais, encore une fois, rien de nouveau sous le soleil levant.

Si techniquement le nouveau Dreamworks est un éblouissement total, il déçoit du côté de son scnénario. Trop classique, trop prévisible. Trop gentillet.
En ce qui concerne les films d'art martiaux, les américains continuent désespéremment de se concentrer sur la forme et non sur le fond.

« Kung Fu Panda » demeure essentiellement pour les enfants et pour ceux qui veulent passer un bon moment sans se prendre la tête.
Dans le monde de l'animation, Pixar a toujours une longueur d'avance...

Note : **

Les 2 Sirènes




Charlotte est une adolescente déchirée entre ses sentiments pour le gardien d'un couvent et son désir de devenir nonne. Sa vie lui paraît bien compliquée entre ses émois, sa soeur, nageuse hors pair, et sa mère qui déménage avec sa petite famille à chaque fois qu'elle provoque un scandale. Ce qui arrive souvent...

Fan de Bob Hoskins devant l'éternel, j'avais vraiment envie de voir ce film méconnu.

Aussi à l'aise dans la comédie (« Super Mario Bros », « Roger Rabbit ») que dans des rôles plus sérieux (« Stalingrad »), l'acteur est un vrai passionné et se donne toujours au maximum.
A l'écran, il apporte une vraie présence et fait de son vendeur de chaussures, un grand garçon qui refuse de grandir, aussi sincère que charmant.

Le reste du casting est au diapason de ses capacités.

Pétillante et intimidante à la fois, la chanteuse Cher est parfaite dans la peau de cette mère sexy et anticonformiste qui se comporte parfois comme une enfant alors que sa fille Charlotte cherche à la rendre plus mâture.

Charlotte est interprétée avec talent par Winona Ryder et la petite dernière est jouée par Christina Ricci.
Les deux actrices ont quelque chose en commun puisqu'elles ont toutes deux jouée sous la houlette de Tim Burton, ce qui confirme leur talent.

Si Winona Ryder est le personnage principal il faut avouer que du haut de ses 8 ans, Ricci lui vole parfois la vedette. Malicieuse, craquante, adorable, les mots manquent pour définir son personnage.
Une chose est certaine : elle est une actrice née!

De cette famille monoparentale des années 60 où chacune essaie d'affirmer sa personnalité, le réalisateur en tire un scénario au final assez classique mais réussi.
Malgré toutes leurs différences, les filles et leur mère s'apercevront que rien, pas même la pire tragédie, ne peut briser les liens qui les unissent.

Basé sur le roman « Mermaids » de Patty Dann, le film est soigné en tous points. Visuellement d'abord, la photographie rend hommage aux magnifiques paysages automnales où se déroule l'histoire. L'ambiance sonore également, avec une bande son composée de tubes rythmés et entraînants dont le « The Shoop Shoop Song-It's in his kis », interprété par Cher elle même.

Si la deuxième moitié tombe parfois dans le mélo facile, le film trouve toujours le ton juste et les mots adéquats pour exprimer les ressentis des personnages. Hormis Michael Shoeffling en beau gosse insipide, les acteurs sont réellement attachants et leur complicité fait plaisir à voir.

Drôle et touchant à la fois, « Les 2 Sirènes » est une tragédi-comédie émouvante jouée avec une bonne humeur communicative.

Note : ***