lundi 15 juin 2009

Smart People


Le professeur Lawrence Wetherhold a beau être extraordinairement intelligent, parfaitement maître de lui et intellectuellement brillant, il est résolument incompétent en matière sentimentale et relationnelle.
Depuis qu'il est veuf, Lawrence n'a plus de goût pour rien, y compris pour la littérature victorienne dont il est spécialiste. Quand son frère débarque à l'improviste pour s'incruster chez lui et qu'au même moment il rencontre par hasard Janet, une de ses anciennes étudiantes, il sort soudain de sa torpeur.




Un titre pareil (les intellos) ça sentait la satire à plein nez. Qui ne s'est jamais retrouvé face à un type exécrable et suffisant dont l'activité favorite était de s'écouter parler?
Lawrence fait partie de cette catégorie de gens. Il n'aime personne et personne ne l'aime, il a des problèmes avec sa famille et rame pour trouver une relation stable. Le pauvre. Et en plus de ça il est prof et il est aussi passionnant qu'un reportage sur la fabrication des pieds de table. Y en a qui ont vraiment pas de chance.


Très vite on se rend compte que le film n'est pas aussi drôle qu'il le laissait penser et la satire attendue fait place à la comédie romantique américaine typique : mou du genou et bas de plafond. Le scénario tire sur les grosses ficelles, le méchant monsieur devient plus gentil qu'au début du film, il trouve la femme de ses rêves et tout le monde l'adore. Fin

Ah, désolé du spoiler... En même temps je viens de vous éviter une heure et demi d'insoutenables souffrances. Tant du point de vue visuel que sonore.
La mise en scène étant plate au possible (dialogues uniquement en champ/contre-champ, aucune efficacité dans les ellipses...), le réalisateur a la bonne idée de souligner les sentiments des personnages par la musique. L'idée n'est bien sûr pas nouvelle mais quand elle est utilisée sans talent, ça peut faire peur...
Dans les faits, il ne se passe pas 5 minutes sans qu'un morceau de rock molasson fasse interruption pour tenter de relever le niveau déjà pathétique de la mise en scène.
Quand la musique est bonne (comme dirait l'autre...), on peut passer l'éponge mais quand celle ci regroupe les morceaux les plus exaspérants du moment, ça devient un véritable supplice.
Vu que ces chansons racontent toujours la même chose, imaginez le nombre de voix mielleuses bafouillant des flots de paroles insipides que l'on doit supporter avant le messianique générique final...


Le film bénéficiait pourtant d'un casting capable du meilleur, malheureusement les acteurs sont réduits à leur plus simple expression.
Dennis Quaid (« Le jour d'après »),censé jouer le prof ronchon et misanthrope, écope pour la peine d'une barbe hirsute et d'un bide d'amateur de houblon mais demeure éternellement monolithique. Quant à Sarah Jessica Parker (« Sex and the City »), l'infirmiè(v)re qui tombe amoureuse de son patient-oh comme c'est original, elle se contente de jouer les potiches blondes sans aucune subtilité.
L'alchimie entre eux est aussi plausible que le script du film et leur manque flagrant de complicité compte beaucoup dans la déception du spectateur.

Si l'on devait sauver quelque chose se serait du côté des seconds rôles avec Thomas Haden Church (« Sideways) et la charmante Ellen Page (la révélation de « Juno » et « Hard Candy ») qui parviennent à insuffler un minimum de vie à leur personnage.
Mais ce n'est pas suffisant pour sauver ce navet des profondeurs abyssales dans lesquelles il sombre du début à la fin.



Ne vous fiez pas à son titre lorgnant sur la satire sociale : « Smart People » pourrait être renommé « La comédie romantique pour les nuls ».
Tout les gros clichés du genre y sont. La réalisation oscille entre le navrant et le désespérant, les acteurs principaux parlent dans le vide et même la musique est crispante... Les amateurs de films à l'eau de rose qui nous prennent pour des nouilles apprécieront peut-être, mais je les plains.
Wanna be smart, watch something else!

Note : 0

Mystery Men



Trois modestes apprentis héros arpentent les rues de Champion City dans l'espoir d'exercer leurs dons contre quelque méchant et ainsi attirer l'attention des médias.
Seulement Champion City a déjà son héros, capitaine Admirable, bien sous tout rapport et vaniteux comme un paon. La chance se présente aux trois lascars quand ce dernier se fait séquestrer par le terrible Casanova Frankenstein.




Avec tous ces films de super-héros sortis ces dernières années, il était inévitable que le genre tombe sous le joug de la parodie. Mais alors que la plupart des pastiches se contentent plus ou moins de reprendre des séquences célèbres de films qui ne le sont pas moins, « Mystery Men » sort du lot en proposant une histoire originale et intelligente à la fois.

Loin des grandes figures qui ont fait les beaux jours de Marvel et DC Comics, les personnages de « Mystery Men » ne sont en réalité que de pauvres âmes en quête de reconnaissance qui se sont découvert un talent caché, plus ou moins utile et efficace, et qui s'en servent pour combattre le crime. Malheureusement pour eux, le Capitaine Admirable, un Superman sponsorisé, passe son temps à leur voler la vedette et au vu des raclées mémorables qu'ils se prennent à chaque affrontement, ce n'est pas demain que les choses vont changer...



L'intérêt du film est double.

Avant tout, il propose, comme dit précedemment, un scénario inhabituel à la fois travaillé et rendant hommage au genre qu'il parodie. Non seulement il met en scène des personnages attachants mais il ose reprendre les clichés du genre pour les réutiliser à sa sauce.
Les héros du film doivent évidemment sauver le monde d'un savant fou qui a mis un plan diabolique pour gouverner le monde mais les personnages sont bien loin des puissants justiciers de « La Ligue des Gentlemen Extraordinaires » : parmi eux, on trouve un lanceur de fourchettes, un type qui ne se bat qu'avec une pelle, un autre qui devient invisible quand personne ne le regarde(!) ou encore un Hulk en puissance qui...ne se transforme jamais.
De même, le méchant de service vit, comme tout bon méchant qui se respecte, dans un manoir isolé mais ses sbires, eux, sont de redoutables...danseurs de disco.
Le film brille donc par un grand n'importe quoi assumé et fourmille de bonnes idées.

Le second intérêt c'est son casting.
Parmi les héros de tête on apprécie le talent de William H Macy (« Fargo », « Jurassic Park 3 », « Boogie Nights ») qui parvient à rendre « La Pelle » émouvant et crédible, ce qui n'était pas chose facile vu son accoutrement.
De même, Ben Stiller est plutôt convaincant dans la peau de Mr Furious, un type controlé par une rage destructrice qui ne veut jamais sortir. Si la présence du comique au générique peut faire hérisser le poil de certains, force est d'avouer qu'il sait créer une certaine personnalité à ce looser pathétique trop sur de lui.
Parmi les rôles secondaires, Greg Kinnear joue les Superman d'opérette avec grandiloquence et Claire Forlani (« Rock », « Antitrust », « Rencontre avec Joe Black ») prête son charme à la serveuse dont Furious tombe amoureux et qui sert pour lui de connection entre son monde et la réalité.

Mais que serait un film de super héros sans vilain digne de ce nom? Et ce nom c'est Frankenstein (allons-y gaiment dans la caricature), un savant fou excentrique qui veut mettre le monde à sa botte et c'est le formidable Geoffrey Rush qui l'interprète. Tout comme dans la peau du terrible Barbossa (« Pirates des Caraïbes »), Rush livre une prestation savoureuse privilégiant une voix suave et un ton narquois à des vociférations inutiles, inhérentes à ce genre de personnage. Pour l'occasion, il s'approprie même un accent allemand, à couper au couteau.



Un bon casting, un scénario intéressant mais une réalisation qui manque parfois de punch. Visiblement doté d'un petit budget, le réalisateur réussit, surtout grace à une bande son rythmée et à un montage efficace, à donner envie de suivre les personnages dans leurs péripéties loufoques. Les scènes d'action ne sont pas désagréables sans pour autant sortir du lot mais les différentes explosions n'ont pas vraiment l'ampleur visuelle recherchée et les (rares) images de synthèse, bien qu'employées à bon escient, souffrent d'un manque de finition.



« Mystery Men » est une sympathique comédie qui se distingue par un casting de qualité et une histoire inhabituelle. Reprenant les poncifs du film de super héros, il les mélange à un humour à la fois potache et absurde et donne une profondeur peu commune à ses personnages. Seul bémol, une mise en scène quelque peu poussive et des effets spéciaux pas toujours réussis.
Mais rien de bien méchant.

Note : **

Coraline


Coraline Jones est une fillette intrépide et douée d'une curiosité sans limites. Ses parents, qui ont tout juste emménagé avec elle dans une étrange maison, n'ont guère de temps à lui consacrer. Pour tromper son ennui, Coraline décide donc de jouer les exploratrices. Ouvrant une porte condamnée, elle pénètre dans un appartement apparemment identique au sien...




On l'oublie souvent mais ce n'est pas Tim burton qui a réalisé « L'Etrange Noël de Monsieur Jack » mais Henry Selick, également auteur du méconnu « James et la Pêche Géante ». Après de longues années passées dans l'ombre de son confrère (il faut dire ce qui est...), ce prodige de l'animation image par image revient enfin sur le devant de la scène avec un nouveau long métrage qui va marquer les esprits : « Coraline .


Après « Les Noces Funèbres », de Tim Burton justement, « Coraline » nous montre à son tour qu'à l'heure du tout numérique, l'animation traditionnelle a encore de beaux jours devant elle. Tout comme les images de synthèse, la technique de l'image par image a progressé de façon sidérante et on reste abasourdi face aux améliorations dont bénéficie « Coraline ».
Il est loin le temps du Jack filiforme qui ne pouvait prendre qu'une « petite centaine » d'expressions différentes : ici non seulement les personnages sont incroyablement réalistes mais leur nombre d'expressions faciales semble purement infini. A ma connaissance aucun long métrage animé de cette manière n'a déjà mis en scène des personnages si humains...même si on n'échappe pas à la caricature (volontaire) de certains protagonistes.

Pour autant, Selick et son équipe n'ont pas cherché à reproduire basiquement des êtres humains dont seule la perfection plastique susciterait l'enthousiasme.
Au contraire loin de représenter chaque muscle et chaque plissement de peau, les créateurs du film se sont essentiellement concentrés sur les traits spécifiques de chaque personnage de manière à ce que leur personnalité transparaisse à travers leurs différentes attitudes. J'enfonce peut être une porte ouverte mais c'est tellement frustrant dans l'animation quand des personnages (en images de synthèse le plus souvent) incroyablement réalistes demeurent froids comme la glace...

Ici rien à craindre. Les personnages sont tellement convaincants que l'on oublie très rapidement qu'il s'agit de simples marionnettes.
Le meilleur exemple est certainement le personnage principal, Coraline, qui semble plus vraie que nature. Cette petite fille espiègle en qûete de liberté et de nouveauté que ne peuvent pas lui offrir ses parents, éternellement absorbés par leur travail, possède des mimiques absolument irrésistibles !

Mais « Coraline » ce n'est pas juste les personnages ce sont aussi les décors.
Tout comme dans les « Noces Funèbres », la vie réelle est désespéremment morne et terne (il pleut sans arrêt et un épais brouillard vient masquer l'horizon, ne laissant plus entrevoir que le vieux manoir délabré où vient d'emmenager Coraline) tandis que le nouveau monde qui s'offre à elle est un enchantement de tous les instants.

Alors que Coraline découvre ce monde parallèle, difficile de s'empêcher de comparer le film de Selick avec celui de Burton. Chez Burton le monde des morts se veut peinturluré de couleurs vives, que les rues illuminées rendent chatoyantes. Dans « Coraline » les décors ne sont pas bariolés ils sont resplendissants, les couleurs ne sont pas chatoyantes, elles sont éclatantes et l'autre demeure de Coraline n'est pas illuminée mais brûle de mille feux à la clarté de la lune!

La caméra de Selick ne perd d'ailleurs aucune miette de ces visions à l'éffarante beauté et ne semble connaître aucune limite pour évoluer dans les décors. Pour ce genre de film, la fluidité des mouvements est exemplaire
A elle seule la scène du jardin suffit pour nous prouver l'importance des moyens mis en oeuvre pour créer ces extérieurs à la fois gigantesques et majestueux : la caméra se pose sur chaque végétal, qui s'éveille alors au passage de Coraline, puis virevolte avant de s'envoler dans les airs pour un travelling arrière grandiose.



Mais tout n'est pas rose au pays de Coraline et une fois que le ton de l'histoire s'assombrit, le film fait de même. Nos certitudes s'effondrent alors comme un vulgaire château de cartes et les couleurs scintillantes font place à une esthétique macabre plus Burtonnienne (on pense notamment à « Beetlejuice » et à « Edward aux mains d'argent ») tandis que les personnages se métamorphosent en créatures difformes et les meubles en insectes géants...

C'est à ce moment que le film commence à poser certaines questions en filigrane comme : Jusqu'où est-on prêt à aller pour une vie meilleure? Et surtout qu'est-on prêt à perdre pour l'obtenir?
En tant que conte moral pour enfants, le film nous montre que l'herbe n'est pas forcément plus verte dans le pré d'à côté et qu'il faut savoir accepter ce que l'on a déjà.
Evidemment le thème de l'oeil, du masque et du miroir sont très présents tout au long du film et les apparences sont, une fois encore, bien trompeuses...
Sans oublier que le thème du double, voire du doppleganger-du quoi?-n'est pas étranger non plus ; rien que le nom de l'héroine rappelle le sujet(Coraline/Caroline).


La qualité artistique du film est également due à son ambiance sonore.
Les doublages des différents personnages sont remarquables, surtout Teri Hatcher (« Desperate Housevives) qui doit jouer sur plusieurs registres. Mais la palme revient naturellement à la jeune Dakota Fanning (« Man on Fire», « La Guerre des Mondes ») qui se glisse avec talent dans la peau de la malicieuse Coraline, en lui prêtant sa voix.
Et autant que les voix, c'est bien la musique qui crée le charme angoissant du film. Suscitant parfois l'appréhension, parfois le sentiment, parfois la fascination, Bruno Coulais ("Microcosmos ", "Les Choristes") réussit une BO magnifique, employant intelligemment des choeurs d'enfants et des chansons plus traditionnelles.



Si visuellement « Coraline » est unique en son genre, il n'est certainement pas vierge de toute référence. Au contraire, il mélange habilement les clins d'oeil aux contes à la littérature et au cinéma.
En premier lieu on reconnaît évidemment « Alice au Pays des Merveilles » : le tunnel qui mène à un monde surréaliste et psychédélique mais aussi le chat parlant qui sert de guide à Coraline et le thème du miroir que l'on peut, ou non, traverser (« Through the looking glass »).
Sans oublier que les personnes que l'on croit folles dans le monde réel (le russe excentrique, les voisines légèrement séniles) et que l'on redoute ( le père de Coraline sursaute quand des sans abris se mettent à faire leur numéro) ne deviennent qu'une formalité dans l'autre monde : comme le lièvre et le chapelier dans le livre de Lewis Caroll, tout le monde est fou là bas.
On pourra aussi reconnaître « Le bossu de notre Dame » ou encore « La Belle et la Bete » d'après l'idylle qui se forme entre Coraline et Padbol, qui se tient souvent bizarrement et qui agit de même.
La séquence où les voisines se griment en sirène au théâtre peut également être un clin d'oeil au « Aventures du Baron de Munchausen ».
Le splendide jardin, immense et luxuriant, semble sortir tout droit du « Magicien d'Oz » de Fleming, quant au néant, qui efface toute trace de vie, n'est-il pas réminescent de « L'Histoire sans Fin »?
Toutes ces références sont probablement fortuites mais elles accentuent
indéniablement l'harmonie visuelle du film.



A une époque où l'animation ne semble plus jurer que par les images de synthèse, « Coraline » apparaît comme une véritable bouffée d'air frais.
A la fois beau, drôle et effrayant, il met en scène une jeune héroine adorable et crédible et bénéficie d'une direction artistique hors du commun.
Un joli conte-pour enfants comme pour adultes-réalisé avec des doigts de fée.
Un vrai coup de coeur!

Note : ****

Le bazaar de l'épouvante


C'est dans la petite ville de Castle Rock que vient s'installer Leland Gaunt, un brocanteur qui propose, pour un prix dérisoire, les objets dont chacun rêve depuis longtemps. Le succès est immédiat mais ces achats réveillent des haines enfouies.
La situation s'envenime rapidement, jusqu'à l'irréparable.
Qui est Leland Gaunt? Serait-ce le Diable en personne?



« Le bazaar de l'épouvante » (à ne pas confondre avec « La petite boutique des horreurs »...) est l'une des nombreuses adaptations des romans de Stephen King pour le grand écran. Comme la plupart de ses oeuvres, le film traite de ses sujets de prédilection : la religion (« La ligne verte », « The Mist ») et le matérialisme (« Christine », « Maximum Overdrive »...).
Le rapport à la religion est évident mais ici ce n'est pas tant les objets qui sont possédés que leurs possesseurs respectifs qui sont obligés de commettre des actes horribles afin de les acquérir.
En d'autres termes : ils doivent vendre leur âme au diable...


Pour citer un film connu : « Le coup le plus rusé que le diable ait jamais réussi, ça a été de faire croire à tout le monde qu'il n'existait pas... ». Mais il existe. Il vit à Castle Rock, s'appelle Leland Gaunt et il a les traits de Max Von Sydow.
Pour autant, il n'est pas comme on se l'imagine.
Pas de cornes, ni de sabots apparents. C'est un homme, la cinquantaine, fier et clinquant dans sa redingonte.
Et alors qu'on pourrait penser que l'acteur en fait des tonnes pour tenter d'incarner le mal absolu (cf Al Pacino dans « L'avocat du Diable »), rien ne laisse transparaître sa véritable identité.
Allure sophistiquée, bonnes manières, sourire mielleux et d'une bienveillance désarmante, le Mal sait se faire discret.

Son but : mettre la ville à feu et à sang. Normal. Mais pas question de salir ses petites mimines quand on peut laisser les autres faire le sale travail.
En incitant les habitants de Castle Rock à jouer une « petite farce » à leurs voisins, il crée aussitôt une sacrée zizanie, semant la violence et la mort sur son passage.
C'est alors que, confortablement installé dans son fauteuil Louis XVI, on le surprend à savourer chaque victoire, les yeux illuminés de noirceur (et un oxymore, un!), les dents retroussées en un sourire angoissant...


L'une des plus grandes qualités du film c'est assurément son casting.
Max Von Sydow n'est certes pas inconnu des amateurs de fantastique puisqu'il il interprétait l'exorciste dans le film du même nom. Il est une fois de plus remarquable, apportant une vraie présence à son personnage, tout comme le formidable Ed Harris (« Abbys », « Rock »), en flic désabusé et taciturne.
Parmi les rôles secondaires, on appréciera, entre autres, les prestations de Bonnie Bedelia (« Piège de Cristal »), Amanda Plummer ("Pulp Fiction") et de J T Walsh ("Breakdown"), chacun sachant mettre en avant le côté noir de son personnage et jouer la folie avec conviction.


Si généralement les adaptations de Stephen King au cinéma se concentrent surtout sur les effets visuels, « Le bazaar de l'épouvante » échappe à la règle et met en scène à la fois des personnages crédibles et une histoire solide.
Chaque personnage est unique et tout le monde a ses petits comptes à régler. Les dialogues, pour la plupart tragi-comiques, sont particulièrement soignés et empreints d'un humour noir bienvenu, notamment grace à toutes les allusions et les sous-entendus sur la personnalité de Gaunt...

Pour autant, la réalisation elle même n'est pas en reste.
Non seulement, l'atmosphère lugubre du film est élégamment retranscrise par une photographie asez poisseuse, accentuée par la pluie et un froid déprimant, mais le film bénéficie d'une ambiance sonore qui met en valeur les scènes les plus importantes. Aux grandioses partitions de Patrick Doyle, d'un lyrisme mystérieux, s'ajoutent un « Ave Maria » de toute beauté, qui souligne paradoxalement un affrontement sanglant entre deux femmes, et quelques tubes de country qui mettent l'accent sur le côté paumé de la petite ville.

De même quand il s'agit de filmer l'action pure, le réalisateur connait les ficelles et ne lésine pas sur les combats à mains nues, à l'arme blanche ou à la pétoire pure et simple. Quant à l'explosion finale, un grand classique dans ce genre de film, elle s'avère absolument stupéfiante, magnifiée par des ralentis et des cadrages de haute volée.


Pour reprendre une réplique du film : « Après tout on a eu quelques beaux meurtres, quelques très belles explosions. Entre nous, il n'y a pas de quoi pavoiser, en effet. ».
Autrement dit, le film ne restera pas dans les annales. Pourtant on ne peut nier son efficacité. « Le bazaar de l'épouvante » n'est certainement pas la meilleure adaptation de Stephen King mais reste un film fantastique très appréciable, porté par des acteurs de renom et mis en scène avec talent.


Note : ***


Une petite anecdote pour finir, le film est distribué par Castle Rock Entertainment et se déroule justement à Castle Rock. On peut donc voir le phare du logo de la société plusiseurs fois au cours du film. Voilà ça ne sert à rien mais c'est sympa de le savoir...

vendredi 5 juin 2009

Les Glandeurs



Lorsque Brodie se fait larguer par sa copine, il se réfugie au centre commercial en compagnie de son amie T.S. dont la copine vient de le plaquer aussi.
Pour reconquérir le coeur de leur ex, ils décident de faire appel à des délinquants confirmés, Jay et Silent Bob, dont les exploits donnent une nouvelle dimension à l'expression « désordre public ».





Cette gentille comédie pour ados mérite bien plus que l'accueil exécrable qu'elle a reçu au box office et les critiques, loin d'être élogieuses, qu'elle a écopé.
Et pour cause, « Les Glandeurs » est le second film de Kevin Smith, le réalisateur culte du non moins culte « Clerks ».
Avec un budget dérisoire mais de bonnes idées à la pelle, Smith y faisait preuve d'une maîtrise affinée des dialogues truculents et d'un sens aigu de la mise en scène, ce qui fait que « Clerks » continue souvent d'être cité parmi les plus grands chefs d'oeuvre du film indépendant.


Si « Les Glandeurs »  reprend les recettes qui ont fait le succès du premier, le film est d'un tout autre acabit.
Second film oblige, Kevin Smith voit plus grand et la petite supérette d'origine où « Clerks » se déroulait devient un centre commercial immense, lieu de pérégrinations (voire de pélerinage) des deux personnages principaux.
Et en bons « héros de Kevin Smith », ces deux personnages ne s'intéressent qu'à deux choses : les filles et la culture geek.

Culture geek qui se définit dans le film par tout ce qui se rapporte aux comics, au cinéma et aux jeux vidéo. Pas étonnant donc de retrouver de multiples références à « Star Wars », « Batman » et aux BD de super héros Marvel. D'ailleurs, le film bénéficie d'un magnifique générique en bande déssinée, comme entrée en matière on a rarement fait mieux...
Encore plus fort : les fans seront ravis d'apprendre que le légendaire Stan Lee lui même y fait une apparition aussi remarquée que savoureuse.



Si « Les Glandeurs »  et « Clerks » évoluent dans le même univers, ce film n'est pas une suite de « Clerks ». Les personnages principaux ne sont plus les modestes « employés modèles » mais simplement deux ados, incorrigibles bons à rien, comme on en voit tous les jours.
Quant à l'histoire, elle est aussi simpliste que le décor dans lequel elle se déroule : deux types déambulent dans un grand magasin. Voilà, c'est tout.
Du moins en apparence parce qu'avec Kevin Smith ce sont moins les situations qui comptent que la manière dont elle se déroulent.

Ce centre commercial donc devient alors un véritable microcosme où l'on rencontre tout un tas de gens plus ou moins amicaux et plus ou moins...dérangés.
Car si le collectionneur de BD, le gaffeur transi d'amour, l'exhibitionniste et le modèle de prêt à porter qui aime bien « prendre les filles dans un endroit inconfortable » passent pour des gens à peu près normaux, difficile de dire de même du célèbre duo de Jay et son ami muet Silent Bob (joué par Kevin Smith, lui même).


Deux personnages extravagants, une relation bizarre. En dire plus relève de la gageure car comment parvenir à définir ce couple, aussi saugrenu que grotesque, de Laurel et Hardy shootés et heavy métalleux dans l'âme?
Ces deux personnages sont pourtant les chouchous du public et la marque de fabrique de Kevin Smith puisque on les retrouve dans chacun de ses films. Ces deux là passent leur temps à essayer de se sortir de situations inexplicables et à aligner les gaffes avec une plaisir délectable et communicatif.
Bien que leur rôle soit souvent secondaire, le duo s'accapare le film dès leur arrivée à l'écran, tant et si bien qu'on attend leur prochain « mauvais coup » avec plus d'entrain que les rebondissements de l'intrigue principale. Sans pour autant que l'intrigue ne soit bâclée, loin de là.


Malgré la multitude de personnages secondaires qui interviennent au cours du film, chacun possède une personnalité propre, travaillée et originale.
De plus, chacun est parfaitement interprété par des acteurs souvent méconnus mais talentueux.
Le duo Jason Mewes et Kevin Smith mis à part, on se souviendra surtout de la performance enjouée de Jason Lee qui interprête le geek de base en évitant la caricature pure et simple et de Michael Rooker, hallucinante montagne de nerfs constamment sur le point d'exploser.


Mais les films de Kevin Smith se reconnaissent surtout par leurs dialogues à la fois décalés et perspicaces. Si techniquement dans « Les Glandeurs »  il ne se passe presque rien, c'est l'occasion pour le spectateur d'assister à de véritables dissertations philosophiques sur le sens de la vie et de la BD en général.
Ca paraît idiot aux premiers abords, mais c'est come chez Van Damme : sous le ridicule se cache toujours un fond de vérité...
Pour peu qu'on fasse un tant soit peu partie de cette culture geek, on s'accroche rapidement aux personnages et si l'on rigole souvent, on gardera surtout en mémoire les scènes cultes de la « paume puante » et de la voyante.


En revanche, là où le bas blesse c'est au niveau de la mise en scène.
Kevin Smith c'est un peu le Francis Veber américain : pour filmer les dialogues, il n'y a pas mieux mais quand il s'agit des scènes d'action, il se fait un peu poussif...
Mais il faut garder en tête que ce n'est que son second film et son premier film « de studio ». Il fera bien mieux par la suite.



Elevé aux comédies de John Hugues et John Landis, Kevin Smith réalise ce qu'il appelle un « Porky's intelligent », où la vulgarité des dialogues n'éclipse pas la pertinence de la réflexion. Des répliques inspirées, des personnages attachants et une histoire originale ; « Les Glandeurs »  est une sacrée bonne farce, bien plus travaillée qu'elle n'y paraît.
Massacré par la critique, le film possède désormais son lot d'afficionados à travers le monde et ne fait aucunement défaut à la filmographie de Kevin Smith.
Un film de geek, fait par des geeks pour des geeks.

Note : **

In and Out



Howard Brackett enseigne la littérature et la poésie anglaises au lycée de Greenleaf, une paisible bourgarde de l'Indiana où il a passé son enfance. Célibataire desinvolte, il est fiancé depuis trois ans à la timide Emily Montgomery, qui attend avec impatience leur mariage, comme sa mère. C'est alors qu'un de ces anciens élèves, devenu comédien, recoit un Oscar à Hollywood. Filmé par la télévision, il rend un hommage public à son ancien professeur et inspirateur, Howard Brackett...en disant qu'il est gay.




Frank Oz est l'un des marionnetistes les plus célèbres du cinéma : « La petite boutique des Horreurs » c'est lui, « Labyrinthe » c'est lui et sans lui Yoda n'aurait jamais vu le jour...
Mais Frank Oz c'est aussi un grand réalisateur de comédies virulentes et satiriques.
Moins trash que « Joyeuses Funérailles », « In and Out » est une sacrée bonne surprise.

Oz aime les personnages atypiques et les secrets de famille perturbants .
Dans « Joyeuses Funérailles », on apprend que le défunt était homo. Cette fois c'est au tour d'un professeur de poésie anglaise, sur le point de se marier, de faire les frais de sa « mauvaise réputation ».
Pour lui, tout bascule du jour au lendemain à partir du moment où toute la ville le croit gay : la presse ne le lâche plus d'une semelle, sa famille prend ses distances, ses élèves se méfient de son comportement et un mystérieux journaliste entre dans sa vie... Mais est-il vraiment gay? Il n'en est plus sûr lui même...

C'est vrai qu'il roule à bicyclette, que ses manières sont plutôt efféminées et que sa virilité laisse à désirer. Le personnage est magistralement campé par le génial Kevin Kline. Kline maîtrise à merveille les subtilités de son rôle et évite la caricature trop facile : on est loin de la « Cage aux Folles ». Sa performance lui vaudra même une nomination aux Golden Globes.

Le reste du casting est vraiment excellent.
Entre les crises de nerf de Joan Cusack (nominée aux oscars comme meilleur second rôle) et la belle gueule de Matt Dillon, au rôle bien moins stéréotypé que ce que l'on attend, on prend un vrai plaisir à admirer le jeu des acteurs.
Sans oublier Tom Selleck, méconnaissable (!) sans la moustache king size de Magnum...
On apprécie aussi les apparitions de Glenn Close et Whoopi Goldberg qui se prêtent au jeu en jouant leur propre rôle.


Frank Oz jubile à démolir tout le monde : du monde du showbizness, en passant par le mariage et la religion (la scène de la confession), des tops models jusqu'à se moquer ouvertement de la cérémonie des oscars...pour le réalisateur rien n'est sacré.
Avec lui, tout le monde se retrouve à cacher son petit secret.
Personne n'est ce qu'il semble être ; façades et masques tombent les uns après les autres pour la plus grande susprise de tous.


Bien que classique, la mise en scène ne laisse échapper aucun détail croustillant.
Pourtant ce sont bien les dialogues qui donnent au film tout son sel. Même si parfois le trop plein de mélo se fait sentir, l'ambiance est au règlement de comptes.
Les répliques mémorables volent dans tous les sens et c'est souvent méchant. Mais jamais de mauvais goût.
Et même si la bande son repose essentiellement sur des tubes discos (dont « I will survive » et les chansons de YMCA, égéries de la gay attitude, Frank Oz ne sombre jamais dans la farce grotesque.

En lui même, le film n'invente rien et la happy end forcée (tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil : tout le monde il est gay...) est vraiment ridicule. En revanche, Oz se permet de sortir des sentiers battus en nous offrant des moments d'une extravagance rare pour une comédie britannique : rarement mariage n'aura été aussi mouvementé et la séquence de la cassette audio est à tomber par terre!


Frank Oz ose! On peut reprocher au film d'enforcer des portes ouvertes, que sa morale finale est particulièrement niaise et qu'il n'améliorera probablement pas la tolérance envers les homosexuels. Mais quel pied! Oz ne respecte rien et le phlegme britannique disparaît rapidement pour laisser place à une impertinence réjouissante.
Les acteurs, tous formidables, s'amusent comme des fous à jouer des rôles à contre courant et leur bonne humeur communicative rejaillit sur l'ambiance générale du film, assurant aisément le spectacle.

En dépit de rares maladresses, « In and Out » s'affirme comme une des comédies les plus mordantes du réalisateur.

Note : ***

Les lois de l'attraction



Dans une université, aux Etats Unis, quatre étudiants tentent d'assouvrir leurs fantasmes sexuels : Lauren, habituée aux déceptions sentimentales, s'éprend, comme Lara sa camarade de chambrée, de Sean, tandis que Paul, un étudiant bisexuel, cherche à obtenir les avances d'un garçon qui les lui a déjà refusées à plusieurs reprises.





Avec un résumé pareil, on pouvait s'attendre à un gentil mélodrame dégoulinant de bons sentiments, une comédie pour ados à la « American Pie » ou carrément un pilote pour une nouvelle série à la mode. Tout.
Tout, mais pas ça!


Il y a des films qui vous emportent corps et âme sans que vous sachiez exactement pourquoi. Est-ce le scénario, la mise en scène, le jeu des acteurs? Impossible de savoir ce qui attire autant dans « Les lois de l'attraction » mais une chose est sûre, on reste littéralement scotché à l'écran, incapables de quitter le film des yeux.

Pas étonnant quand on sait que le scénariste et réalisateur n'est autre que Roger Avary, à qui on doit le scénario du cultissime « Pulp Fiction ».
Adapté du roman de Bret Easton Ellis, « Les lois de l'attraction » est plus qu'un simple film sur les déboires amoureux d'une bande de jeunes, bien plus.
Mais encore une fois, difficile d'exprimer clairement ce que l'on ressent en voyant le film.

Il faut reconnaître avant tout la qualité du scénario, basé sur des relations plutôt complexes, et la finesse d'écriture des dialogues. Il n'est pas rare d'entendre les monologues intérieurs d'un personnage durant une scène entière. Ils se livrent à coeur ouvert au spectateur alors qu'il leur est parfois impossible de faire le premier pas dans leurs histoires de couples.

« Les lois de l'attraction » bénéficie de nombreuses similitudes avec le chef d'oeuvre de Tarantino, à commencer par une mise en scène qui ne respecte pas un ordre chronologique.
Si Tarantino découpait chaque scène explicitement, Avary use et abuse des séquences tournées à l'envers.
Le passage pré-générique est un modèle de perfection dans ce domaine, où à chaque présentation d'un nouveau personnage, le film remonte littéralement le cours du temps jusqu'à montrer la scène d'un autre point de vue.
Le procédé n'est certes pas nouveau, mais aussi bien maîtrisé, il laisse pantois d'admiration.


Avary prend d'ailleurs un malin plaisir à casser les codes de la mise en scène conventionnelle grace notamment à l'utilisation de l'écran scindé, où deux personnages qui se parlent s'adressent en réalité à la caméra.
Ou encore ces séquences oniriques, où l'on voit simultanément ce que les personnages font et ce qu'ils fantasment de faire...

Il s'autorise également un jusqu'au boutisme que peu se seraient permis.
Entre un voyage en Europe raconté à la manière d'une « Auberge Espagnole » sous acide ou ce suicide dans une baignoire, véritablement choquant, (je défis quiconque de regarder la scène sans avoir un haut le coeur ou de faire une grimace...), Avary développe un style particulier qui se moque éperdument des tabous.
Pour autant, on n'assiste jamais à une surenchère de scènes d'orgies, de violence injustifiée et de vulgarités gratuites comme on pourrait imaginer.
Avary se concentre avant tout sur son scénario, noir mais férocement drôle, et sur la façon dont les relations entre les personnages s'enchevêtrent dans tous les sens.



Le second point commun entre les deux films c'est des dialogues jubilatoires et un casting absolument parfait. Tout au long du film, on retrouve la patte crue et fleurie du scénariste de « Pulp Fiction ».
Le film regorge de petites pépites qu'il est difficile d'apprécier sorties du contexte (je ne chercherai donc pas à en citer quelques exemples) mais qui garantissent de sacrés éclats de rire!

En revanche, pour ce qui est du casting, si « Les lois de l'attraction » ne bénéficie d'aucune pointure à opposer aux comédiens de « Pulp Fiction », chaque acteur incarne son personnage à la perfection, à commencer par James Van Der Beek (« Dawson »), charismatique en diable et incroyablement crédible dans la peau du psychopathe à retardement.
De même, on pourra se régaler des moues coquines et de la plastique aguicheuse de Jessica Biel et Shannyn Sossamon et de l'interprétation complètement déjantée du reste du casting.
Mention spéciale à l'acteur qui joue Richard/Dick dont la prestation courte mais mémorable restera longtemps dans les annales...


Enfin, quand on pense à « Pulp Fiction », on ne peut passer à côté de titres comme « Mirsilou » et « Girl, you'll be a woman soon » ; je parle évidemement de la bande son. Et pour ce qui est de créer une ambiance unique, Avary est vraiment un dieu dans son domaine.
La BO de « Les lois de l'attraction » est un petit bijou de passion et de fantaisie.
Les morceaux choisis mettent parfaitement en valeur le côté à la fois farfelu et exalté des situations et se veut aussi entrainant qu'éclectique.
De Blondie, à George Michael en passant par le « I can't live without you » de Harry Nilsson jusqu'à oser du Serge Gainsbourg(!), rarement bande son aura été si détonnante!

La mise en scène, hypnotique, captive jusqu'à la fin du film, qui malheureusement se termine un peu en queue de poisson...
Seul défaut notable (même s'il paraît que le livre se termine ainsi également) pour une oeuvre qui surprend, séduit et passionne constamment.

Encore un film pour les jeunes (enfin 16 ans minimum, vaut mieux) qui fonctionne sur la recette efficace « Sex, drugs and rock n roll », mais malgré les apparences, « Les lois de l'attraction », se place bien au dessus de la masse des comédies américaines pour ados.



Des protagonistes perturbés et shootés comme dans « Trainspotting », une bande son racée et des répliques savoureuses à la « Pulp Fiction », un univers réaliste basé principalement sur les relations sexuelles qui rappelle « Boogie Nights », une mise en scène décalée mais étonnament soignée et une violence crue et réaliste qui emprunte autant à Oliver Stone qu'à de Palma...
Le film de Roger Avary est un amalgame de tout ce qui a déjà été fait et refait des dizaines de fois, alors justement pourquoi est-il si bon?
La question n'a pas de réponse et c'est aussi ce qui fait son charme indéfinissable. Culte!

Note : ***