mardi 17 mars 2009

Infernal Affairs 2




Hong-Kong. 1991. Kwun, le parrain des parrains est assassiné.
A la surprise générale, son fils Hua décide de reprendre les affaires avec le soutien de Sam. Redoutant une guerre des gangs sanglant, l'inspecteur Wong se prépare à infiltrer la triade via Yan, un jeune policier.
Parallèlement, afin d'épier les forces de Wong, Sam infiltre la police au moyen de sa taupe Ming...



« Infernal Affairs 2 » est la suite d'un des plus grands succès du cinéma hong-kongais de tous les temps. Ou plutôt le préquel, car l'histoire qui s'y déroule est antérieure aux événements du premier film.

Malgré le carton mondial du premier opus, « Infernal Affairs 2 » se présageait sous les plus mauvais augures.

En racontant les débuts prometteurs des deux infiltrés, les scénaristes se heurtaient à un problème majeur. En effet, les personnages auraient eu beau se prendre des dizaines de balles, sauter du haut d'un immeuble avant de passer sous un camion, le suspense n'aurait pas évolué d'un iota.
La raison est simple : on sait qu'ils vont survivre...

De plus, l'absence de Andy Law et Tony Leug au casting ne présageait pas un aussi gros succès au box office que le précédent.

Ces inconvénients majeurs n'ont pourtant pas rebuté les créateurs de la saga puisque ce second volet se hisse aisément à la hauteur du premier. Mais dans une optique différente.

Les réalisateurs et scénaristes profitent de ce prologue pour, non seulement présenter la jeunesse des deux protagonistes principaux, mais aussi approfondir les seconds rôles.

Car si « Infernal Affairs » fut un aussi bon film, ce n'était pas seulement du aux deux acteurs principaux : les interprètes de Sam et de l'inspecteur Wong volaient parfois la vedette aux deux têtes d'affiche.

C'est donc avec plaisir qu'on retrouve Eric Tsang et Anthony Wong, superbes, dans de nombreuses séquences qui développent autant l'histoire d'amitié entre Sam et Wong que leur côté sombre.

Comme eux d'autres acteurs du premier film refont leur apparition de manière à assurer une continuité scénaristique mais plusieurs nouvelles têtes pointent le bout de leur nez, dont Edison Chen et Shawn Yue qui jouent respectivement les jeunes Ming et Yan.
Bien que le magnétisme des anciens acteurs se fasse parfois cruellement sentir, les petits nouveaux s'affirment en dignes successeurs.

Du côté de la réalisation, rien n'a changé. On retrouve les images au ton bleuté et la mise en scène incisive du premier qui confirment le talent visuel des réalisateurs.
De même la musique est toujours aussi riche : entre chansons chinoises de qualité et rythmes de batterie trépidant, le film soigne son ambiance sonore.

Certains morceaux lyriques sont carrément joués par un orchestre entier, donnant à l'histoire des accents de véritable tragédie grecque. Et ce n'est pas innocent vu l'ampleur et la noirceur du scénario.


En parlant du scénario, si le premier volet était un film d'espionnage marqué par les influences de Michael Mann (pour l'esthétique), le second s'apparente plus aux grandes fresques représentant la mafia.

« Infernal Affairs 2 » se focalise en effet sur les méthodes (expéditives) des gangsters pour s'imposer à la tête des Triades chinoises et leurs démêlés avec les autorités.

Le scénario fait appel à une large galerie de personnages mais, bien que définis en étant d'un côté ou de l'autre de la justice, personne n'est ni tout noir ni tout blanc.
« Mo Gan Doh »,le titre original, est en effet un lieu entre le Paradis et l'Enfer où il est impossible de distinguer ce qui est pur de ce qui ne l'est pas.
Les personnages sont donc ambigus ce qui les rend plus riches.
Et ce sont bien leurs relations complexes qui sont au cœur même du film.

Au niveau de l'imbrication des nombreuses intrigues, de son scénario qui s'étend sur plusieurs périodes et de ses pics de violence fulgurants, ce deuxième volet est à rapprocher du « Parrain 2 » de Coppola.

A cause de la multitude de personnages qui interviennent, le film paraît parfois assez confus si l'on ne reste pas concentré. Si le premier ne durait qu'une heure et demi et ne laissait aucun temps mort, les deux heures de celui ci montrent un relâchement de temps en temps, la faute peut être à un trop plein de dialogues.

Mais en même temps, ces dialogues sont nécessaires car la mise en scène subtile imposée par les réalisateurs ne perd pas son temps à expliquer ligne par ligne le déroulement de l'histoire.

Mieux vaut bien avoir le premier en tête pour saisir le rôle crucial des différents protagonistes et les nombreux éléments sous-jacents.

Note : ***

The Mist


Tandis qu'une brume étrange semble envelopper une petite ville du Maine, David Drayton et son jeune fils Billy se retrouvent pris au piège dans un supermarché, en compagnie d'autres habitants terrorisés. David ne tarde pas à s'apercevoir que le brouillard est peuplé d'inquiétantes créatures...




Attention, « The Mist » de Frank Darabont n'est pas à confondre avec « The Fog » de John Carpenter. Si tous les deux mettent en scène une espèce de brouillard meurtrier, la comparaison s'arrête là.

« The Mist » est la troisième rencontre entre le réalisateur Frank Darabont et le célèbre écrivain Stephen King, après « La Ligne Verte » et "Les Evadés".

Darabont a une manière assez particulière de raconter une histoire.
Pour certains, « La Ligne Verte » demeure la plus belle adaptation de Stephen King portée par des acteurs extraordinaires et pour d'autres ce n'est qu'un film dramatique un peu trop porté sur le mélo.

Il en est de même pour «The Mist » qui brasse le chaud et le froid.

Les premières scènes du film sont passionnantes car Darabont profite que tout le monde soit rassemblé dans le centre commercial pour en tirer un rapide portrait de chacun. Efficace et intelligent.

Mais une fois que le brouillard s'est installé, c'est le moment pour faire intervenir les gros ficelles.
Le héros entend un bruit suspect mais personne ne le croit, on commence à le prendre pour un fou et malgré le sérieux de la situation, certains veulent toujours mettre le pied dehors.

Tout le monde commence à se crier dessus et arrive la scène de la première attaque...
Le jeune employé, fougueux, soulève un store métallique et on se dit : « Tiens, il reste planté là en souriant et il y a juste la place pour que quelque chose l'attrape par la jambe ».
Et ça ne manque pas ; la scène est si prévisible.

Et bien sûr par la suite ceux qui n'ont pas assisté à la scène ne croient en rien à ce qu'on leur raconte. Pour tout le monde, ce n'est qu'une blague idiote et ils s'attendent à ce que le jeune homme réapparaisse d'un moment à l'autre.

Pire encore, si le héros, bon père de famille, passe par plusieurs phases émotionnelles, on se rend vite compte que la plupart des personnages ne sont que de grossiers stéréotypes : le redneck raciste et borné, la grenouille de bénitier, le biker hargneux...

Même le voisin qui paraissait raisonnable au départ se révèle être un sale type odieux qui refuse qu'on le prenne pour une bonne poire.

J'aimerais qu'un jour un film d'horreur mette en scène des personnages vraiment intelligents et raisonnables. Et pas que les premiers rôles.
Romero l'avait compris, lui, mais passons.

Donc, l'introduction originale du film laisse place à la déception de se trouver face à un énième film d'horreur sans personnalité. La première heure est d'ailleurs bien pénible et il faut se supporter des tonnes de dialogues déjà entendus des dizaines de fois.

Pourtant de la personnalité, « The Mist » en a une, et une sacrée!
En fait il ne ressemble à rien. Du moins, rien qui n'a déjà été fait dans le genre (à ma connaissance).


Darabont aligne les références. Un poster de « The Thing » dans le bureau du héros, un événement climatique inexpliqué comme dans « La Guerre des Mondes », un brouillard démoniaque (« The Fog »), un centre commercial qui devient un refuge (« Zombie »), des créatures qui pondent à l'intérieur de corps humains comme dans « Alien » et j'en oublie.

Mais malgré toutes ces allusions, le film possède une identité propre.

Visuellement d'abord.

Les créatures en images de synthèse manquent parfois de textures mais leur apparence Lovecraftienne les rend particulièrement effrayantes.

On peut regretter le manque d'inventivité dans la mise en scène de Darabont : il arrive bien plus facilement à nous faire peur avec une simple corde tendue qu'avec des ptérodactyles en 3D approximative.

Quelques scènes déclenchent l'hilarité malgré elles (le pauvre type qui trébuche sur un seau d'essence alors qu'il vient d'allumer une torche ou le héros qui continue à taper sur une créature morte depuis longtemps alors qu'on a besoin de lui) mais dans les effets gore le réalisateur met dans le mille.
Difficile de rester insensible aux effets produits par une piqure d'insecte ou par un jet d'acide qui s'enroule autour de la jambe!

Quant aux scènes dans le brouillard, elles sont d'une rare beauté.
A la fois, rêves et cauchemars, elles sont de plus remarquablement illustrées par la musique atmosphérique, quasi religieuse, de Mark Isham.

Scénaristiquement, ensuite.

En parlant de religion, rarement un film de ce genre se sera autant appuyé sur les effets de la religion sur les hommes.

Tout comme dans le film culte de Romero, Darabont transforme son centre commercial en un véritable microcosme de l'humanité. En ces temps de panique, la personnalité de chacun éclate au grand jour et les instincts primaires refont surface.

Une fanatique (Macia Gay Harden, hallucinée) va entrainer des divisions parmi le groupe et tourner les gens les uns contre les autres.
Si au début tout le monde reste sceptique par ses prophéties et sa « bonne parole », au fur et à mesure des évènements de plus en plus de fidèles vont se rallier à elle.

De ce côté là, le scénario se montre particulièrement habile puisqu'il n'explique jamais (disons pas avant les ¾ du film) d'où vient ce brouillard.
Même le spectateur finit presque par croire à un châtiment divin, au Jugement Dernier.

Et quand on voit, de quoi est capable la « nouvelle paroisse », on est en droit de se demander : « Qui sont les véritables monstres du film? ».

L'absence de star au casting permet au réalisateur de faire monter la tension d'un cran supplémentaire. Vu que tout le monde part sur un pied d'égalité, on ne sait jamais qui va être le prochain sur la liste.

Certains acteurs connus incarnent des seconds rôles plus ou moins importants ( Macia Gay Harden mais aussi William Sadler, encore plus antipathique que dans « 58 minutes pour vivre »).
Mais la « star » du film c'est le musculeux Thomas Jane.

Monolithique pour ne pas dire inexpressif dans «The Punisher », l'acteur surprend dans le bon sens du terme. Son jeu est très bon et il est bien plus crédible qu'on pourrait l'imaginer.
Sauf quand il doit exprimer la folie mais on ne peut pas tout avoir...

Le scénario semble caricatural vu de loin (les habitants d'une petite ville sont attaqués par des monstres apparus de nulle part) et aurait pu donner une petite série B mais on se trompe lourdement.

Le film se concentre plus sur les relations entre les différents personnages que par les attaques des créatures elles même.

La première heure pédale désespérément dans la choucroute pour nous sortir quelque chose de nouveau mais après, les scènes angoissantes se multiplient, l'histoire devient aussi sombre que pessimiste et la fin, psychologiquement parlant, est absolument impitoyable...

« The Mist » est tout sauf un film d'horreur ordinaire.
Ceux qui s'attendent à une déferlante de gore pure et simple seront déstabilisés et ceux qui attendaient le film comme le messie du film fantastique seront (peut être) déçus par les nombreuses séquences dominées par la frénésie aveugle invoquée au nom de Dieu.

Dans tous les cas, Darabont a réalisé une œuvre unique qui fera date.

Note : **

Watchmen


Lorsque l'un de ses anciens collègues est assassiné, Rorschach, un justicier masqué, reprend contact avec son ancienne légion de justiciers. Il entrevoit alors un complot inquiétant et de grande envergure lié à leur passé commun et qui aura des conséquences catastrophiques pour le futur.

Je ne connais pas le roman graphique originel dont est tiré le film, je fais donc ma critique vis à vis du film en tant que tel et non en tant qu'adaptation.


« Watchmen » n'est pas le premier roman graphique d'Alan Moore adapté au cinéma : « From Hell » et « La Ligue des Gentlemen Extraordinaires » ont déjà fait les frais d'un portage à l'écran plus ou moins réussi et fidèle à l'original (ceux qui se souviennent de la destruction de Venise dans « LXG » en rient encore...).

Néanmoins, le réalisateur de « Watchmen », Zack Snyder, n'est pas un petit nouveau dans ce domaine puisque c'est à lui qu'on doit l'hallucinant « 300 », adapté, lui, de l'oeuvre de Frank Miller.
Sa faculté à créer de belles images n'est donc plus à prouver.

Déjà avec « L'Armée des Morts », qui reste malgré tout nettement inférieur au « Zombie » de Romero, il montrait un talent rare pour les plans captivants (le plan séquence en hélicoptère au début du film).

Dans « Watchmen », on en prend souvent plein la vue avec des images d'une beauté quasi onirique, des ralentis saisissants et des effets spéciaux absolument parfaits. Ces derniers sont d'ailleurs utilisés avec une finesse et une efficacité surprenante.
Que ce soit au niveau du masque indéfinissable de Rorschach ou de la représentation de Dr Manhattan et de ses pouvoirs phénoménaux, force est d'avouer qu'ils impriment aux images une puissance visuelle hors du commun.

Mieux : ils finissent par se fondre directement dans l'histoire, sans jamais empiéter sur le scénario.

Et quel scénario! On a beau souvent accuser les comics et autres romans graphiques de ne mettre en scène que des personnages manichéens, ici la surprise est de taille pour ceux qui ne connaissent pas l'œuvre originale.
Trahisons, faux-semblants, vérités cachées...rarement le thème du masque n'aura été aussi développé.

Ces super-héros ne ressemblent en rien de ce que l'on connait et leur accoutrement extravagant n'est souvent qu'une façade pour cacher les sentiments les plus vils qui les animent. Le ton est donné, la noirceur est de mise.

Le scénario est rudement complexe et s'appuie sur de nombreuses connaissances historiques (Nixon, la guerre du Vietnam, les Sixties, la Guerre Froide...) qui nécessitent de la part du spectateur une connaissance minimale du sujet, sous peine de ne pas comprendre les enjeux de l'histoire.
De plus, si « Watchmen » se déroule effectivement durant les années Nixon, l'histoire prend pied dans une réalité alternative où les USA seraient sortis triomphants du Vietnam.
Il s'agit alors de comprendre les effets de cette nouvelle ère, tant au niveau politique que social.

Le film nous trimballe donc aux 4 coins du globe (et même plus loin...), à travers plus de 30 ans « d'Histoire », à coups de flash back, de voix off et de références culturelles flagrantes.

Reste plus qu'à mettre en scène tout ça.

Si « 300 » n'avait pas le problème de la narration, c'est que Snyder reprenait case par case les dialogues et cadrages du roman.
En revanche, pour « L'Armée des Morts », pas d'idées à piquer ou à reproduire et on voyait rapidement le manque d'originalité de la mise en scène.

« Watchmen » est un roman graphique mais c'est aussi un film de 2h30!
Et accrocher le spectateur sans discontinuer pendant tout ce temps relève de la gageure que Snyder n'a malheureusement pas su tenir.

Ce serait mentir de nier que certaines scènes sont d'une beauté à nous décoller la rétine. Elles se comptent hélas sur les doigts de la main. Bon une main à 11 ou 12 doigts, mais quand même...

Le nombre est satisfaisant pour une durée classique (1h30/2h) mais pour « Watchmen », c'est un peu juste.
D'autant qu'elles ne s'étendent rarement plus que quelques secondes (Dr Manhattan au Vietnam...).

Que reste-t-il alors? Des tunnels de dialogues.
Pour une fois qu'un film de ce genre ne sacrifie pas le scénario à l'action, j'ose me plaindre?
Au contraire, les dialogues sont très bien écrits et certaines répliques font dans le culte-instantané. Les monologues cyniques de Rorschach font partie des meilleurs moments du film, de même que les scènes avec Dr Manhattan ou le Comédien.

Mais pour les réciter ces dialogues, il faut des acteurs et dans le film, les acteurs eh ben ils sont pas tous très bons. Dans le tiroir « parfait », on peut d'ore et déjà ranger les interprètes de Rorschach et du Comédien et Billy Crudup s'en sort avec les honneurs dans la peau bleue translucide du Dr Manhattan, de même que celui qui joue Ozymandias.

En revanche le Hibou et sa copine, les personnages comme les interprètes, manquent sincèrement de charisme. Les acteurs ne sont pas foncièrement mauvais, ils sont justes...fades, inintéressants.
Et c'est dommage vu qu'ils monopolisent quasiment toute la seconde moitié du film.

Ainsi donc, entre un début en fanfare et un final pour le moins audacieux, on doit se taper les frasques érotico-amoureuses des deux tourtereaux en mal d'affection, dont le point d'orgue est atteint lors de la scène d'amour (volontairement?) grotesque mais hilarante, accompagnée du « Alléluia » de Leonard Cohen.

En parlant de musique on peut noter que « Watchmen », qui se déroule principalement dans les années 60/70, nous donne l'occasion de (re)découvrir de nombreux tubes de l'époque.
Le décalage constant entre la bande son rétro et la réalisation-on ne peut plus moderne-est une excellente surprise.
Snyder rythme son film à coup chansons de Bob Dylan et Leonard Cohen et va jusqu'à reprendre les célèbres Valkyries de Wagner (rapport à « Apocalypse Now ») pour le passage au Vietnam.

A l'opposé, les compositions brutales de Tyler Bates (« 300 ») parviennent rarement à insuffler le souffle nécessaire au visuel.
Percussions, riffs ravageurs, chœurs latins et autres sonorités électroniques se mettent en quatre pour nous faire exploser les tympans mais rien à faire : on ne retrouve pas cette symbiose entre la musique et les images qui faisait la qualité de « 300 ».

De même, malgré plusieurs couches de ralentis glorificateurs et d'effets stylistiques d'une violence marquante, la mise en scène de Snyder manque de punch lors des combats. Il faut vraiment attendre les scènes dans la prison pour avoir enfin droit à une baston digne de ce nom.



On pourra évidemment me rétorquer que « 300 » et « Watchmen » sont des oeuvres d'un auteur différent et se doivent donc d'être traitées différemment. L'argument est tout ce qu'il y a de plus évident : on ne peut pas filmer de la même façon la violence exacerbée des Thermopyles et leurs plaquettes de chocolat et l'histoire pessimiste des super-héros de « Watchmen », tout en collants et questions existentielles.

Pourtant, Snyder c'est avant tout « le mec qui a fait 300 » : sa réputation reste, qu'on le veuille ou non, basée sur ce film.
On est donc forcé de faire des comparaisons malgré tout et ça il ne pouvait pas y échapper.

Visuellement donc, « Watchmen » est beau, très beau même mais on est loin de la grosse claque annoncée. Peut être aussi qu'en tant que film « post 300 », il a perdu tout effet de surprise mais ce n'est pas le cas étant donné que certaines séquences touchent, quoi qu'on en dise, au sublime.
C'est juste que sur 2h30, les séquences « je t'arrache les globes oculaires et je te laisse la langue pendante d'admiration » se font rares.

Pour autant le film est tout sauf raté.
Scénario palpitant (bien qu'un peu confus), personnages ultra-charismatiques, effets spéciaux à tomber, répliques aux petits oignons et surtout ambiance unique, « Watchmen » est sans conteste l'œuvre d'un réalisateur visionnaire et certainement une des meilleures adaptations au cinéma de tous les temps... si l'on fait abstraction de quelques temps morts, de certains passages un peu maladroits et d'une mise en scène plus ou moins inventive.
Et de « 300 »!

Sans oublier que, comme « 300 », une fois redimensionné pour le petit écran, le film perdra la moitié de son potentiel.
Faut donc en profiter pour le voir tant qu'il est encore au cinéma.

Note : ***

dimanche 15 mars 2009

Kung Fu Panda



Passionné, costaud et quelque peu maladroit, Po est sans conteste le plus grand fan de kung fu. Serveur dans le restaurant de nouilles de son père, son habileté reste encore à prouver.
Elu pour accomplir une ancienne prophétie, Po rejoint le monde du kung fu afin d'apprendre les arts martiaux auprès de ses idoles, les légendaires Cinq Cyclones : Tigresse, Grue, Mante, Vipère et Singe, sous les ordres de leur professeur et entraîneur, Maître Shifu.
Mais Taï Lung, le léopard des neiges fourbe et animé d'un désir de vengeance, approche à grands pas, et c'est Po qui sera chargé de défendre la vallée face à cette menace grandissante.



Alors voilà donc le fameux dessin animé de Dreamworks dont tout le monde chante les louanges...

La première chose qui frappe quand on regarde « Kung Fu Panda » c'est à quel point il est beau.
Les couleurs sont absolument resplendissantes et les textures sont d'un réalisme à tomber.
Quand on pense qu'il y a à peine 15 ans, « Jumanji » portait à l'écran les premiers animaux virtuels à fourrure, on en a presque le vertige tant les mammifères de ce film sont convaincants et crédibles!

Une fois la grosse claque passée, c'est le moment de s'intéresser au film lui même.

A première vue, l'histoire fait dans le classique.
Hommage au genre, le film reproduit les principales caractéristiques du film asiatique d'arts martiaux.
Pour résumer : un looser se fait entrainer par les plus grands maîtres pour sauver le monde d'un vilain méchant qui veut le secret de la puissance suprême.
L'oscar du scénario ce sera pour une autre fois...


Pour un film sur le kung fu, on navigue en terrain connu.
Maître austère, élèves fougueux, vieux sage malicieux, prouesses physiques, entraînement drastique, combats au bâton, prophétie, cerisiers en fleurs...tous les clichés de ce genre de film sont passés en revue.

La vraie surprise c'est que les différents styles de kung fu sont représentés par leurs animaux correspondants : tigre, grue, serpent, singe, mante religieuse, panda. Panda?

Oui, le looser du film est un panda ; la créature la plus improbable pour sauver le monde de la terrible menace qui pèse sur lui.
Dans les vrais films de wu xa pian, le pauvre incapable du début finit par apprendre l'humilité et combat avec sagesse. En sachant reconnaître ses erreurs, le personnage devient plus attachant au cours du film.
Mais ce Panda, ne fait que s'apitoyer sur lui même et reste jusqu'à la fin ce gros lard pathétique dont la principale occupation est de s'empiffrer.
Difficile de s'attacher à lui, au final.

La manière dont il apprend le kung fu reste l'une des meilleures idées du film mais on n'y croit pas une seconde. Comment peut-il maîtriser toutes ces techniques en si peu de temps alors que les autres élèves s'entrainent depuis des années?
« C'est qu'un film! » me rétorquerez vous. D'accord, mais ça sent le laisser aller à la facilité.


Si la réalisation est surprenante, l'histoire l'est beaucoup moins.
Même s'il se veut fidèle au genre, le film n'offre que peu de réelles nouveautés.
Les personnages ont déjà été vu et revu des centaines de fois (la seule différence c'est qu'il s'agit d'animaux cette fois) et les scènes de combat n'ont rien de si innovant.

Au final on enchaîne des scènes prévisibles sans grande surprise en rigolant de temps en temps.
Comparé aux premiers « Shrek » et le récent « Les rois de la glisse » (aussi de Dreamworks), l'humour est étonnament plat et la plupart des gags sentent le réchauffé (le panda imite son maître qui bien évidemment se trouve derrière lui...).

Les grimaces insensées du panda et les coups de bâtons sur la tête sont légions mais un peu plus d'originalité dans les dialogues n'aurait pas fait de mal.
Il lui manque la dérision d'un Jackie Chan ou l'absurdité de Stephen Chow.

En revanche la qualité sonore est indéniable.

Poe le panda est doublé par un Jack Black survolté, Dustin Hoffman prête sa voix flegmatique au maître Shi Fu et on croise un bon nombre de stars plus ou moins bien exploitées (Angelina Jolie, Michael Clarke Duncan ont chacun droit à leur scène mais Lucy Liu et Jackie Chan sont malheureusement laissés en retrait).

Les effets sonores sont vraiment réussis, d'autant qu'avec les nombreux ralentis, le son est souvent assourdi. Du côté de la musique, Hans Zimmer et John Powell remplissent leur contrat sans faire d'étincelle. On apprécie les mélodies asiatiques traditionnelles et les rythmes héroiques plus « Zimmeriens » mais, encore une fois, rien de nouveau sous le soleil levant.

Si techniquement le nouveau Dreamworks est un éblouissement total, il déçoit du côté de son scnénario. Trop classique, trop prévisible. Trop gentillet.
En ce qui concerne les films d'art martiaux, les américains continuent désespéremment de se concentrer sur la forme et non sur le fond.

« Kung Fu Panda » demeure essentiellement pour les enfants et pour ceux qui veulent passer un bon moment sans se prendre la tête.
Dans le monde de l'animation, Pixar a toujours une longueur d'avance...

Note : **

Les 2 Sirènes




Charlotte est une adolescente déchirée entre ses sentiments pour le gardien d'un couvent et son désir de devenir nonne. Sa vie lui paraît bien compliquée entre ses émois, sa soeur, nageuse hors pair, et sa mère qui déménage avec sa petite famille à chaque fois qu'elle provoque un scandale. Ce qui arrive souvent...

Fan de Bob Hoskins devant l'éternel, j'avais vraiment envie de voir ce film méconnu.

Aussi à l'aise dans la comédie (« Super Mario Bros », « Roger Rabbit ») que dans des rôles plus sérieux (« Stalingrad »), l'acteur est un vrai passionné et se donne toujours au maximum.
A l'écran, il apporte une vraie présence et fait de son vendeur de chaussures, un grand garçon qui refuse de grandir, aussi sincère que charmant.

Le reste du casting est au diapason de ses capacités.

Pétillante et intimidante à la fois, la chanteuse Cher est parfaite dans la peau de cette mère sexy et anticonformiste qui se comporte parfois comme une enfant alors que sa fille Charlotte cherche à la rendre plus mâture.

Charlotte est interprétée avec talent par Winona Ryder et la petite dernière est jouée par Christina Ricci.
Les deux actrices ont quelque chose en commun puisqu'elles ont toutes deux jouée sous la houlette de Tim Burton, ce qui confirme leur talent.

Si Winona Ryder est le personnage principal il faut avouer que du haut de ses 8 ans, Ricci lui vole parfois la vedette. Malicieuse, craquante, adorable, les mots manquent pour définir son personnage.
Une chose est certaine : elle est une actrice née!

De cette famille monoparentale des années 60 où chacune essaie d'affirmer sa personnalité, le réalisateur en tire un scénario au final assez classique mais réussi.
Malgré toutes leurs différences, les filles et leur mère s'apercevront que rien, pas même la pire tragédie, ne peut briser les liens qui les unissent.

Basé sur le roman « Mermaids » de Patty Dann, le film est soigné en tous points. Visuellement d'abord, la photographie rend hommage aux magnifiques paysages automnales où se déroule l'histoire. L'ambiance sonore également, avec une bande son composée de tubes rythmés et entraînants dont le « The Shoop Shoop Song-It's in his kis », interprété par Cher elle même.

Si la deuxième moitié tombe parfois dans le mélo facile, le film trouve toujours le ton juste et les mots adéquats pour exprimer les ressentis des personnages. Hormis Michael Shoeffling en beau gosse insipide, les acteurs sont réellement attachants et leur complicité fait plaisir à voir.

Drôle et touchant à la fois, « Les 2 Sirènes » est une tragédi-comédie émouvante jouée avec une bonne humeur communicative.

Note : ***

samedi 7 mars 2009

Crève Smoochy, crève!




Rainbow Randolph, la vedette d'un spectacle TV populaire pour enfants, est renvoyé à la suite d'un scandale de pot-de-vin. Il est remplacé par Smoochy le rhinocéros. Alors que le show de Smoochy explose les indices d'écoute, Randolph prépare sa vengeance...

« Crève Smoochy Crève » est le nouveau film de Danny DeVito (« La Guerre des Roses », « Balance Maman hors du train »).

En plus d'être un excellent acteur, il prouve une fois de plus qu'il est aussi un réalisateur talentueux.

La mise en scène extravagante souligne le côté farfelu des personnages.
De Vito enchaîne les fondus enchaînés, les plans en accélérés et les angles biscornus sans pour autant tomber dans la surenchère. Ses plans sont beaux, précis et mettent en valeur une explosion de couleurs permanante.

Explosion de couleurs qui contraste avec la noirceur du scénario. Si on ne prendra pas le risque de comparer les films de DeVito à ceux de Paul Schrader (« Affliction », « Hardcore »), il faut reconnaître que c'est bien le dark side de l'âme humaine qui intéresse le plus le réalisateur.

Le film est une satire acerbe du monde du showbiz et en particulier celui de la télévision.
Les personnages ont beau présenter une émission pour les enfants, seul le pognon les intéresse.
Face à la caméra, tout le monde chante et danse mais ce n'est qu'un écran de fumée : les gros studios ne parlent que de merchandizing et les vedettes elles mêmes sont de vrais ordures sans états d'âme.

Alors quand un animateur intègre (Edward Norton) se met en travers de leur route, les requins de la finance montrent les dents.
S'ensuit une série de meutres qui implique entre autre un ancien boxer un peu bênet, des membres de la mafia irlandaise, un tueur à gage narcoleptique, un fou furieux avide de vengeance et un adepte de la culture bio...

Une série de personnages gratinés dont deVito en a fait sa spécialité.

Le casting est une vraie surprise.
Edward Norton, plus habitué aux personnages durs et violents (« Dragon Rouge », « Fight Club », "American History X"), surprend en incarnant ce joyeux huluberlu qui ne cherche qu'à faire le bien autour de lui.
Naïf, niais et débordant de gentillesse, l'acteur prend un malin plaisir à casser son image.

Dans le film, Catherine Keener ("Into the Wild") y est insolente, grossière et totalement décontractée. Une performance géniale qui ne laisse certainement pas indifférent et qui éclipse la plupart des autres acteurs, dont Robin Williams justement.

Robin Williams est connu pour ses talent comiques allant de la grosse farce (« Madame Doubtfire ») jusqu'à l'ironie poétique (« Le cercle des poètes disparus »).
Cette fois on penche pour le premier cas tant l'acteur surjoue. Il en fait des tonnes mais peine à rendre son personnage convaincant.
Néanmoins, on voit qu'il s'amuse à interpréter cet hystérique pervers et détestable et on ne lui en tiendra pas rigueur en se laissant porter par les dialogues savoureux.

Souvent vulgaires, les répliques n'en sont pas moins tordantes et les prises de becs entre Norton et Keener sont sans conteste les meilleurs moments du film!

En lui même, le film alterne les hauts et les bas mais se révèle bien supérieur à ce que sa mauvaise réputation laisse entendre.

Du point de vue artistique, DeVito livre des images impeccables et va même jusqu'à donner au film des allures de vieux polar.

Le scénario est intelligent mais surprend rarement, la mise en scène est originale sans conférer au génie, les acteurs sont bons en dépit d'un Robin Williams en roue libre.

Le film vaut surtout pour ses répliques « fleuries » et le changement de registre des acteurs.
Quant au couple Norton/Keener, il fait de parfaites étincelles!

Avec « Crève Smoochy crève » DeVito ne « changera pas le monde mais il peut y laisser une trace ». Alors, donnons lui une chance.

Note : **

Dejà Vu



Alors qu'il enquête sur l'explosion d'une bombe sur un ferry à la Nouvelle Orléans, l'agent Doug Carlin se voit enrôlé au sein d'une nouvelle cellule du FBI ayant accès à un appareil gouvernemental top secret permettant d'ouvrir une "fenêtre sur le temps", et ainsi de retrouver les preuves nécessaires à l'arrestation d'importants criminels.



Le jeu de mot n'est même pas drôle tant il est facile mais « Dejà Vu » a vraiment un air de déjà vu...

Les voyages dans le temps sont courants au cinéma comme en littérature, et ce depuis « La machine à remonter le temps » de H.G. Wells qui date déjà depuis un moment.

Quand au thème de la police temporelle, le film a un léger temps de retard.
Le problème de « Paycheck » (entre autres...) c'est d'arriver après le « Minority Report » de Spielberg.
Le problème de « Dejà Vu » c'est d'arriver BIEN après « Minority Report ».

Mais là où Spielberg nous plongeait dans un thriller palpitant et remarquablement réussi, tant sur le point visuel que scénaristique, « Deja Vu » ne se différencie en rien d'un énième blockbuster policier à l'américaine.

Visuellement d'abord le film baigne constamment dans une mer de couleurs saturées, véritable marque de fabrique des séries policières récentes qui envahissent le petit écran. On a l'impression de regarder un épisode des Experts.
Pas étonnant quand on sait que le film a été produit par Jerry Bruckheimer, également producteur des Experts.

Jerry qui?

Jerry Bruckheimer, le bulldozer du cinéma américain.
Chaque fois que vous voyez un film d'action bourré d'explosions spectaculaires, 9 fois sur 10, c'est lui. Comme Michael Bay, dont il a produit quasiment tous les films, le gars n'est pas reconnu pour sa finesse. Mais Jerry Bruckheimer c'est aussi le pif le plus impressionnant du box office : il a un don pour repérer les gros poissons, ceux sur qui le public va se ruer en masse.

A son tableau de chasse, il peut se vanter d'avoir des blockbusters en puissance tels que « Bad Boys », « Rock », « Pearl Harbor », « Benjamin Gates », « Le Roi Arthur », « Top Gun », « Le flic de Beverly Hills » et même « »Pirates des Caraibes » c'est lui. Respect!

Parmi ses petits protégés, on peut compter Michael Bay et Tony Scott , tous deux venants de la pub et du clip.

Tony Scott c'est l'homme que les épileptiques voient dans leurs cauchemars. Ses films ont toujours une esthétique très marquée par un défilement de plans assez voire très rapides et une caméra constamment en mouvement. Si au début de sa carrière, il ne faisait pas autant de vagues, depuis « Domino » et « Man on Fire » il s'essaie aux techniques visuelles les plus flashy et extravagantes possibles...souvent au détriment du scénario.

Imaginez un film tourné avec une caméra montée sur un marteau-piqueur en marche et vous aurez une bonne idée de à quoi ressemble « Dejà Vu »...

Bruckheimer et Scott, c'est déjà une histoire qui dure depuis « Top Gun ».
Ces deux là se connaissent bien et ensemble ils sont capables de bonnes choses : si vous cherchez un film d'action pas spécialement intelligent mais bien mené côté action, vous pouvez faire confiance au duo.

Donc voilà, « Dejà Vu » peut se résumer à un polar d'action très conventionnel, filmé sur un lit à ressorts.
Sauf que il y a l'histoire du voyage dans le temps. Et là les choses se gâtent...


En gros, les flics ont trouvé un moyen de voir les évènements qui se sont déjà déroulés mais ils ne peuvent rien changer.
Mouais, mon oeil! On parie combien que le héros (Denzel Washington) va trouver un moyen de remonter le temps, tuer le méchant et sauver la fille (dont il est évidemment tombé amoureux)?
En plus c'est son frigo qui lui dit de le faire (si, si)...

Les ficelles du film sont aussi énormes que les indices découverts par le personnage de Denzel sont minuscules : genre je regarde sous un pont et je trouve un truc gluant entre deux boulons...
C'est long un pont, quand même.
Et puis, quand il se prend une balle, il ne semble jamais ressentir le coup (il nettoie sa blessure, l'air de rien, comme une tâche sur sa chemise) et parvient à sortir d'une maison en flammes pile au moment où tout explose sans une égratignure. Vous avez dit « réalisme »?

Honnêtement les surprises du scénario n'en sont même pas vu que le film ne sort jamais des sentiers battus.
Non seulement le scénario, abracadabrantesque, est fumeux au possible et s'emmêle les pinceaux mais en plus, il accumule les idées les plus éculées.

Ma connaissance du sujet n'est pas exhaustive mais pour expliquer le principe du voyage dans le temps et ses conséquences, les « scénaristes » n'ont rien trouvé de plus original qu'une feuille pliée (principe que l'on retrouve dans plusieurs films, comme « The One ») et un schéma (exactement le même que dans les « Retour vers le futur », qui ont déjà plus de 20 ans)...
Et cerise sur le gateau, le film nous fait le coup du méchant patriote qui veut tout faire sauter pour qu'on lui reconnaisse ses droits.
Idée reprise directement de « Rock » de Michael Bay, produit par...Jerry Bruckheimer!

Comme quoi, malgré son budget de plusieurs millions de dollars, « Deja Vu » doit se rabattre sur des idées maintes fois exploitées pour rester un poil cohérent. Un comble.

Par contre avant que Denzel ne décide de faire un saut dans le temps, il s'est déroulé 1h30 de film!
1h30 où on voit des types qui regardent des écrans. Mais attention ils ne regardent pas n'importe quoi, hein! Ils font bien attention de choisir les plans où on voit la fille en sous vêtements, ou carrément sous la douche. Des scènes indispensables à l'enquête, faut avouer...

« Dejà Vu » c'est avant tout un film sur des types qui regardent un film, ça dure 2 heures et c'est ch...ennuyeux au possible!

Mais Bruckheimer oblige, le film possède aussi quelques scènes d'action plus ou moins bien foutues . Si Tony Scott filme joliment un tonneau de voiture depuis un bateau, l'explosion principale (le ferry) est vraiment moche : le montage est tellement réussi qu'on à l'impression de voir 3 fois le même type sauter dans l'eau...
Et j'en profite pour faire remarquer que lors de la scène du pont, le personnage de Denzel renverse plusieurs conducteurs innocents dans sa quête contre le mal.
Pour un type qui cherche à sauver des vies, c'est plutôt de mauvais goût!

Le plus drôle c'est que les scènes d'action n'ont rien d'exceptionnel mais la mise en scène de Tony Scott les amplifie considérablement. Par exemple, la scène du pont est filmée de façon tellement rapide qu'on croit revivre « French Connection ».
Pourtant dans les faits c'est juste un type qui roule sur un pont...

Et le film multiplie ces séquences fièvreuses où en réalité, il ne se passe rien.


S'ils ne dégage jamais un vrai charisme, Denzel Washington reste fidèle à lui même : très bon acteur. Jim Caviezel est parfois assez impressionnant mais le reste du casting est insignifiant.
Même le génial Val Kilmer surnage dans cette mer de mauvais acteurs. Il a grossi, joue le mec sérieux bien caché derrière ses lunettes et se contente de faire de la figuration. Dommage.

Même si l'idée de base était intéressante, « Deàa Vu » n' est qu'un nanar qui bénéficie d'un gros budget mal utilisé.
Il échappe de peu au zéro pointé grace à la présence de Denzel Washington, la réalisation frénétique de Tony Scott et la musique particulièrement rythmée de Harry Gregson Williams qui, bien loin d'être exceptionnelle, donne un vrai cachet aux scènes d'action.

Note : *