vendredi 7 novembre 2008

Black Book



La Haye, sous l'occupation allemande.
Lorsque sa cachette est détruite par une bombe, la belle chanteuse Rachel Stein tente, avec un groupe de Juifs, de gagner la Hollande Méridionale, déjà libérée. Mais une patrouille allemande les intercepte. Tous les réfugiés sont abattus et seul Rachel échappe au massacre.
Elle rejoint alors la Résistance et, sous le nom d'Ellis de Vries, parvient à infiltrer le Service de Renseignements allemand et à se lier avec l'officier Mûntze. Séduit, celui-ci lui offre un emploi...

Pour ce film, Paul Verhoven effectue un retour aux sources puisqu'il décide de filmer non pas aux Etats Unis mais en Hollande.

Roi de la provoc, Verhoven possède effectivement un scénario matière à être pris pour cible par toute la censure américaine : des salauds du côté des alliés et des résistants, des scènes de sexe sans tabou ni simulation et surtout le film montre les SS comme des personnes normales et non des monstres sanguinaires...

Et je ne parle pas de toute l'idéologie nazie (les croix gammées...) que l'on voit tout au long du film.

Verhoven sait tenir une caméra et la photographie est assez réussie, l'actrice principale est envoûtante et ne recule devant rien. Certaines scènes sont visuellement aussi puissantes que choquantes.

Mais le gros problème c'est le scénario. Très (trop?) classique dans sa première moitié, le film devient plus intéressant par la suite. Parfois désagréablement simpliste et parfois inutilement compliqué, il nous entraîne à droite à gauche sans vraiment saisir son sujet.

La plupart des personnages sont justes survolés et sont réduits à de simples stéréotypes. On ne s'attache pas vraiment eux et à leur destin.

Connu pour son ultraviolence exacerbée, Verhoven limite l'action à 2, 3 fusillades et une explosion au début. Là où une caméra à l'épaule facon le Soldat Ryan aurait été de plus bel effet dans ces cachots étroits, il choisit de filmer de façon beaucoup plus classique sans réelle imagination dans le montage et les cadrages. C'est dommage.

Le portrait des SS et le scénario pendant/ après guerre sont intéressants tout comme la performance de l'actrice principale mais le reste sombre dans la banalité.

Note : *

Arsenic et vieilles dentelles




Deux charmantes vieilles dames, pétries de charité chrétienne, tuent en série les laissés-pour-compte de leur ville sous l'oeil désemparé de leur neveu (Cary Grant)-amoureux fou de la fille du pasteur.
Tandis que leur second neveu, un criminel recherché par la plice, débarque à l'improviste avec un cadavre sous les bras et essaie de tirer profit de la situation...

Avant toute chose il faut savoir que le film est une "screwball comedy". Pour ceux qui ne connaissent pas le terme, j'ai choisi cette citation du scénariste américain Andrew Bergman:

« Il y avait un lancer au base-ball dans les années 30 appelé un "screwball" performé par un lanceur appelé Karl Hubbell. C’était un lancer avec une rotation particulière qui allait dans différentes directions et empruntait des chemins inattendus… La Screwball Comedy n’était pas conventionnelle, elle allait dans différentes directions et empruntait des chemins inattendus… »

Un des traits dominants de ce sous-genre est la quasi-absence de pré-récit. L’histoire débute à la première minute du film ; un portrait des personnages principaux est dressé très rapidement. Il n’existe aucun dialogue explicatif sur ce que le spectateur serait déjà censé savoir avant de regarder le film ce qui lui donne un rythme particulièrement rapide.

D'une facture d'apparence classique, les screwball comedies se caractérisent donc par un enchevêtrement rapide de situations de vaudeville, cocasses et incongrues.

La folie hante le film de bout en bout entre ceux qui le sont (le cousin Teddy qui se prend pour le président Roosevelt et lance une charge sabre-imaginaire- au clair chaque fois qu'il monte les escaliers) et ceux qui croient le devenir (Cary Grant sombre peu à peu dans la démence si bien que le docteur se demande s'il ne devrait pas l'enfermer lui aussi^^).

Ce serait une erreur de dire que Cary Grant porte le film sur ses épaules car chaque acteur cerne son personnage avec minutie et livre une interprétation absolument sans faille! Pourtant, j'ai rarement vu un acteur aussi frénétique au cinéma.
Il bondit dans tous les sens, parle à la vitesse V2, grimace plus que Steve Martin dans tous ses films réunis... bref c'est une vraie pile électrique!

Le scénario surprend constamment et abuse des Deus Ex Machina.
"Surtout employée dans le vocabulaire théâtral , se dit au sujet d'une personne qui arrive, d'une façon impromptue, au moment d'une situation désespérée pour la résoudre.
A chaque fois qu'on croit le héros perdu, un nouveau personnage débarque. Les situations les plus improbables se succèdent alors (mention spéciale pour Cary qui raconte carrément ce qu'il ne faut pas faire dans une situation dangereuse au moment où il est lui même en danger! XD) à un rythme impressionnant. Le scénario nous tient en haleine jusqu'à la dernière minute.

J'ai pas pu résiter à mettre quelques exemples de dialogues. Juste pour vous montrer à quel point ils sont géniaux :)
Elaine Harper: But Mortimer, you're going to love me for my mind, too.
Mortimer Brewster: One thing at a time!

Elaine Harper: But, darling - Niagara Falls.
Mortimer Brewster: It does? Well, let it.

Et un dernier pour la route
Mortimer Brewster: Now look, darling, how did he die?
Abby Brewster: Oh, Mortimer, don't be so inquisitive. The gentleman died because he drank some wine with poison in it.
Mortimer Brewster: Well, how did the poison get in the wine?
Martha Brewster: Well, we put in wine because it's less noticeable. When it's in tea it has a distinct odor.


Et la réalisation n'est pas en reste.
Le réalisateur Frank Capra a pendant 20 ans incarné l'Amérique, ses espoirs, ses doutes, ses "valeurs"...La thématique de ses films rappelle le message de l'Evangile "aimer son prochain comme soi même". Les personnages centraux de ses films sont bons ou essaient de l'être. Plusieurs fois récompensé aux oscars, Capra a marqué les années 40 par des chefs d'oeuvre intemporels tels que : La vie est belle, L'extravagant Mr Deeds ou encore L'homme de la rue.

Adaptation d'une pièce de théâtre ( comédie de Broadway au succès retentissant), le film en garde les caractéristiques.
Hormis les premières scènes, tout le film se déroule à l'intérieur ou autour de la maison des 2 tantes (décor unique), les nombreux personnages du film ne cessent de se croiser dans des lieux étroits et la caméra passe d'un acteur à l'autre voire d'un étage à l'autre dans le même plan.

Après un début en fanfare, le film lorgne sur le film d'horreur lors de l'arrivée du cousin Jonathan (dont la tête de Boris Karloff -qui jouait dans la pièce originale- sera sujet à nombreux gags).
Capra parodie alors élégamment le genre en multipliant les gros plans sur un visage déformé par les cicatrices, les effets choc mais gratuits d'un rideau qui s'ouvre brutalement ou des jeux d'ombres faussement expressionnistes. Un vrai régal pour les amateurs!
Mais juste au moment où le film va pencher du côté obscur^^ (on s'apprête à commetre un meurtre) Cary Grant revient sur le devant de la scène et ne la quittera qu'au défilement du générique.
Exploitation de la profondeur de champ, maestria des raccords sur des changements d'angle fréquents, mobilité quasi imperceptible de la caméra qui capte le moindre mouvement des comédiens, sens de l'ellipse spatiale (on imagine l'ampleur de la scène de baston en regardant les réactions blasées de Cary Grant)...la mise en scène confine au génie!

Le film est devenu un des grands classiques de la comédie américaine, remportant un succès qui ne faiblit pas.
La gageure de l'adaptation cinématographique d'une pièce de théâtre pour en faire un film de près de deux heures en huis clos est devenu une référence en la matière, grâce à un dosage dans la graduation et l'accumulation progressive des situations et des effets de retournements.
Plus de 60 ans (!) après, le film a gardé intact toutes ses qualitées et peut facilement tenir tête aux pathétiques vaudevilles d'aujourd'hui!
De loin une des meilleures comédies que je connaisse.

Note * * * *

L'arme fatale 3




C'est souvent le cas avec les suites à succès.
Les premiers épisodes sont souvent noirs et violents, les suites se concentrent plus sur la comédie et le grand spectacle.

Ce qui est bien avec la série des Arme Fatale, c'est que le réalisateur et les acteurs ne sont jamais remplacés.

Le duo de tête est toujours aussi charismatique.
Danny Glover et Mel Gibson prennent un plaisir fou à se renvoyer la balle et à se moquer les uns des autres. Ca fait plaisir de voir qu'après 3 films, leur complicité reste intacte.
On connait les deux compères ; leurs incessantes prises de bec sans queue ni tête et leur manière explosive de résoudre leurs enquêtes.

On retrouve Joe Pesci dans la peau de l'insupportable Leo Getz.
L'acteur en fait des tonnes et frôle parfois l'hystérie mais attention, Pesci est un bon acteur (oscar pour les Affranchis) et c'est justement en se lâchant complètement qu'il parvient à rendre son personnage attachant.

Au bout du 3ème épisode, on avance en terrain connu.

Difficile donc de se renouveler sans faire de changement important.
Ce changement sera fait en la personne de Rene Russo (pour qui c'est le premier grand rôle à l'écran).
Aussi folle que le personnage de Mel Gibson, son personnage vient rapidement pimenter l'action et s'offre de belles bastons.
Avec une vraie présence à l'écran, l'actrice réussit même parfois à éclipser les autres acteurs.
Un bon choix de casting donc.


Doté d'un scénario pretexte, le 3ème épisode navigue constamment entre les moments de comédie pure et les scènes d'actions d'une violence assez percutante.

Comme à chaque fois les dialogues fusent, souvent pour rien, et les acteurs passent leur temps à s'égosiller mais c'est souvent drôle.
Cette frénésie verbale est devenue la marque de fabrique de la série.

Mais le film sait aussi ralentir le rythme lors de scènes familliales qui peuvent paraître clichés mais qui sont interprétées avec entrain et bonne humeur .
Bien que la comédie demeure, le film reste assez noir, notamment avec des meutres d'adolescents.

Côté action, Donner a fait mieux mais reste un bon artisan.
Montage travaillé, bons cadrages, sens du rythme... on peut juste reprocher le manque d'originalité durant les fusillades.

Comparé aux précédents, le film est moins impressionnant dans ses morceaux de bravoure mais l'humour et la complicité des comédiens fait souvent mouche.
Un film d'action classique mais efficace.
Surtout, restez bien jusqu'à la fin du générique! :)

Note : **

Armageddon



Un feu ne peut pas se propager dans l'espace.

Quand on voit le film, on se rend vite compte que la crédibilité n'a pas été prise en compte.

Spécialisé dans le blockbuster qui ne fait pas trop réfléchir, Michael Bay se préoccupe plus du spectacle que du réalisme. Mais il le fait bien.

Niveau réalisation, le film a plusieurs atouts.

Tout d'abord, le casting est bien choisi.
Aux côtés de Bruce Willis, Peter Stormare et Steve Buscemi apportent beaucoup d'humour.
Billy Bob Thorton est aussi très bon.
Et les jeunes acteurs (Liv Tyler, Ben Affleck), sans atteindre le niveau de leurs aînés, ne font pas que de la figuration.
Sans avoir une personnalité très creusée, les différents personnages du film ne sont pas sacrifiés sur l'autel du spectaculaire.

Visuellement on en prend souvent plein les mirettes avec des effets spéciaux réussis et des explosions impressionnantes (surtout au début) soutenues par des effets sonores de très bonne qualité.

Pour la bande son, Trevor Rabin et Harry Gregson Williams marchent sur les traces de Hans Zimmer avec une musique héroique, qui sait aussi nous tirer quelques larmes quand il le faut...

Mais le film est loin d'être exempt de reproches.

Les clichés abondent : chaque fois qu'on a besoin d'un réacteur, il tombe en panne, il suffit que les américains débarquent dans la station spatiale pour qu'elle explose, les militaires sont des pauvres abrutis qui s'en mêlent toujours quand il ne faut pas, les scientifiques de la NASA ne servent à rien...

Michael Bay n'oublie pas de représenter le reste du monde façon « carte postale ».
Shangai est réduit à une dizaine de jonques qui explosent en gros plan, les musulmans passent leur temps à prier et en France on roule encore en 2 chevaux :)

Le film a un passage à vide vers les ¾ (il dure 2h30).
Une fois sur l'astéroide, il ne se passe plus grand chose et voir un décor noir sur un fond bleu pendant une bonne demi heure, ça finit par lasser.
Heureusement, la fin rattrape le coup.

Enfin, le héros n'hésite pas à tirer au fusil sur un de ses collègues, il est contre les écolos mais comme c'est un catholique (il invoque souvent Dieu), c'est plus triste à la fin....et on s'attache à lui.
Je trouve cette manière de faire un peu douteuse mais bon, ça plait au public américain...

Si on oublie d'être pragmatique et de râler sur les clichés et les incohérences, le film est plutôt réussi. Si je voulais faire dans le cliché moi aussi, je dirais que c'est typiquement le genre de film que l'on regarde en mangeant du pop corn^^

Note : **

1941



On associe souvent Spielberg à ses films les plus connus et qui ont eu le plus de succès.
On oublie vite les autres.

Hook par exemple a fait presque un flop au box office mais c'est un bon film d'aventure pour enfants avec de grands acteurs, une musique inoubliable, des décors impressionnants et un humour parodique de haut niveau.

Spielberg s'est plusieurs fois attaqué au film de guerre et chaque fois avec un style totalement différent.
Caméra à l'épaule et violence à nous faire régurgiter notre 4 heures avec le Soldat Ryan ou thriller psychologique en noir et blanc avec La liste de Shindler.
Peu de gens savent qu'il s'est aussi essayé au genre version « titillage de zygomatiques ».

1941 relate l'attaque des Japonais sur le sol américain mais la mise en scène est totalement décalée par rapport aux faits historiques, le film nous plonge dans la comédie pure.
L'absurdité de la guerre est montrée de manière complètement caricaturale.

Les Japonais comme les Américains sont de parfaits imbéciles.
Si les uns prennent une fête forraine pour Hollywood et se déguisent en sapins de Noël pour passer innaperçu, les autres passent leur temps à se battre entre eux et à tout démolir.

Le film bénéficie de la présence de nombreuses stars de l'époque : Dan Aykroyd, John Belushi, John Candy (qui étaient dans les Blues Brothers), Treat Williams (un cri dans l'océan), Nancy Allen, Christopher Lee (qui parle Allemand!) et l'acteur fétiche de Akira Kurosawa, Toshro Mifune.

A sa sortie, le film a été pris en chasse par les critiques et les puritains.
En effet certaines blagues racistes et l'utilisation du mot « Negro » a du en choquer plus d'un (même si l'on voit que Candy, le militaire raciste, s'amuse et ne se prend pas au sérieux).
Ensuite, l'inefficacité de l'armée US et sa propention à tirer sur tout ce qui bouge a du également être mal prise.

Enfin, le public lui même devait s'attendre à un film d'un autre acabit.
On ne se moque pas impunément de Pearl Harbour sans retour de flamme!

Considéré pendant longtemps pendant l'un des plus mauvais Spielberg, le film a été un échec commercial et a été oublié au fil du temps. Il est d'ailleurs quasi impossible de le trouver en dvd!

Pourtant, il mérite largement d'être vu.
Le budget conséquent du film a permis à Spielberg de mettre le paquet au niveau du spectaculaire et il ne se gène pas pour détruire les décors de manière totalement invraisemblable.

Entouré de ses collègues de longue date dont le monteur Michael Kahn et le compositeur John Williams (la musique est brillante!), il réalise un petit bijou de comédie burlesque et déjantée où gags visuels et répliques hilarantes sont légions.



Imaginez un Hot Shot réalisé par Spielberg et vous aurez une parfaite idée de ce que vaut le film...

Note : ***

Enfermés dehors



Un SDF (Albert Dupontel) trouve un uniforme de flic et le met pour manger dans les cantines de police...

Les bons films français se font de plus en plus rare, je suis d'autant plus content quand j'en vois un!

Dupontel est ami avec l'ex Monthy Python Terry Gilliam (Brazil, Las Vegas Parano). Avec lui, il partage le goût du surréalisme et du burlesque.

Tout comme dans Bernie, Dupontel nous gratifie de scènes plus barrées les unes que les autres auquelles s'ajoutent des dialogues absurdes et vraiment excellents.
Chaque ligne de dialogue est une perle en soi et honnêtement ça faisait longtemps que je m'étais pas marré autant devant un film...français!

- "Qu'est ce qu'elle fout là ta boutique de merde? Tu vois pas qu'elle gêne?"
-"Ah non mais excuse-moi vieux, je t'ai réveillé. Et bon match de foot ce soir!"
/et bam dans la tronche, les sportifs du dimanche!!

Le film est un festival de cascades délirantes. En bus, en moto, à pied sur le capot d'une voiture, suspendu à une antenne télé.. ces scènes sont aussi originales que diversifiées!
Et de séquences surréalistes (Dupontel, complètement shooté, se met à gérer la circulation des nuages et les affiches publicitaires prennent vie) mais il est aussi profondément humaniste.
Tout en peignant notre société de consommation au vitriol, Dupontel réussit une comédie cartoonesque décoiffante et hilarante où les fantômes de Chaplin et Buster Keaton rejoignent le conte de fée moderne.

Bien joué, bien filmé (la caméra devient vite aussi farfelue que les personnages qu'elle filme), doté d'une bonne bande son et d'une belle histoire d'amour (tordue et inventive), le film est une vraie réussite!
Beaucoup moins gore que Bernie mais tout aussi trash, le film perd en noirceur ce qu'il gagne en dérision (on peut rire des choses les plus désespérées).

Doux, dur, dingue" ce titre tiré d'un film de Clint Eastwood lui irait comme un gant.

Note : ***

3 enterrements



Après plusieurs mois d'abscence, je reviens pour poster mes articles de films!
* applaudissements dans le fond...

Je dois vous avertir que je regarde le plus souvent les films en VO désormais.


Dans la lignée de Clint Eastwood et Sean Penn, Tommy Lee Jones passe avec succès derrière la caméra et nous livre un grand film de genre.
Ce n'est pas peu dire qu'il nous offre certains des plus beaux plans jamais vus au cinéma.
La photographie est parfois à couper le souffle. Embellis par un filtre très lumineux, les paysages sont d'une beauté renversante.

Inspiré par Tarantino, son film ne suit pas l'ordre chronologique que l'on attend de lui et se présente explicitement sous 4 parties, chacune annoncée par un titre à l'écran.

Devant la caméra, il est grandiose. Cow boy bourru, le visage buriné par le soleil, il parle peu mais juste. Son interprétation, récompensée à Cannes, le classe parmi les plus grands.

Façe à lui, Barry Pepper (le sniper dans le Soldat Ryan) crie de douleur et crache ses tripes de façon réellement convaincante.
Impitoyable, TLJ le forcera à courir pieds nus sur un sol rocailleux, à se vautrer plusieurs fois à pleine vitesse, les mains attachées par des menottes et ira même jusqu'à l'attrapper au lasso pour le traîner derrière son cheval.

Sous ses airs de western mélancolique, le film s'avère terriblement drôle, instillant un humour très noir. Le cadavre qu'ils doivent aller enterrer est utilisé plusieurs fois de manière glauque et toujours innatendue.

Pas un plan inutile, pas un mot de trop. Le scénario, simple mais efficace, surprend souvent et jusqu'au final où l'on se rend compte que cette traversée du désert a été un voyage initiatique pour les deux personnages.

Note : ***