Dis maman, tu me racontes une histoire?
Ce qu'il y a de bien avec les contes pour enfants, c'est leur portée universelle. C'est le fait que chacun puisse se laisse guider par son imagination fertile pour visualiser et mettre en scène une histoire racontée selon son propre ressenti. Il est d'autant plus intéressant que notre perception de ces mythes et légendes de nos enfances se distord avec le temps. L'âge aidant, les contes de fées perdent peu à peu leur innocence et on se rend compte alors que le pays merveilleux de Lewis Carrol tient moins des rêves apportés par le marchand de sable que des trips au LSD, et que des auteurs tels que les Frères Grimm nous entrainent dans un univers bien plus noir et glauque que Disney le laisse entendre.
Prenez Blanche Neige par exemple. En dehors d'une jouvencelle naïve et mièvre, allergique à la pectine qui chante avec les oiseaux et d'une demi douzaine de petits barbus asexués, pour qui crever de sueur en martelant des murs avec une pioche de l'aube au coucher du soleil est aussi plaisant que d'aller à la pêche, on y parle quand même d'une vieille mégère suffisamment jalouse pour demander qu'on lui rapporte le cœur de sa rivale tout chaud sur un plateau. Aujourd'hui, on la mettrait dans la cellule voisine d'un type qui déguste le foie de ses congénères avec un excellent chianti.
En d'autres termes, si l'on occulte la version dessin animé de notre enfance, le potentiel horrifique du conte de Blanche Neige nous saute tout de suite au visage. Et les cinéastes n'ont pas attendu la mode actuelle des héros « dark » et gothiques pour s'approprier l'histoire de la pauvre cruche et de la pomme empoisonnée et en tirer une version plus adulte. Certains se souviendront peut-être du film «Snow White, a tale of terror » avec une Sigourney Weaver machiavélique dans le rôle de la reine cannibale. Si le film reste décevant à bien des égards, il offrait une atmosphère sordide et poisseuse qui contrastait assurément avec la version commerciale que tout le monde connait. On pourrait également citer une autre version pour adultes, mais passons...
Côté Hollywood, on assiste actuellement à un manque flagrant de nouveauté au niveau des sorties. Plutôt que de risquer quelques billets verts dans des histoires inédites, les gros producteurs se jettent sur toutes les adaptations possibles pour les porter sur grand écran avant leurs concurrents. Comic books, séries de romans à succès, jeux vidéo, remakes et suites interminables s'enchainent sans répit depuis déjà quelques années car il est toujours plus aisé d'attirer un grand public qui baigne déjà dans un récit qu'il connait que de lui demander de sauter le pas vers l'inconnu.
Après le carton au box office de la version d'« Alice au pays des Merveilles » de Tim Burton, apprêtez vous donc à voir débarquer des contes de fée next gen comme s'il en pleuvait. Comble du ridicule, ce n'est pas une mais deux adaptations de Blanche Neige qui prennent d'assaut les écrans, et ce le même mois. Ce qui montre bien à quel point le 7ème art commence vraiment à tourner en rond. Cependant, si les deux films mettent bien en scène les mêmes personnages, leur réalisateur respectif démontre une approche qui leur est propre et qui ne saurait être plus opposée.
Quand le « Mirror, Mirror » de Tarsem s'englue dans l'humour bon enfant et les couleurs pastels et se destine à un public enfantin, « Snow white and the Huntsman » propose une relecture du conte bien plus violente et ancrée dans une ambiance d'héroic fantasy à la Seigneur des Anneaux.
Avec son parti pris plus réaliste, « Snow white and the Huntsman » aurait pu donner naissance à une œuvre tragique et sanglante à la maturité assumée. Mais le film étant avant tout un produit de consommation calibré pour adolescents (qui se rueront en masse pour voir la nouvelle aventure de l'héroine de Twilight), les dialogues sont loin de briller par leur intérêt. Cependant, on pourra noter une absence d'humour assez inhabituelle pour le genre. Si le film se force parfois à nous faire esquisser un sourire, il demeure empreint d'une tension et d'un sérieux assez rafraichissants.
Mais malgré tout l'histoire elle même demeure au final assez conventionnelle. Les grandes lignes sont respectées et laissent peu de place à la surprise : fuite de Blanche Neige dans la foret, découverte des nains, pomme, baiser mortuaire (bande de nécrophiles!) et restauration de la paix dans le royaume. Tout comme la pomme, rien de bien nouveau donc à se mettre sous la dent. C'est d'ailleurs là le point faible du film. A connaître la fin de l'histoire avant même que le film ne démarre, on n'accorde que peu d'attention aux menaces potentielles qu'affronte l'héroïne car on la sait sans danger. Et à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. D'autant que si les personnages sont nombreux, leur développement personnel laisse parfois à désirer. Si la reine à droit à un flash back touchant dévoilant l'origine tragique de ses pouvoirs maléfiques, les nains auraient sans doute mérité plus que quelques gros plans et une poignée de lignes de dialogues chacun pour permettre de mieux les différencier.
Néanmoins, en dehors de certains passages poussifs, la narration se déroule sans à coup et l'on se prend rapidement à suivre les péripéties de nos héros. Surtout que le casting, lui, est de qualité. Si Kristen Stewart peine à nous faire ressentir ses émotions, elle démontre une certaine assurance qui lui donne du charme. Chris Hemsworth, bourru mais charismatique, confirme tout le bien que l'on pense de lui depuis « Thor » et ne se contente pas de simplement troquer son marteau contre une hache. Si l'on ressent fortement le manque de présence des nains, c'est qu'ils sont tous joués par des acteurs de renom (Bob Hoskins, Ray Winstone, Toby Jones, Nick Frost...) et on apprécie vraiment leur compagnie. Mais on retiendra surtout la performance à la fois sauvage et glaciale de Charlize Théron. Sa reine démoniaque et sadique, obsédée par son désir de beauté éternelle tient autant de la belle mère impérieuse de Disney que de la comptesse Bathory. Une vraie sorcière de cauchemar. Pourtant l'actrice réussit à saisir parfaitement les nuances du personnage et parvient même à nous faire éprouver de l'empathie pour cette femme rendue folle (le fameux miroir au mur n'est qu'un fragment de son esprit dérangé) par sa poursuite éperdue vers une jeunesse qui ne cesse de l'abandonner.
Mais plus que pour l'histoire elle même, c'est par son aspect purement visuel que le film impressionne réellement. On pourrait reprocher au réalisateur d'accumuler des références évidentes aux plus grands titres de la Fantasy moderne. C'est bien simple on commence avec une charge héroïque dans le brouillard (« Gladiator »), on continue avec une poursuite en foret entre Blanche Neige sur son cheval blanc et des cavaliers noirs (« La Communauté de l'Anneau ») qui se termine quand le cheval s'enfonce dans les marécages (« L'histoire sans Fin »), on découvre ensuite le monde caché des êtres de la foret - dont un cerf majestueux (« Princesse Mononoké ») et on finit en chevauchant à bride abattue sur la plage sous les volées de flèches et d'artillerie lourde (« Robin Hood »). Sans oublier des armures étincelantes pour les héros empruntées à « Excalibur » et les costumes d'ébène de l'armée de la reine sortis tout droit de « Willow ».
Mais si « Snow white and the Huntsman » ne ressemble pas à un patchwork sans âme qui se contente de compiler les meilleurs moments d'autres films, c'est parce que le cinéaste s'est entouré d'une équipe artistique remarquable qui gratifie le film d'un design exceptionnel. Le réalisateur parvient à créer un monde à la fois lumineux et empli de ténèbres, réaliste et féérique où l'on y croise les créatures les plus enchanteresses et les plus terrifiantes. Sans oublier de nous plonger au coeur de batailles saisissantes. En effet, le mot action n'est généralement pas le mot qui nous vient à l'esprit lorsque l'on pense à l'histoire de Blanche Neige, mais ici elle est partie intégrante du scénario. Les affrontements subissent malheureusement le phénomène de la caméra parkinsonienne, mais le film offre de sacrés moments de bravoure. Et si le sang coule peu (jeune public oblige), les combats n'en restent pas moins brutaux et spectaculaires. Quant à la musique, à défaut de bénéficier d'une approche artistique aussi originale que le travail visuel, elle accompagne efficacement l'action et les moments les plus intimistes.
« Snow white and the Huntsman » est une agréable surprise. Porté par un casting de haute volée et une approche plus dramatique que d'accoutumée, le film brille surtout par une direction artistique inquiétante et envoutante. En dépit de quelques défauts flagrants, il possède un souffle épique indéniable et, pour une relecture modernisée du genre, pourrait bien s'avérer comme la plus fascinante adaptation du célèbre conte des Frères Grimm. Et surtout, personne ne chante.
Note : ***
lundi 4 juin 2012
Snow White and the Huntsman
Dis maman, tu me racontes une histoire?
Ce qu'il y a de bien avec les contes pour enfants, c'est leur portée universelle. C'est le fait que chacun puisse se laisse guider par son imagination fertile pour visualiser et mettre en scène une histoire racontée selon son propre ressenti. Il est d'autant plus intéressant que notre perception de ces mythes et légendes de nos enfances se distord avec le temps. L'âge aidant, les contes de fées perdent peu à peu leur innocence et on se rend compte alors que le pays merveilleux de Lewis Carrol tient moins des rêves apportés par le marchand de sable que des trips au LSD, et que des auteurs tels que les Frères Grimm nous entrainent dans un univers bien plus noir et glauque que Disney le laisse entendre.
Prenez Blanche Neige par exemple. En dehors d'une jouvencelle naïve et mièvre, allergique à la pectine qui chante avec les oiseaux et d'une demi douzaine de petits barbus asexués, pour qui crever de sueur en martelant des murs avec une pioche de l'aube au coucher du soleil est aussi plaisant que d'aller à la pêche, on y parle quand même d'une vieille mégère suffisamment jalouse pour demander qu'on lui rapporte le cœur de sa rivale tout chaud sur un plateau. Aujourd'hui, on la mettrait dans la cellule voisine d'un type qui déguste le foie de ses congénères avec un excellent chianti.
En d'autres termes, si l'on occulte la version dessin animé de notre enfance, le potentiel horrifique du conte de Blanche Neige nous saute tout de suite au visage. Et les cinéastes n'ont pas attendu la mode actuelle des héros « dark » et gothiques pour s'approprier l'histoire de la pauvre cruche et de la pomme empoisonnée et en tirer une version plus adulte. Certains se souviendront peut-être du film «Snow White, a tale of terror » avec une Sigourney Weaver machiavélique dans le rôle de la reine cannibale. Si le film reste décevant à bien des égards, il offrait une atmosphère sordide et poisseuse qui contrastait assurément avec la version commerciale que tout le monde connait. On pourrait également citer une autre version pour adultes, mais passons...
Côté Hollywood, on assiste actuellement à un manque flagrant de nouveauté au niveau des sorties. Plutôt que de risquer quelques billets verts dans des histoires inédites, les gros producteurs se jettent sur toutes les adaptations possibles pour les porter sur grand écran avant leurs concurrents. Comic books, séries de romans à succès, jeux vidéo, remakes et suites interminables s'enchainent sans répit depuis déjà quelques années car il est toujours plus aisé d'attirer un grand public qui baigne déjà dans un récit qu'il connait que de lui demander de sauter le pas vers l'inconnu.
Après le carton au box office de la version d'« Alice au pays des Merveilles » de Tim Burton, apprêtez vous donc à voir débarquer des contes de fée next gen comme s'il en pleuvait. Comble du ridicule, ce n'est pas une mais deux adaptations de Blanche Neige qui prennent d'assaut les écrans, et ce le même mois. Ce qui montre bien à quel point le 7ème art commence vraiment à tourner en rond. Cependant, si les deux films mettent bien en scène les mêmes personnages, leur réalisateur respectif démontre une approche qui leur est propre et qui ne saurait être plus opposée.
Quand le « Mirror, Mirror » de Tarsem s'englue dans l'humour bon enfant et les couleurs pastels et se destine à un public enfantin, « Snow white and the Huntsman » propose une relecture du conte bien plus violente et ancrée dans une ambiance d'héroic fantasy à la Seigneur des Anneaux.
Avec son parti pris plus réaliste, « Snow white and the Huntsman » aurait pu donner naissance à une œuvre tragique et sanglante à la maturité assumée. Mais le film étant avant tout un produit de consommation calibré pour adolescents (qui se rueront en masse pour voir la nouvelle aventure de l'héroine de Twilight), les dialogues sont loin de briller par leur intérêt. Cependant, on pourra noter une absence d'humour assez inhabituelle pour le genre. Si le film se force parfois à nous faire esquisser un sourire, il demeure empreint d'une tension et d'un sérieux assez rafraichissants.
Mais malgré tout l'histoire elle même demeure au final assez conventionnelle. Les grandes lignes sont respectées et laissent peu de place à la surprise : fuite de Blanche Neige dans la foret, découverte des nains, pomme, baiser mortuaire (bande de nécrophiles!) et restauration de la paix dans le royaume. Tout comme la pomme, rien de bien nouveau donc à se mettre sous la dent. C'est d'ailleurs là le point faible du film. A connaître la fin de l'histoire avant même que le film ne démarre, on n'accorde que peu d'attention aux menaces potentielles qu'affronte l'héroïne car on la sait sans danger. Et à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. D'autant que si les personnages sont nombreux, leur développement personnel laisse parfois à désirer. Si la reine à droit à un flash back touchant dévoilant l'origine tragique de ses pouvoirs maléfiques, les nains auraient sans doute mérité plus que quelques gros plans et une poignée de lignes de dialogues chacun pour permettre de mieux les différencier.
Néanmoins, en dehors de certains passages poussifs, la narration se déroule sans à coup et l'on se prend rapidement à suivre les péripéties de nos héros. Surtout que le casting, lui, est de qualité. Si Kristen Stewart peine à nous faire ressentir ses émotions, elle démontre une certaine assurance qui lui donne du charme. Chris Hemsworth, bourru mais charismatique, confirme tout le bien que l'on pense de lui depuis « Thor » et ne se contente pas de simplement troquer son marteau contre une hache. Si l'on ressent fortement le manque de présence des nains, c'est qu'ils sont tous joués par des acteurs de renom (Bob Hoskins, Ray Winstone, Toby Jones, Nick Frost...) et on apprécie vraiment leur compagnie. Mais on retiendra surtout la performance à la fois sauvage et glaciale de Charlize Théron. Sa reine démoniaque et sadique, obsédée par son désir de beauté éternelle tient autant de la belle mère impérieuse de Disney que de la comptesse Bathory. Une vraie sorcière de cauchemar. Pourtant l'actrice réussit à saisir parfaitement les nuances du personnage et parvient même à nous faire éprouver de l'empathie pour cette femme rendue folle (le fameux miroir au mur n'est qu'un fragment de son esprit dérangé) par sa poursuite éperdue vers une jeunesse qui ne cesse de l'abandonner.
Mais plus que pour l'histoire elle même, c'est par son aspect purement visuel que le film impressionne réellement. On pourrait reprocher au réalisateur d'accumuler des références évidentes aux plus grands titres de la Fantasy moderne. C'est bien simple on commence avec une charge héroïque dans le brouillard (« Gladiator »), on continue avec une poursuite en foret entre Blanche Neige sur son cheval blanc et des cavaliers noirs (« La Communauté de l'Anneau ») qui se termine quand le cheval s'enfonce dans les marécages (« L'histoire sans Fin »), on découvre ensuite le monde caché des êtres de la foret - dont un cerf majestueux (« Princesse Mononoké ») et on finit en chevauchant à bride abattue sur la plage sous les volées de flèches et d'artillerie lourde (« Robin Hood »). Sans oublier des armures étincelantes pour les héros empruntées à « Excalibur » et les costumes d'ébène de l'armée de la reine sortis tout droit de « Willow ».
Mais si « Snow white and the Huntsman » ne ressemble pas à un patchwork sans âme qui se contente de compiler les meilleurs moments d'autres films, c'est parce que le cinéaste s'est entouré d'une équipe artistique remarquable qui gratifie le film d'un design exceptionnel. Le réalisateur parvient à créer un monde à la fois lumineux et empli de ténèbres, réaliste et féérique où l'on y croise les créatures les plus enchanteresses et les plus terrifiantes. Sans oublier de nous plonger au coeur de batailles saisissantes. En effet, le mot action n'est généralement pas le mot qui nous vient à l'esprit lorsque l'on pense à l'histoire de Blanche Neige, mais ici elle est partie intégrante du scénario. Les affrontements subissent malheureusement le phénomène de la caméra parkinsonienne, mais le film offre de sacrés moments de bravoure. Et si le sang coule peu (jeune public oblige), les combats n'en restent pas moins brutaux et spectaculaires. Quant à la musique, à défaut de bénéficier d'une approche artistique aussi originale que le travail visuel, elle accompagne efficacement l'action et les moments les plus intimistes.
« Snow white and the Huntsman » est une agréable surprise. Porté par un casting de haute volée et une approche plus dramatique que d'accoutumée, le film brille surtout par une direction artistique inquiétante et envoutante. En dépit de quelques défauts flagrants, il possède un souffle épique indéniable et, pour une relecture modernisée du genre, pourrait bien s'avérer comme la plus fascinante adaptation du célèbre conte des Frères Grimm. Et surtout, personne ne chante.
Note : ***
vendredi 18 mai 2012
The Raid
The Raid
Membre d'une unité de policiers d'élite, Rama débarque au pied d'un immeuble délabré. Sa mission : capturer le baron de la drogue dans son QG.
« Aargh! », « Ough! », « Ow!», « Gnnn! » ; ambiance sonore classique d'un film d'action. Fait étrange, cette fois ce ne sont pas les acteurs du films qui poussent des grognements de douleur, mais les spectateurs de la salle de cinéma. C'est que dans le film les combats font mal. Très mal. Assez mal pour que, assis confortablement dans les fauteuils de la salle obscure, on puisse ressentir la douleur des comédiens à travers nos propres muscles et os. « The Raid », le film qui vous apprend l'empathie.
Vers le début du nouveau millénaire, et après le succès colossal de Matrix et de ses chorégraphies câblées d'inspiration clairement liée au cinéma asiatique, les artistes de l'Orient, bercés dans les arts martiaux depuis leur naissance, ont alors connu un essor et une renommée qui étaient alors réservés à une élite américaine. Jackie Chan et Jet Li, associant avec une maitrise rare leurs connaissances martiales et des acrobaties rendues possibles par la technique moderne, ont alors déboulé sur le marché occidental. Mais sans mettre en faute leurs talents respectifs, les deux stars n'ont que rarement su offrir des films d'action digne de leur valeur. Et si Jet Li est passé maitre dans les affrontements en saut à l'élastique sur fond d'écran vert, Jackie Chan s'est singularisé dans la comédie burlesque où les coups portés relèvent plus du film muet à la Charlie Chaplin que du combat de rue à la Bruce Lee. Difficile donc de s'identifier à de telles personnes, qui évoluent dans un univers qui leur est propre et bien loin de notre quotidien.
En 2003, le monde du film d'action se tourne brusquement vers la Thaïlande et « Ong Bak », qui font de Tony Jaa la nouvelle star incontestée de la castagne sur grand écran. Cette fois fini les câbles, les grosses explosions en images de synthèse et les écrans verts. En mettant en valeur de manière spectaculaire un art martial traditionnel local et en n'utilisant jamais de doublure, Tony Jaa nous offre des affrontements fracassants et brutaux où les os craquent et les muscles se déchirent pour de vrai (le générique final dénombre plus de cascadeurs que d'acteurs). Un ultra-réalisme saisissant qui met un grand coup de pied retourné dans la fourmilière.
Cependant en raison de son anglais limité, Tony Jaa ne fait pas carrière aux USA comme ses prédécesseurs. Et son succès s'arrête là. Mais l'idée est lancée : le salut viendra de l'Est. C'est ce qu'a du se dire le réalisateur britannique Gareth Evans quand il a rencontré Iko Uwais en Indonésie. Et après « The Raid » nul doute que l'acteur va faire parler de lui. Presque 10 ans après Tony Jaa, Evans a finalement trouvé la relève.
Non content de faire preuve d'une panoplie d'attaques à faire pâlir un personnage de jeu vidéo, Uwais s'avère aussi à l'aise que pour le combat à mains nues, à l'arme blanche ou à feu. Et surtout il déploie une ingéniosité surprenante quand, entouré d'adversaires, il n'hésite pas à utiliser mobilier et accessoires divers pour se débarrasser de ses agresseurs. Il transforme rapidement chaque pièce de l'immeuble en véritable arène de combat, où non seulement tous les coups sont permis mais sont encouragés. Bien loin de la vulgaire chair à canon anonyme qui ne fait généralement que ralentir la progression du héros avant le bad guy final, chaque ennemi est une menace sans appel qu'il faut éradiquer sans perdre un instant. Les combats sont donc expéditifs sans pour autant être brefs. Non seulement les combattants démontrent une férocité fulgurante, mais les coups portés sont d'un réalisme choquant à vous faire déchirer les accoudoirs en serrant les poings. Mais c'est l'effet de surprise qui l'emporte et réjouit le plus. Du coup, décrire les combats du film reviendrait à en gâcher la valeur.
La baston est donc le gros point fort du film. Mais l'esthétique n'est pas en reste. Alors que la plupart des sorties récentes se ressemblent et se rassemblent, privilégiant des combats filmés avec une caméra parkinsonienne et un montage frénétique sans âme, on appréciera d'autant plus le choix du réalisateur de sublimer l'action par des plans séquence de qualité et une bande son au synthe
rythmée et imposante. Il ne laisse ainsi échapper aucun détail, aussi sadique et douloureux soit-il, et les affrontements dévoilent une énergie communicatrice qui vous tient aux tripes jusqu'à la fin du générique. Une pure injection d'adrénaline.
Toujours en matière d'esthétique, on saluera également les influences du réalisateur. Couleurs blafardes ou glacées, environnements restreints et exigus, contre plongées anguleuses, ombres inquiétantes et ambiance sonore étouffante, Evans renoue avec élégance avec le cinéma de John Carpenter, figure phare du cinéma fantastique des années 70, avec un plaisir non dissimulé. A plusieurs reprises, le film dénote d'ailleurs de fortes ressemblances avec l'univers visuel de « Nid de Guêpes » du français Florent Emilio Siri, remake avoué de « Assaut » de ledit Carpenter.
C'est justement ce qui frappe le plus dans le film. A des années lumières du cinéma d'action factice Hollywoodien moderne et de l'exubérance graphique des productions asiatiques, le film se déroule dans une atmosphère à la fois froide et sobre, qui tient davantage d'une esthétique européenne (Evans est Gallois), dont Carpenter - bien qu'Américain - se revendiquait d'utiliser. Et lorsque l'action survient, l'impact en est d'autant plus redoutable que les scènes se déroulent dans un environnement crédible et palpable.
Nombreux et variés, les combats ont néanmoins la bonne idée de ne pas s'éterniser – à une exception près. Et lors des moments plus calmes, on profite alors d'un jeu d'acteur plus que crédible pour le genre. Et si les dialogues surprennent moins que l'action, ils ont le mérite de faire avancer une intrigue assez riche en rebondissement et de développer les personnages, bien moins stéréotypés que ce genre de production offre généralement.
Si vous êtes lassés des films d'action Hollywoodiens sans saveur et des combats câblés matrixiens, ne passez surtout pas à coté de ce pur concentré de violence à la fois réaliste et décomplexée. En offrant des sensations et des sueurs froides à vous faire remonter votre déjeuner, « The Raid » entre directement au panthéon des plus grands films d'action, tous continents confondus.
Note : ****
vendredi 25 mars 2011
Paul

Depuis 60 ans, Paul, un extraterrestre, vit sur terre et collabore avec le gouvernement américain. Il se cache à l'abri des regards dans une base militaire ultra secrète... Hélas pour lui, maintenant que le gouvernement américain lui a soutiré toutes les informations intéressantes sur la vie extraterrestre, il décide de se débarrasser de lui. Paul réussit alors à s'échapper et tombe nez à nez avec deux adolescents attardés fans de science-fiction qui sillonnent les États-Unis en camping car. Paul les convainc de l'emmener avec eux et de l'aider à quitter la terre.
Après une astucieuse relecture des films de zombies (« Shaun of the Dead ») et un film d'action invraisemblable - mais vrai - (« Hot Fuzz »), les joyeux drilles du cinéma geek Simon Pegg et Nick Frost reviennent chambouler vos zygomatiques, en s'attaquant cette fois à la science fiction avec « Paul ». Si certains peinent encore à croire à l'existence de la vie sur une autre planète, on peut affirmer que les extraterrestres ont déjà colonisé le cinéma, sous des formes diverses et variées, depuis bien des lustres. Les poilus, les baveux, les grands, les petits, tout, tout, tout vous saurez tout sur les E.T. Depuis le temps qu'ils se ramènent sur nos écrans, on pourrait croire que le genre peine à se renouveler et que le public ait fini par se lasser mais avec la véritable invasion qui nous attend cette année (« Battle Los Angeles », « I am number 4 », pour ne citer qu'eux), il semblerait que la (sou)coupe soit loin d'être pleine.
Si la plupart du temps, les films présentent des aliens belliqueux, prétexte à des scènes de destruction à grand spectacle, il arrive parfois que ces derniers fassent moins de dégâts et soient plus affables et drôles, comme le mythique E.T du film éponyme. De même, avec « Paul », Pegg et Frost s'aventurent moins dans le registre du film catastrophe que dans la comédie bon enfant. Quand on est de grands enfants. Car si « E.T » est un adorable compagnon de jeux pour nos chers bambins, Paul serait plus proche du coloc qui passe son temps à roupiller sur le canapé en se grattant le derrière, et à fumer un joint au réveil. Autant dire que le film s'adresse à un tout autre public que celui de Spielberg.
En effet malgré une apparence classique (petit, gris, grand yeux), Paul n'a rien d'un alien conventionnel. Il s'est d'ailleurs particulièrement bien intégré à la société moderne et ne refuse jamais une cigarette ou un beignet. C'est bien simple, on jurerait Seth Rogen dans « Pineapple Express » et « En cloque mode d'emploi ». Rien d'étonnant puisque c'est justement l'acteur qui lui prête sa voix, reconnaissable entre mille. Le comportement du personnage est d'ailleurs tellement proche de celui de Rogen qu'en écoutant Paul parler on a parfois l'impression de voir l'acteur à l'écran. L'un à la voix, l'autre le physique, ensemble ils forment un personnage charismatique et attachant qui risque bien de devenir un incontournable de la SF aux côtés de E.T. Pour des raisons différentes, bien entendu.
Mais Paul n'est pas la seule star du film. Les inséparables geeks Pegg et Nick forment un couple... d'inséparables geeks. On sent qu'ils sont totalement à l'aise dans leur univers et qu'ils s'amusent comme des petits fous. Un plaisir communicatif. Mais la vraie surprise du film vient des rôles secondaires. Entre un vieux fanatique qui ne cesse de citer la Bible, sa fille qui s'initie à un langage moins... châtié, des agents du gouvernement complètement timbrés, des rednecks homophobes ou encore une vieille femme retirée à la campagne qui cultive son « herbe » , le film rassemble une vraie bande de gais lurons farfelus mais attachants avant de les lancer à la poursuite des uns des autres dans une ambiance délirante de road movie à l'ancienne.
Assez surprenant pour ce genre de film, la qualité de l'écriture surprend constamment. Les dialogues sont hilarants et les bonnes répliques fusent. Hormis les -rares- moments dramatiques, l'humour est toujours au rendez vous et promet de franches tranches de rigolade. Entre Paul au comportement très (trop?) humain et Clive et Gramme qui ont l'impression de s'être perdus sur une autre planète, la définition d'"alien" prend un tout autre sens. Et malgré le nombre impressionnant de protagonistes impliqués dans l'affaire et une volonté farouche de constamment placer des références aux grands titres du cinéma de SF, le film ne semble jamais s'égarer en chemin et reste concentré sur le script. En ce qui concerne les références elles mêmes, le danger aurait été d'en faire l'intérêt majeur du film et de construire l'intrigue autour, à la matière d'un « Scary Movie ». Ici, elles sont généralement subtiles (ce qui est encore plus valorisant quand on les reconnaît) et parfaitement intégrées à un scénario qui se déroule sans temps mort. Les clins d'oeil intelligents abondent et on appréciera surtout les caméos de deux légendes du cinéma de SF qui prennent un malin plaisir à démolir leur propre image...
Pour leur troisième film en commun, les deux compères Pegg et Frost n'ont rien perdu de verve jubilatoire. Joussif de bout en bout, « Paul » est à la fois un superbe hommage à la culture geek, une belle et touchante histoire d'amitié, et un road movie frappadingue. Seth Rogen excelle dans la composition vocale de Paul et une floppée de seconds rôles bien gratinés assurent de passer un très bon moment. Pour peu que vous soyez réceptif à ce genre d'humour. Un film de geeks, fait par des geeks, avec des geeks, pour des geeks. Mais pas que.
Note : ***
jeudi 10 février 2011
The Fighter

Micky Ward est un jeune boxeur dont la carrière stagne. Il va rencontrer Charlene, une femme au caractère bien trempé, qui va l'aider à s'affranchir de l'influence négative de sa mère, qui gère maladroitement sa carrière, et de ses sœurs.
C'est moi ou les films sur la boxe sont de véritables appâts à Oscars? Que ce soit les grands classiques comme « Rocky » ou « Raging Bull », le plus récent « Million Dollar Baby » ou encore le méconnu « De l'ombre à la lumière », tous ces films ont, au moins, été nominés pour une flopée de récompenses. Et avec une impressionnante collection de nominations aux Oscars à la clé (7!), c'est exactement le même parcours qu'attend « The Fighter ».
Mais pourquoi ce noble sport qu'est la boxe attire autant l'attention du public et de la critique au détriment des autres sports? En effet Michael Jordan n'a jamais rien obtenu pour sa prestation dans « Space Jam ». Mauvais exemple, admettons. Mais la question reste ouverte. C'est peut être que sur le ring comme dans la rue, la vie d'un boxeur est un combat de tous les instants, ce qui rend les personnages si complexes et leur histoire si passionnante. Sans oublier que la plupart viennent d'un milieu difficile et que c'est à la sueur des poings et la forcr de leur front (ou l'inverse) qu'ils doivent se battre pour gravir les échelons. L'histoire intemporelle du pauvre gars défavorisé qui réussit grâce à son seul talent et à sa détermination. Le rêve américain en somme. « From rags to riches » comme on dit là bas.
« The Fighter » ne faillit pas à la règle d'or et présente donc le personnage principal, le jeune Micky Ward (Mark Wahlberg), durant les différentes étapes de son ascension. Pour le rôle, Wahlberg s'est forgé un vrai physique de combattant d'arène et arbore une musculature de statue grecque. En revanche, grand habitué du film d'action sans prétention (« The Shooter », « Max Payne », « Braquage à l'Italienne »), il a rarement fait parler de lui pour son jeu de comédien. On le voyait donc mal donner de la profondeur à son personnage. Mais c'est oublier que Walhberg a également brillé dans « Boogie Nights » et qu'il a été nominé aux Oscars pour sa prestation de flic sarcastique et dur à cuire dans « The Departed », damant au passage le pion à des comédiens de renom tels que Jack Nicholson et Martin Sheen... Tout ça pour dire que Wahlberg est loin d'être un simple acteur de série B et il le prouve avec élégance et retenue dans « The Fighter ». Malgré sa carrure de dieu vivant (qui l'impose d'emblée sur le ring) c'est en effet son jeu lui même qui retient l'attention. Loin de jouer les gros bras (si j'ose dire), Wahlberg apporte une douceur et un calme inattendu pour ce genre de rôle, faisant de Micky Ward un personnage touchant plus proche du Rocky de Stallone que de De Niro dans « Raging Bull ». Certainement l'un des meilleurs rôles de sa carrière.
Mais comme ses prédécesseurs, « The Fighter » ne démontre pas le talent d'un seul acteur mais bien de tout un pan de casting. Et le succès du film doit énormément à une palette de rôles secondaires, étoffés et convaincants. Plus que l'histoire d'un seul homme, « The Fighter » dépeint, avec justesse et force de sentiment, une famille entière, en conflit et réconciliation permanents. En effet, ce qui caractérise le film c'est la relation qu'entretient Micky avec son frère aîné, ancien boxeur un peu simplet et shooté au crack, incarné à l'écran par Christian Bale. De même que pour Wahlberg, Bale était un choix de casting aussi risqué qu'audacieux car l'acteur est surtout mondialement connu pour son interprétation monolithique du justicier masqué de Gotham, ce qui ne sied guère au rôle qui lui est attitré ici. Mais comme Wahlberg, Bale possède deux facettes bien distinctes. Quand il ne joue pas les soldats inexpressifs (« Terminator : Renaissance », « Equilibrium »), Bale sait surtout se glisser dans la peau de personnages bizarres, aussi illuminés que charismatiques (« American Psycho », « Rescue Dawn »). Dans « The Fighter », il se cache derrière son personnage d'huluberlu avec aisance, perdant plus de 20 kilos pour le rôle et arborant un sourire niais et des yeux hagards tout au long du film.
Faire l'idiot au cinéma, tout le monde peut le faire. Mais jouer les idiots demande en réalité une grande intelligence de la part du comédien pour éviter de sombrer dans la caricature et le grotesque. Il faut parvenir à faire rire de soi sans pour autant se ridiculiser ce qui n'est pas le plus évident. La preuve en est que les plus grands idiots du 7ème art, Jim Carrey (« Ace Ventura »), Jeff Bridges « The Big Lebowski », ou encore Jacques Villeret (« Le dîner de cons ») pour rester dans nos contrées francophones, sont tous de grands comédiens maintes fois récompensés pour leur talent. Christian Bale est désormais à compter parmi eux. Malgré l'exubérance de son personnage, l'acteur parvient à conserver toute son humanité et sa crédibilité. Mieux encore, il reéussit à rendre attachant un junkie qui ne se rend pas compte qu'en plus de détruire sa vie, il entraîne toute sa famille avec lui. Une performance surprenante qui lui a déjà valu le Golden Globe du meilleur second rôle.
Aux côtés de ces deux superbes prestations masculines s'ajoutent celles de deux actrices, toutes deux dignes d'une nomination pour la statuette. En mère acariâtre et blasée autoproclamée entraineuse de boxe, Melissa Leo impressionne à la fois par l'amour pour ses enfants qui l'anime et la rage intérieure qui la consume. De par sa force de caractère, elle n'a aucun mal à nous convaincre qu'elle a élevé une dizaine d'enfants à elle seule. Dans un registre totalement différent, Amy Adams campe la petite amie de Micky, bien moins niaise et stupide que les bimbos habituelles dans ce genre de rôle. Le genre de fille qui sait gérer sa vie sans l'aide de personne et à qui on la raconte pas. Autant dire que quand les deux femmes se rencontrent, les étincelles fusent et les hommes entament un repli stratégique bien senti...
Les louanges des acteurs mis à part, le film en lui même reste remarquable en tout point. La réalisation de David O. Russel est précise et efficace. L'histoire se déroule sans temps mort ni scène d'exposition inutile. Au lieu de présenter longuement chaque personnages, Russel préfère les laisser évoluer librement pour mieux appuyer leurs qualités et leurs défauts. Car dans ce monde de lutte incessante, personne n'est parfait. Et dans ce portrait de famille dysfonctionnelle, on retrouve presque la patte de Sam Mendes (« American Beauty ») en ce sens où le réalisateur se contente de mettre en scène ses personnages sans porter de jugement sur leur façon d'agir. Le film évite ainsi toute moralisation malvenue.
En ce qui concerne la narration elle même, la mise en scène de Russel lorgne plus du côté de Paul Thomas Anderson (« Boogie Nights », « There Will be Blood »). Non seulement pour ses transitions abruptes et sa chronologie aléatoire mais aussi pour le soin apporté à la musique. Sans oublier une capacité indécente à toujours rester sur le fil du rasoir entre drame et comédie. Enfin en ce qui concerne les matchs de boxe, des effets sonores percutants et un montage acéré (nominé aux Oscars) nous plongent au cœur du ring et nous laissent sur le carreau comme après un coup à l'estomac. Du grand art.
Plus qu'un excellent film de boxe, la réalisation sans faille et un casting de haut niveau font de « The Fighter » un excellent film tout court. Christian Bale a rarement été meilleur. De nombreux critiques considèrent « The Fighter » comme le « Rocky de la nouvelle génération ». Néanmoins, contrairement à son modèle et en dépit de nombreux moments forts, le film de David O. Russel ne possède aucune scène d'anthologie, ce qui l'empêche de prétendre à la ceinture de champion. Il n'en reste pas moins un sacré poids lourd dans sa catégorie.
Note : ****
mardi 8 février 2011
Black Swan

Rivalités dans la troupe du New York City Ballet. Nina est prête à tout pour obtenir le rôle principal du Lac des cygnes que dirige l’ambigu Thomas. Mais elle se trouve bientôt confrontée à la belle et sensuelle nouvelle recrue, Lily...
Si je vous dis de penser au Lac des cygnes, il est très vraisemblable que vous aller voir défiler devant vos yeux des jeunes filles en fleur à la légèreté peu commune, des tutus affriolés difficile à porter dans la rue et des soupirants bondissants aux costumes un peu trop étriqués au niveau de la ceinture. En revanche, peu d’entre vous songeraient à associer de classique de la danse qui ne l’est pas moins à des thèmes moins recommandables tels que la schizophrénie, la bisexualité, l’abandon de soi à travers la consommation de drogues, ou encore l’onanisme féminin. Tout le contraire du réalisateur Darren Aronofski qui s’en donne à cœur joie en abordant sans retenue les sujets précédemment cités…
Méconnu du grand public, Aronofski n’en reste pas moins une figure de proue du cinéma indépendant. Difficile en effet d’oublier le cultissime « Requiem for a Dream », ses personnages pris dans une spirale infernale et sa musique obsédante. Après un passage à vide de quelques années suite à l’échec commercial de « The Fountain », le cinéaste est revenu sur le devant de la scène avec l’émouvant « The Wrestler » prouvant à ses détracteurs qu’il en avait encore dans le ventre.
Et dans « Black Swan » en avoir dans le ventre, c'est que l'on demande au spectateur pour supporter ce qu'il voit à l'écran. Car si l’univers du ballet et du catch n’ont à priori rien en commun, le film partage de nombreuses similitudes avec son prédécesseur, et spécialement dans la démonstration des capacités physiques intenses des comédiens. En s’approchant au plus près des danseuses, Aronofski nous dévoile la dure réalité des répétitions. Ici les côtes fêlées et les os broyés des lutteurs sont simplement remplacés au pied levé (c’est le cas de le dire) par les tendons étirés à l’extrême, les ongles écrasés et autres déchirures musculaires assez désagréables et peu ragoûtantes. Cette plongée dans les coulisses de la danse nous dévoile un univers finalement peu connu où la vie n'est certainement pas aussi rose que sur les planches. Les danseuses doivent s'entrainer sans relâche, souvent au détriment (voire au mépris) de leur propre corps, pour à la fin atteindre la perfection dans leurs gestes les plus infimes.
Et c'est bien à cette perfection que tend Nina, jeune danseuse mal dans sa peau et psychologiquement instable, interprétée – à la perfection pour sûr – par Natalie Portman. Révélée à 11 ans (!) aux côtés de Jean Reno dans « Léon », l'actrice n'a depuis cessé de prouver son talent, jonglant sans peine entre blockbusters commerciaux (la nouvelle trilogie Star Wars) et films au budget plus intimistes, entre drame (« Brothers ») et comédie (« Garden State »).
Sa carrière, courte mais prolifique, lui vaut l'admiration des critiques comme du grand public et l'affirme comme l'une des comédiennes les plus talentueuses de sa génération. Grâce à sa prestation dans « Black Swan », elle a déjà remporté le Golden Globe de la meilleure actrice et il est possible que la fameuse statuette tant convoitée lui soit enfin accordée. C'est que pour jouer Nina, Portman s'est physiquement métamorphosée afin d'effectuer elle même les nombreux pas de danse demandés dans le film. Mais plus que dans le jeté et les pas de deux, c'est bien dans son jeu que l'actrice se révèle la plus surprenante. Maitrisant à merveille la dualité de son personnage, elle se fait d'abord vulnérable et prude avant de nous dévoiler un côté cruel insoupçonné et une sensualité exacerbée.
Tantôt fragile, tantôt effrayante, l'actrice ne recule devant aucun tabou et déploie une palette d'émotion impressionnante mais toujours juste. Nina est sans conteste le plus grand rôle de l'actrice à ce jour. Et si Portman est de tous les plans, on retiendra également les interprétations superbes de Mila Kunis (sexuelle et libérée), Barbara Hershey (mère sur-protectrice et désespérée à mi chemin entre « Requiem for a Dream » et « Carrie ») et de Vincent Cassel (suintant de virilité). Sans oublier la courte apparition de Winona Ryder dans une scène qui marquera les esprits.
Mais autant que les comédiens, « Black Swan » ne serait rien sans les talents derrière la caméra. Loin des mondes féériques et enchanteurs que décrit la danse classique, le film nous plonge dans un univers malsain et glauque où sexe et perversion sont rois. En privilégiant des couleurs criardes, des images crues et un grain photoréaliste, Aronofski instaure un malaise constant qui n'est pas sans rappeler l'univers poisseux de Gaspard Noé (« Irréversible »). Caméra à l'épaule, il adopte un style quasi documentaire qui renforce l'impression de faire partie intégrante de la scène. La caméra ne quitte jamais les acteurs des yeux, nous dévoilant tout de leur intimité. Le spectateur devient alors voyeur et le mal être n'en est que plus intense. Mal être accentué par la musique incessante et obsessionelle du compositeur attitré du réalisateur, Clint Mansell.
On pourra reprocher au scénario de « Black Swan » d'être un peu trop simpliste. Mais ce n'est qu'une apparence. Alors qu'il s'agit aux premiers abords d'une vulgaire relecture du Lac des cygnes, « Black Swan » joue entièrement sur la dichotomie cygne noir/cygne blanc, et de ce fait sur les deux personnalités de l'héroine. Mais là encore, difficile d'y voir clair. Abusant d'un ingénieux jeu de miroir, d'hallucinations terrifiantes et d'un maquillage outrancier (plusieurs clin d'oeil au cinéma de Cronenberg), Aronofski brouille habilement les pistes dès le début à propos de ce qui est réel et de ce qui ne l'est pas. Ainsi, l'histoire basique instaurée lors du spectacle de danse se mue en un de ces labyrinthes scénaristiques vertigineux à la David Lynch où aucune sortie n'est visible. Pour ceux qui ont passé des jours à se triturer les méninges pour tenter de décrypter la fin d'« Inception » (tombera, tombera pas?), les dernières minutes de « Black Swan » vous promettent de nombreuses nuits blanches supplémentaires.
Sex, drugs et danse classique. Profondément dérangeant mais aussi terriblement excitant, « Black Swan » sonde les tréfonds de l'âme humaine dans ce qu'elle a de plus noir. Les thèmes abordés, l'univers sombre et sordide et certaines scènes à la limite de l'écœurement ne rendent définitivement pas le film abordable au tout public. D'après un des personnage du film : « le ballet n'est pas ennuyeux. C'est juste pas pour tout le monde ». On peut dire de même pour « Black Swan ». Mais passer à côté, c'est risquer de manquer l'un des meilleurs films de l'année et la performance exceptionnelle et bouleversante d'une actrice qui donne le meilleur d'elle même pour supporter un scénario d'une rare maturité.
Note: ****
mardi 11 janvier 2011
127 heures

Parti pour une randonnée en solitaire dans les gorges de l’Utah, Aron Ralston, jeune alpiniste expérimenté, se retrouve bloqué au fond d’un canyon isolé lorsqu’un rocher s’éboule, lui emprisonnant le bras. Parti pour une randonnée en solitaire dans les gorges de l’Utah, Aron Ralston, jeune alpiniste expérimenté, se retrouve bloqué au fond d’un canyon isolé lorsqu’un rocher s’éboule, lui emprisonnant le bras. Pris au piège, menacé de déshydratation et d’hypothermie, comprenant que les secours n’arriveront pas, il va devoir prendre la plus grave décision de son existence…
ATTENTION CETTE CRITIQUE CONTIENT DES SPOILERS
C’est l’histoire d’un mec (comme dirait Coluche). Il part se promener dans un canyon et paf il tombe. Il se fait écraser le bras par un rocher et il reste coincé pendant cinq jours. A la fin, il se coupe le bras pour s’en sortir. Voilà c’est tout. Dit comme ça, « 127 heures » a l’air peu palpitant. Et pourtant, il s’agit probablement d’un des meilleurs films de l’année (même si elle vient juste de commencer).
« 127 heures » est tiré d’un livre (« Between a rock and a hard place ») basé sur une histoire vraie, celle de Aron Ralston qui raconte son périple et comment il a survécu. Car cinq jours ça parait rien comme ça, mais quand on ne peut même pas bouger le petit doigt (dans ce cas aplati sous quelques tonnes de roche), ça peut sembler particulièrement long. Surtout quand on manque d’eau et de vivres, qu’on est coincé à quelques dizaines de mètres de la surface et que le seul habitant à des kilomètres à la ronde est un aigle qui passe (et qui rapace…) à intervalles réguliers.
Même si le titre est suffisamment explicite et les jours notés à l’écran, l’histoire n’a rien d’une course contre la montre. Au contraire, le film nous plante là avec Aron et laisse le temps s’écouler sans que l’on s’en rende réellement compte. Entre deux regards fréquents sur sa montre et les batteries de sa caméra qui s’épuisent, pour Aron comme pour nous, le temps devient une notion abstraite et aléatoire qui prend un sens différent. Les secondes deviennent des minutes, les minutes des heures et les heures des jours. Et à mesure que les jours défilent, on partage sa solitude, captifs à notre tour d’une prison de pierre.
Le plus surprenant c’est que le film n’a rien de déprimant, bien au contraire. Aussi bizarre qu’il puisse paraître, il donne même une pêche incroyable. Alors que le personnage demeure statique, la caméra jouit d’une liberté totale et se déplace constamment pour aller se placer dans les endroits les plus inattendus. Quand elle ne survole pas le canyon pour nous laisser contempler la beauté des paysages désertiques, elle va se nicher entre les orteils d'Aron, sous ses narines, voire au fond de sa bouteille d’eau alors qu’il est en train de s’abreuver. Elle (et donc le spectateur) partage alors une intimité totale avec le personnage principal.
Mais le plus impressionnant, c’est quand le film nous plonge dans l’univers mental du protagoniste. Car si ce dernier est physicalement restreint, son esprit vagabonde à loisir à travers le temps et l’espace. Accélérés labyrinthiques, écrans multi-facettes ou mobilier surréaliste, rien n’est trop extravagant pour représenter les pensées, rêves, souvenirs et sensations d’Aron à mesure que sa raison l’abandonne.
C’est que la qualité du film doit énormément à son développement sensoriel. « 127 heures » est réalisé par Dany Boyle dont le dernier film, « Slumdog Millionaire » a remporté (entre autres) les oscars du meilleur son, meilleur montage et meilleure photographie. Inutile de dire que « 127 heures » est sur la bonne voie pour prendre la relève. Le débordement de couleurs explosives contraste parfaitement avec le sinistre de la situation, la bande son fabuleuse donne au film une énergie communicative et le montage frénétique mais calculé ne perd pas une miette des événements – quitte à les montrer plusieurs fois à la suite ou en simultané. Enfin, le travail sur le son est juste exemplaire et suffit à nous maintenir en immersion constante. C’est simple, on a presque l’impression de caresser la roche avec les mains. Les moments d’exception ne manquent pas : alors qu'Aron cherche à étancher sa soif, une avalanche de boissons fraîches, aux bulles frémissantes, jaillit à l’écran nous laissant à notre tour salive en bouche, et quand il se blottit sous son sac à dos pour se protéger du froid, il suffirait de peu pour que sa transpiration nous envahisse les narines.
Quant à la fameuse séquence de la libération, disons simplement que ceux qui n’ont pas le cœur bien accroché seront priés de quitter la salle en gardant une main devant la bouche jusqu’aux toilettes. Ce n’est pas juste le sang écarlate qui emplit l’écran qui manque de faire tourner de l’œil, et ce n’est pas non plus cet effroyable craquement d’os brisé qui va vous faire serrer les dents à vous écorcher la machoîre. Non. C’est cette sensation viscérale de douleur (suggérée par des effets sonores effroyables et crispants) qui va vous transpercer l’échine et laisser vos ongles profondément enfoncés dans les accoudoirs. La scène n’est certes pas longue mais elle va vous rester en mémoire bien après la fin du générique. Depuis «Petits meurtres entre amis » et « 28 jours plus tard », on savait que Boyle était un petit génie quand il s'agit de filmer la douleur de manière réaliste mais là il s’est surpassé…
Pour en revenir à son énergie, ce qui rend le film si euphorisant c’est aussi la présentation et l’interprétation du personnage. On pourrait s’attendre à ce qu'Aron se lamente sur son sort tout au long du film, s’auto flagelle pour s’être retrouvé dans une telle situation (Pourquoi moi ? Pourquoiii ?) et passe sa vie en revue pour admettre ses regrets et ses remords. Ce n’est pas le cas. Même s’il y a effectivement un moment où le personnage admet ses fautes, le film évite avec brio l’écueil si évident de l’apitoiement à outrance et se révèle au contraire une leçon de force intérieure et d’optimisme. Aron n’est qu’un jeune homme ordinaire dans une situation désespérée mais il retrouve espoir en prenant conscience de la véritable situation dans laquelle il se trouve. Véritable épiphanie, aussi bien pour le personnage que pour le spectateur, ce moment clé du film se rapporte à un sujet que le réalisateur affectionne tout particulièrement, et qui était déjà la piece maitresse de son œuvre précédente : le destin.
Pour finir donc, c’est bien l’interprétation du personnage qui mérite toute notre attention. Vous vous rappelez le Tom Cruise bodybuildé suintant de virilité,escaladant un canyon au début de « Mission Impossible 2 », tout droit sorti d’une couverture « For Men »? Bien. Oubliez. Aron est une vraie personne. Au physique et aux capacités ordinaires et limitées. Et surtout, pas forcément sympathique (son égoïsme le perdra). Problème quand on sait qu’on va devoir passer tout le film coincé avec lui. Mais à l’écran, il est brillamment incarné par James Franco qui lui procure un charisme indéniable. Remarqué avec la trilogie « Spiderman », le jeune acteur s’est depuis forgé une excellente réputation aussi bien au niveau de la comédie que du drame. Et dans « 127 heures», il joue sur les deux tableaux avec un talent fou. Sa prestation à la fois passionnée et amusante n’est d’ailleurs pas sans rappeler Emile Hirsh dans « Into the Wild », dans un registre similaire de l'Homme face à la nature. Dès les premières images, Franco rend le personnage terriblement attachant. Lorsqu’il rencontre deux jolies filles perdues sur sa route, son humour décalé et son audace suffisent à les faire craquer. Et nous avec. On n’a certes aucun mal à imaginer la peine qu’il endure une fois tombé dans la crevasse mais quand il commence à imaginer sa propre émission de télé pour passer le temps, il est irrésistible de drôlerie. On se prend littéralement d’affection pour lui. Dès lors, passer 90 minutes en sa compagnie est un régal de tous les instants.
Malgré un synopsis qui laisse redouter un drame psychologique somnolent et peu captivant, « 127 heures » a l’effet d’une boisson énergisante. Passionnant de bout en bout, il exploite tous vos sens pour vous plonger corps et âme dans la peau du personnage et vous faire ressentir ses émotions les plus extrêmes (gare à l'électrochoc final). James Franco est parfait. On en ressort essoufflé mais conquis.
Note : ****
The Next Three Days

John Brennan, sa femme Lara et leur enfant forment une famille sans histoire jusqu'au jour où Lara est arrêtée pour un meurtre qu'elle nie avoir commis. Trois ans après sa condamnation, John se débat pour préserver l'unité de sa famille, élevant seul leur fils, tout en se démenant pour prouver l'innocence de sa femme.
Lorsque leur dernière tentative d'appel échoue, Lara s'enfonce dans la dépression au risque de mettre fin à ses jours. John n'a plus qu'une seule solution pour sauver sa femme : la faire évader.
« The Next Three Days » est le remake américain du film français « Pour Elle » sorti en 2007 mais n’ayant pas vu l’original, je ne me permettrai aucune comparaison.
A première vue, le film est un thriller classique au déroulement prévisible : la fin se révèle sans surprise. Néanmoins, on se rend vite compte qu’il a ce petit plus qui fait toute la différence entre un film convenable mais poussif et deux heures de pure adrénaline. Et pourtant malgré une course poursuite finale endiablée, le film maintient un rythme lent et mesuré qui contredit cette affirmation.
C’est sans compter sur le talent du réalisateur Paul Haggis (« Collision ») qui déploie tout l'attirail du bon cinéaste observateur pour constamment nous maintenir sous pression. Hormis les - rares - scènes d’action, le film repose essentiellement sur la préparation de l’évasion. Minutieuse et calculée à la seconde près comme un casse de banque, cette dernière bénéficie surtout d’une approche documentaire efficace et captivante. C’est que le film baigne dans une ambiance de XXIème siècle réaliste et informatisé à outrance où la moindre information est accessible aux badauds qui savent se servir d’un clavier. Grace à Youtube vous savez désormais comment ouvrir la portière de votre voiture (ou celle du voisin) sans la clé. Et après avoir vu le film, vous pourrez toujours tenter de fabriquer votre propre passe partout… Malgré l’énormité du procédé, on reste donc scotché à l’écran, impatients de connaitre le déroulement des opérations. Et quand la séquence de l’évasion arrive enfin, Haggis nous montre une fois de plus qu’il n’est pas le dernier quand il s’agit de créer suspense et tension – et la partition sombre et menaçante de Danny Elfman n’y est certainement pas étrangère.
Si le film ne valait d’être vu que pour sa réalisation, il ne serait déjà pas si mal. S’il peut se permettre de monter au grade supérieur, c’est grâce à un casting de qualité. John est interprété par un Russel Crowe en excellente forme, parfaitement à l’aise, tant pour l’action musclée que pour le drame. Même si son interprétation de prof de fac penche plus du côté vieux flic à la retraite qu'érudit mathématicien (on n’est pas dans « Un homme d’Exception »), il n’a aucun mal à nous convaincre de sa capacité d’analyse et de l’obstination de son personnage à faire évader sa femme.
Ce lien d’amour passionné est bien entendu au cœur du film et se devait d’être crédible afin de nous permettre de croire à la sincérité de leur couple, et dès lors de nous attacher à eux. C’est le cas grace à Elizabeth Banks qui manifeste une véritable alchimie avec Crowe. Remarquée dans des rôles secondaires (« Attrape moi si tu peux » ou encore la série aux multiples récompenses « Scrubs ») cette actrice s’est affirmée en quelques années comme l’une des plus talentueuses de sa génération (« Zack et Miri font un porno ») et nul doute qu’Hollywood ne tardera pas à lui ouvrir grand les portes.
Enfin, on pourra toujours apprécier le trop rare Daniel Stern (« Maman, j’ai raté l’avion », « Very Bad Things ») en avocat couard et borné et le toujours excellent Liam Neeson (« La liste de Schindler », « La Menace Fantôme », « Taken »…) en ancien évadé sinistre et défiant.
Le seul véritable défaut du film est qu’après s’être cantonné à un réalisme soutenu durant la majeure partie de l’intrigue, la fin étonne par sa facilité d’exécution. Non pas que la dramaturgie soit soudain sacrifiée sur l'autel d'une action spectaculaire et superficielle mais on se pose juste la question : « Et ensuite ? ». Ce qui ne nous ôte pas l’impression que les deux heures du film ont filé sans qu’on s’en aperçoive.
« The Next Three Days » est un thriller particulièrement réussi, servi par un casting de choix, qui vous tient en haleine jusqu’au dénouement. Certainement pas le film d'action dramatique de l’année mais un très bon divertissement.
Note : ***
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